Union bancaire ? Ja ! dit Merkel mais Nein à la solidarité des dépôts !

Venu réclamer plus de “solidarité financière” en zone euro à l’Allemagne, le président Emmanuel Macron a assuré ce jeudi 19 avril à Berlin que “le travail ne manque pas, la volonté d’avancer non plus“. La chancelière Angela Merkel, s’est montrée prête à trouver des compromis, mais elle n’a pas caché ses désaccords sur certains points cruciaux. Les deux dirigeants ont dit qu’ils voulaient avancer d’ici la fin juin notamment sur l’Union bancaire, la zone euro et les politiques migratoires.

Emmanuel Macron souhaite la finalisation dès que possible de l’Union bancaire, un projet de gestion commune des faillites des banques, afin de tirer les enseignements de la crise de la dette en zone euro. Mais la chancelière allemande a répété que son pays était contre l’un des piliers de ce projet, la création d’un fonds européen de garantie bancaire des dépôts des particuliers.

“Je suis très optimiste sur le parachèvement de l’Union bancaire, l’union des capitaux ne devrait pas poser de problème non plus, et du côté allemand – dans un avenir peut-être pas immédiat – nous sommes également disposés à travailler à un système de garantie des dépôts. Mais nous voulons que la responsabilité et les risques soient bien tenus ensemble”, a-t-elle déclaré.

L’épargnant allemand garant de la dette grecque ? Nein !

L’un des experts du dossier au sein de son parti, la CDU, Eckhardt Rehberg, a prévenu cette semaine qu'”il ne faut pas que l’épargnant allemand se retrouve garant des banques grecques et italiennes“. L’Allemagne demande que la situation des banques les plus fragilisées par un stock de créances douteuses soient assainies au préalable avant d’envisager toute garantie européenne commune sur les dépôts.

“Le plus important n’est pas tant de réagir sur tel ou tel instrument à ce stade mais d’être sûr que nous partageons les mêmes finalités et d’avoir un objectif politique”, a fait valoir Emmanuel Macron.

En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, créé en 1999, est chargé de l’indemnisation des déposants en cas de faillite bancaire. Les comptes courants et d’épargne sont couverts jusqu’à 100.000 euros par client et par établissement, mais pas l’assurance-vie ou les espèces et objets au coffre.

Le projet de la Commission européenne prévoit une première phase où des prêts pourraient être faits à un fonds de garantie national si une banque est en crise, puis une seconde, dite de “co-assurance”, à partir de 2020, où le système européen unique comblerait les pertes d’un fonds de garantie national incapable de rembourser tous les déposants. L’accès à ce fonds commun serait conditionné au passage d’un test de qualité des actifs des banques.

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