Toulouse remporte le Top 14 face à Clermont

L’ovation est montée d’un seul homme, partagée, même par les vaincus. Le couronnement du Stade toulousain, à Saint-Denis, a sonné comme une évidence. La meilleure équipe de la saison, la plus flamboyante, a dominé son dauphin Clermont (24-18), au terme d’un combat féroce.

On attendait des étincelles, du feu et cette flamme enivrante surtout qui devait choisir entre deux couleurs : le rouge ou le jaune. Tout avait été programmé pour ça. Une apothéose en guise de conclusion à cette saison menée tambour battant par les deux plus belles écoles de ce sport. Comme des fleurs persistantes, vivaces et jamais fanées, Toulouse et Clermont ont embelli tous les rectangles de verdure qu’ils ont foulés au long d’un Top 14 souvent considéré comme un tombeau du beau jeu.

Alors, évidemment, on a rêvé d’une finale de folie, échevelée, époustouflante, à l’échelle, peut-être, de ce que les deux équipes avaient produit un jour d’avril, pour un 47-44 qui restera dans les mémoires, comme le plus beau match sans doute de l’histoire du championnat. Il y avait tout pour cela. Les volontés, de part et d’autre, les talents, à profusion, la météo, apaisée, et un public de supporteurs, eux aussi au top de leur catégorie. Mais c’était oublier un peu vite que le rugby, c’est d’abord un combat, et que, lorsqu’on touche le coeur des hommes dans ce qu’il a de plus profond, on se heurte souvent à leurs épaules. Bref, il y a eu bataille. Grosse bataille. Grande bataille. Un bras de fer qui a d’abord débouché sur un statut quo.

Toulouse est redevenu lui-même quand le rugby français a le plus besoin de lui

Les Toulousains Dupont, Kolbe, Guitoune ou Ramos ne sont jamais aussi bons que dans le désordre. Les Clermontois Penaud, Raka, ou Fofana brillent dès qu’une ouverture se présente. Mais il y a eu très peu de tourbillons et de centimètres carrés désertés par des mains ou des pieds. Deux vagues ont suffi cependant. Elles venaient de Haute-Garonne.

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Après des pilonnages en règles, le ballon a volé vers les ailes et Huget, à chaque fois, s’est retrouvé dans l’en-but. Une signature. Celle d’un club en pleine renaissance, qui tire sa gloire retrouvée de ses profondes racines. Un vingtième sacre dans une histoire de plus d’un siècle… Le troisième de la décennie, après 2011 et 2012. Le Stade toulousain est redevenu lui-même et peut-être plus encore au meilleur moment. Quand le rugby tricolore a le plus besoin de lui. Sur la pelouse, ils étaient une dizaine dans ses rangs à postuler pour la liste de Jacques Brunel, qui désignera mardi 37 joueurs appelés à préparer la Coupe du monde au Japon (20 septembre – 2 novembre). Ils étaient à peu près autant chez les Auvergnats. Ce qui laisse augurer un espoir de voir un jour autre chose que des naufrages en bleus. Un mérite de plus.

Le chiffre : 12

Le nombre de finales du championnat de France perdues par Clermont pour seulement deux titres.

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