Sur le chantier de la poste du Louvre

De la poste du Louvre, les Parisiens connaissent la façade et le guichet qui accueillaient les retardataires pour tous les envois avant minuit, le cachet de la poste faisant foi, dans ce centre ouvert jour et nuit. Derrière s’étendaient d’immenses surfaces, ignorées du grand public, dédiées au tri et fermées en 2015. L’îlot de pierre et de fer bâti par Julien Guadet est délimité par les rues du Louvre, EtienneMarcel, Jean-Jacques-Rousseau et l’ancien passage Gutenberg dans le 1er arrondissement de la capitale. Sa transformation, menée par l’architecte Dominique Perrault et Bouygues Bâtiment Ile-de-France, a commencé début 2016 et devrait coûter 122 millions d’euros. 

Dimension patrimoniale

« Le chantier a pris du retard car la problématique a beaucoup évolué depuis le concours en 2012 [du fait du déclin de l’activité courrier, NDLR], il fallait redimensionner les espaces en conséquence. Nous avons aussi trouvé de la pollution à laquelle nous ne nous attendions pas dans les sous-sols », explique Rémi Feredj, le directeur général de Post-immo, propriétaire du site. Plusieurs recours infructueux et la défection d’un opérateur en cours de route ont également freiné le projet. 

« Nous avons tenu à révéler le patrimoine, les charpentes, et les grands portiques métalliques », indique Dominique Perrault, l'architecte chargé de la rénovation de la poste du Louvre. - Elise Robaglia
« Nous avons tenu à révéler le patrimoine, les charpentes, et les grands portiques métalliques », indique Dominique Perrault, l’architecte chargé de la rénovation de la poste du Louvre. – Elise Robaglia

Dominique Perrault explique lui qu’il a conçu un bâtiment qui superpose plusieurs fonctions et transforme un lieu industriel fermé au public en un ensemble urbain de 32.000 mètres carrés ouvert à tous. Au total, onze usages différents y seront imbriqués parmi lesquels des logements sociaux, une halte-garderie, un commissariat, un hôtel de 80 chambres, un restaurant, des bureaux, des commerces et toujours… un bureau de poste. Le tout surplombé d’une terrasse plantée avec vue à 360 degrés, sous les 28 mètres réglementaires, ce qui permet d’échapper à la contraignante réglementation des immeubles de grande hauteur. 

132 ans plus tard

« Etonnamment aucune partie du bâtiment n’est ni classée, ni inscrite, ce qui n’empêche pas de prendre en compte la dimension patrimoniale, elle est essentielle pour le quartier, poursuit l’architecte à qui l’on doit la Bibliothèque François Mitterrand. Nous avons tenu à révéler le patrimoine, les charpentes et les grands portiques métalliques… C’est une architecture contemporaine fondée sur l’héritage ».

Pour l’heure, les travaux de gros oeuvres ont bien avancé, avec notamment la construction des « cinq noyaux principaux du bâtiment » et la création d’un second niveau de sous-sol. Le nouveau bâtiment devrait ouvrir ses portes en juin 2020, 132 ans après sa première inauguration.

Le bâtiment sera surplombé d'une terrasse plantée avec vue à 360 degrés. - Elise Robaglia
Le bâtiment sera surplombé d’une terrasse plantée avec vue à 360 degrés. – Elise Robaglia

Articles en lien