Sous-marins : l’Australie accorde sa confiance à Naval Group sur une période de 50 ans

C’est un accord stratégique d’une extrême importance qu’ont signé lundi l’Australie et Naval Group en présence des deux ministres de la Défense, Florence Parly et son homologue australien Christopher Pyne. Sauf accident improbable, la signature du Strategic partnering agreement (SPA) verrouille une bonne fois pour toute le contrat portant sur l’achat par Canberra de douze sous-marins à propulsion conventionnelle construit par le groupe naval français pour un montant total de 50 milliard de dollars australiens (31,2 milliards d’euros). Une somme qui recouvre aussi bien la construction du chantier naval à Adélaïde que les sous-marins (Naval Group) et leur système de combat (Lockheed Martin).

Cet accord va donner à l’Australie une souveraineté qu’elle n’avait pas jusqu’ici en matière de construction de sous-marins grâce à un vaste transfert de technologies (ToT) accepté par la France. Pour autant, cette dernière gardera un temps d’avance pour ses propres sous-marins. Il fixe également les règles du jeu qui vont régir les relations entre l’Australie et Naval Group sur les 50 ans à venir. Tout comme il détermine les obligations et les intentions des deux parties. Notamment l’Australie souhaite acquérir les sous-marins les plus performants de la région Asie/Pacifique. Interrogé pour savoir si le contrat serait in fine profitable, le directeur du programme Australie chez Naval Group, Jean-Michel Billig a affirmé que “oui”.

Premier sous-marin livré au début des années 2030

Le début de la construction du premier sous-marin doit commencer en 2023 pour être livré à la marine australienne au début des années 2030. Puis, Naval Group et Lockheed Martin doivent livrer un sous-marin tous les deux ans. Tous les navires seront construits, assemblés puis testés à Adélaïde, qui verra à partir d’un terrain vague la construction d’un nouveau chantier naval. Naval Group, qui sera l’opérateur de ce chantier naval sans en être le propriétaire, conseillera le maître d’oeuvre de ce projet en tant qu’assistant à la maîtrise d’ouvrage. “Nous allons accompagner le maître d’oeuvre pour réaliser le meilleur chantier possible”, a expliqué Jean-Michel Billig.

Sur la construction des navires, Naval Group a par ailleurs promis “de maximiser le contenu australien partout où cela est possible sans compromettre les performances et la sécurité des bateaux en plongée”, a fait observer le directeur de programme. Ainsi, le chantier naval demande à ses fournisseurs de localiser la charge de travail en Australie. Et quand il ne choisit pas une entreprise australienne, il doit expliquer ses choix.

Un contrat signé prochainement

Dans quelques semaines, Naval Group devrait signer un deuxième contrat d’une durée de quatre ans portant sur le design des sous-marins. Il est évalué à 1,5 milliard d’euros. Puis, le groupe naval devrait signer en 2023 un troisième contrat portant sur la fabrication des douze sous-marins. Naval Group avait signé en septembre 2016 un premier contrat opérationnel d’environ 300 millions d’euros, dénommé “Design and Mobilisation Contract”. Il avait permis de lancer les activités de structuration du programme et de coordination avec le groupe américain Lockheed Martin, l’intégrateur du système de combat et les partenaires australiens.

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