Critique musicale: Tyla – A*Pop (2026)

A*Pop Cover

 

2002-2026 : Esquisse biographique

2002 -2019 : premières années, premières influences

C’est le 30 janvier 2002, à Edenvale, une petite ville comptant actuellement un peu moins de 50 000 habitants et située dans la province du Gauteng, à la fois plus petite et plus peuplée d’Afrique du Sud, véritable poumon financier de la nation arc-en-ciel, que née Tyla Laura Seethal. Elle grandira ensuite à moins d’une vingtaine de kilomètres de là, à Johannesbourg, au sein d’une fratrie de cinq enfants[1], par des parents qu’elle décrit comme « mélomanes »[2]. Les Seethal sont, chez eux, une famille qualifiée de « colored », terme pouvant être généralement et assez communément traduit en langue française par l’adjectif « métissée », même si, bien-sûr, l’adjectif français ne peut rendre véritablement toute la portée historique, significative et symbolique au vocable original, employé lui par une jeune femme africaine et, qui plus est, sud-africaine, le mot choisi ne recouvrant pas du tout la même réalité sociétale et sociale dans l’hexagone ou ailleurs dans le monde (ce que la jeune chanteuse découvrira à ses dépens bien des années plus tard, nous y reviendrons…). La jeune chanteuse confiant aux cours de nombreux entretiens avoir des origines zouloue, indiennes, indo-mauriciennes et irlandaises entre autres[3].

De ses premières années de vie et de son intérêt précoce pour la musique, Tyla confiera avoir grandi dans un cadre familial et éducatif somme toute strict, mais stable et soudé, dont elle dit aujourd’hui garder de bons souvenirs :

J’ai grandi à Johannesburg, dans une grande famille où nous étions cinq enfants. Mon père est comptable et ma mère ne travaille pas vraiment, mais a dû essayer tous les boulots du monde. Elle est très créative. Elle fabrique des bijoux, des bougies… Je suis très proche de mes frères et sœurs, nés à un an d’écart les uns des autres. Mes parents étaient très stricts, alors nous étions souvent enfermés à la maison, et donc bien forcés d’être les meilleurs amis du monde.

Avec ma fratrie, nous étions très bruyants, poursuit-elle. Nous avions le droit de sortir de temps en temps au magasin du coin avec nos cousins. Parfois, ma mère nous demandait aussi de l’aider à vendre d’anciens vêtements. Nous choisissions un coin de rue au hasard, placions une couverture sur le sol et haranguions les gens pour qu’ils nous les achètent. Nous allions aussi à l’endroit où s’arrêtent les taxis pour vendre des fat cakes, aussi appelés magwinya, des pâtisseries africaines. Nous étions vraiment les commerciaux de ma mère [rires]. Nous n’étions pas riches, mais j’ai adoré mon enfance ![4]

 Elle révélera aussi s’être emparer du micro assez tôt, profitant d’événements scolaires pour commencer à pousser la chansonnette, évoquant notamment une reprise d’un titre originellement interprété par Patti Page, en 1952, (How Much Is) That Doggie in the Window? Un moment qui, si l’on en croit les propos rapportés par la BBC, lui aurait fait prendre conscient d’un fait d’être née pour devenir chanteuse :

« J’étais si petite, mais j’adorais ça.  Quand je chantais, ma grand-mère hurlait dans la foule ! »[5]

“Devant ma famille ou mes camarades d’école, j’aimais déjà faire de petites performances. Et je m’inscrivais à tous les concours possibles à l’école. J’adorais être en face d’une caméra, faire des vidéos, prendre des photos.”[6]

Devenue adolescente, Tyla conservera cette idée fixe, s’attelant des lors à ébaucher premiers textes et premières compositions, en utilisant des instrumentaux de titres existants sur lesquelles venaient se plaquer des performances vocales improvisée de tête. Revenant sur cette première expérience, elle déclarera :

J’ai toujours senti que j’étais faite pour être une artiste. Chanter et écrire des paroles de chansons étaient les seules choses qui m’intéressaient quand j’étais enfant. Ma première chanson parlait d’un garçon, mon crush à l’école. Il est toujours question d’un garçon… Ce n’était vraiment pas terrible. Personne ne l’a jamais écoutée. J’ai même déchiré la page de mon journal intime pour que personne ne la trouve.[7] 

Au rayon des influences l’ayant accompagnée et permis de se forgée une première culture personnelle avant de se concrétiser dans ses propres disques, Tyla cite pêlemêle des vedettes américaines de R’n’B comme : Aaliyah, Rihanna, Justin Bieber, DJ Khaled, Drake, Beyoncé, Boyz II Men ou Brian McKnight[8], auxquelles peuvent s’ajouter : Brenda Fassie[9], Michael Jackson, Shakira et Cassie[10] et également l’influence de genres musicaux tels l’amapiano, l’afrobeat, la house ou dans une moindre mesure la dance et le dance hall ou le reggae. Des artistes dont Tyla, entre deux auditions pour comédies musicales, reprendra quelques pièces du répertoire et les postant ensuite sur internet, sans que ces parents le sachent, ceux-ci ne laissant pas leur fille naviguer à sa guise sur le web. Lorsque la témérité la gagne, la gamine se paie même le culot d’envoyer des messages privés à certains d’entre-deux. Différents envois restés lettres mortes, évidement. La démarche, quoiqu’audacieuse et vouée à l’échec à l’époque, et si tant est que l’anecdote rapportée soit seulement vraie, laissait déjà entrevoir le caractère et toute l’ambition de la chanteuse en devenir…

Si ses idoles ne la remarque pas du tout, la jeune femme et ses efforts taperons dans l’œil du photographe Garth von Glehn, qui est aujourd’hui son manager. Persuadé de son talent et du fait que l’adolescente à le potentiel pour réaliser quelque-chose d’intéressant artistiquement, celui-ci la contactera par e-mail et devra patienter quelque peu pour recevoir la réponse de Tyla, qui septique, n’avait, dans un premier temps, pas pris cette demande au sérieux. A cela s’ajoutait le fait que la demoiselle était en fin de lycée et devait préparer et obtenir l’équivalent du baccalauréat. Considérant le possible avenir dans l’industrie du spectacle de leur fille comme des plus incertains et soucieux, ils s’y opposent d’abord. Réaction des plus légitimes au demeurant.

Des « négociations » familiales s’ouvriront et, après une rencontre avec Garth von Glehn, Sharleen Sherwin accepteront finalement que Tyla se rende en studio, mais le week-end seulement, et accompagnée de sa meilleure amie, pour commencer à concrétiser ses ambitions lors de premières sessions financées par Garth von Glehn. La semaine, elle continuera à fréquenter son établissement et obtiendra son diplôme comme convenu, sans toutefois prendre la peine d’aller chercher le papier[11]. Son diplôme en poche, la chanteuse avait une année devant elle pour parvenir à concrétiser son projet musical, faute de quoi, elle reprendrait ses études et se consacrerait à l’ingénieurie minière ou trouverait à travailler dans le même secteur professionnel que son père, celui de la comptabilité[12].

L’état d’esprit de la demoiselle à cette époque pourrait être résumé en une seule citation, tirée d’un entretient avec la BBC et qui tiendrait presque, si ce n’est de la profession de foi, au moins du manifeste :

« J’admirais beaucoup Rihanna, car elle venait d’ailleurs et a conquis l’industrie musicale »[13],

Le plan ? Conquérir l’industrie musicale… Tout un programme… A bon entendeur, salut !

2019 -2021 : percée avec Getting Late, signature chez Epic Records

Pour Tyla, donc, conquérir l’industrie comme l’avait fait son idole barbadienne, passe par des fins de semaines cloitrées entre les quatre murs d’un studio d’enregistrement et par continuer à poster régulièrement les titres repris et de premières chorégraphies sur YouTube, Tiktok ou Instagram. Des plateformes fréquentées majoritairement par les plus jeunes, ce public qu’elle ciblera en priorité dans quelques temps. Mais pour l’heure, la jeune fille n’en est pas encore tout à fait là et fait encore ses classes, travaillant à élaborer un son, trouver un style musical qui lui soit plus ou moins propre et à se façonner une première image plus ou moins publique à ce stade, une première « persona », certainement bien aidée en cela non seulement par sa voix au timbre fort agréable et une plastique qui ne l’est pas moins.

Les choses commenceront véritablement à bouger au cours de l’année 2019.  En effet, c’est le 25 octobre de cette année-là que sort une autoproduction du nom de Getting late, coproduite avec l’aide de Regan Kelly et Kooldrink. Ce titre est en quelque sorte le mètre étalon de la musique que Tyla proposera par la suite. Le titre est décrit comme mêlant l’amapiano sud-africain et la pop occidentale mainstream, incorporant habilement les rythmes EDM de Kooldrink à la voix de Tyla, oscillant aux lisières de la Pop et du R’n B, le tout agrémenté de quelques éléments empruntés de-ci de-là au jazz et à la house[14]. Ce morceau, bien accueilli par la critique dès le départ, se veut donc une fusion sonore, à la croisée des chemins, au carrefours de nombreuses et diverses influences, au premier rang desquels donc la Pop, le R’n’B et l’amapiano. Rappelons rapidement que l’amapiano a pour origine nominale un terme zoulou qui signifie « les pianos » et qu’il est aujourd’hui décrit comme un genre de musique house ou lounge né en Afrique du Sud au début des années 2010. Il mélange des éléments de deep house, de jazz, de kwaito, de percussions sud-africaines, et repose sur des mélodies de piano et un rythme de basse tout à fait typique, le log drum[15]. Cette musique, grâce au web notamment, se popularisera et se frayera un chemin jusque dans nos contrées, la France et l’Europe le découvrant en club ou les réseaux sociaux, vers 2019-2020[16].

Si Getting late est savamment mâtiné d’amapiano, il serait abusif de l’y réduire, tant les touches Pop et R’n’B s’y révèlent prégnantes. Aussi, pour ne pas se laisser enfermer dans une quelconque case ou catégorie musicale et pouvoir à loisir assumer et revendiquer ses influences occidentales et surtout américaines, Tyla préfère qualifier les œuvres de son cru de « Popiano », terme nouveau, forgé par elle-même et contraction directe des vocables pop et amapiano. Un choix bien plus adéquat pour qualifier sa musique et ce son, son son.

S’épanchant sur l’originalité de son son, sur ses influences et sur l’engouement autour de l’amapiano, dans les colonnes de Numéro, elle raconte :

 “L’amapiano est un genre qui est vraiment propre à l’Afrique du SudIci, on écoute beaucoup de house, de jazz, de kwaito, et l’amapiano découle de ces genres. On reconnaît l’amapiano grâce à ses lignes de basse percussives très puissantes et aux ‘log drums’, des tambours en bois au son chaud reproduits ‘électroniquement’ via des logiciels. C’est des sonorités que tout le monde aime dans mon pays, qu’on entend partout : dans la rue, les magasins, les transports en commun. Mais les maîtres du jeu sont les DJ, tels que DJ Maphorisa, qui produisent et passent la musique en club. Tous les artistes amapiano, comme la chanteuse Sha Sha ou le rappeur Nasty C, forment une grande famille. On se connaît tous et on joue dans les mêmes clubs.” 

Je suis contente que le genre voyage aujourd’hui et rencontre du succès ailleurs, car nous connaissons cette musique et dansons dessus depuis plusieurs années. Tant que les artistes qui ne viennent pas d’Afrique du Sud et qui se l’accaparent savent d’où ça vient, ça me va.[17]

A la BBC, elle confie :

« L’amapiano me correspondait vraiment, étant une Sud-Africaine », explique-t-elle. « Mais j’adore aussi la pop et le R&B, alors je voulais mélanger ces influences avec des sonorités de chez moi. Le tout s’est fait très naturellement. »[18]

En avril 2026, alors en pleine promotion pour A*Pop, pour le magazine Elle, questionnée sur l’orientation musicale de ce second opus, évoquant ces premières chansons, elle déclare :

« Avant, mes chansons étaient très pop et R&B, et je voulais explorer ce style sur un rythme amapiano », a-t-elle confié au magazine. « À cette époque en Afrique du Sud, peu de gens chantaient [sur de l’amapiano], c’était surtout du chant a cappella et de la musique instrumentale. C’était donc tout nouveau, et on s’amusait vraiment à expérimenter, et finalement, ça a fonctionné. J’ai compris que c’était mon style. Popiano, c’est mignon. »[19]

Getting Late est donc l’acte de naissance de ce nouveau genre qu’est le Popiano. De même, avoir pensé à créer un mot-valise pour définir et caractérisé le concept qui nous est ici proposé peut se révéler intéressant commercialement, La musique de la jeune Sud-Africaine se voulant intrinsèquement Pop et mainstream. Les éléments stratégiques de conquête se mettent progressivement en place. A la fin de ce mois d’octobre 2019, la jeune femme à une carte de visite et rencontre un premier succès d’estime au pays. Mais, il lui faut maintenant attirer l’œil d’une major de l’industrie. Pour cela Getting Late doit rencontrer des auditeurs au-delà des frontières. La réalisation et la diffusion à grande échelle d’un premier clip vidéo s’impose. Si à l’époque les moyens disponibles sont limités, l’ambition, elle, ne l’est pas. Ce sera l’occasion pour Thato Nzimande, sa meilleure amie de se faire styliste et pour son manager de s’improviser réalisateur, le temps d’un tournage, réalisé entre deux périodes de confinement[20]. Le 28 janvier 2021, soit 1 an 3 mois et 3 jours après la parution du titre, le clip est mis en ligne.

Pour rendre la diffusion de la vidéo la plus massive possible, Tyla initiera un « dance challenge » sur le réseau social TikTok. La stratégie s’avèrera payante : en mai 2021, soit en l’espace d’à peine 4 mois, le clip avoisinera la bagatelle de 11 millions de vues sur la plateforme chinoise[21]. Un clip qui, à l’heure où nous couchons ses lignes sur le papier, soit prés de cinq ans après sa parution, cumule 14 millions de vues sur Youtube.

Revenant sur les événements et l’engouement suscité par ce premier morceau publié, elle déclarera au Headliner Magazine :

« On n’avait aucune attente, mais finalement, c’était incroyable. Mon manager a réalisé et filmé le clip – on l’a fait en petite équipe. Je suis ravi que le public l’accueille comme on le souhaitait, et on est impatients de voir ce que l’avenir nous réserve. »[22]

« Ça a explosé.  Je n’ai jamais décidé de m’inscrire sur TikTok uniquement pour promouvoir ma musique. J’aime faire des vidéos, c’est quelque chose que j’apprécie vraiment. Et le fait d’avoir pu élargir mon audience grâce à ça et de lancer un défi auquel beaucoup de gens participent, ça a vraiment donné une autre dimension à ma plateforme. Ça m’a permis de me connecter avec mes fans du monde entier. Donc, ça a clairement joué un rôle déterminant dans mon succès. »[23]

« Nous savions que nous voulions qu’il soit le plus ambitieux possible pour en faire le meilleur clip vidéo venant d’Afrique du Sud, voire d’Afrique ! »[24]

Et de revenir, toujours dans ce même entretien, sur son travail avec le producteur Kooldrink et la découverte du métier :

« Quand j’ai rencontré mon manager, j’ai aussi rencontré Kooldrink. Il a été le premier producteur avec lequel j’ai enregistré et il m’a appris les bases de presque tout ce que je sais sur la musique. »[25]

« Je suis passée de simples chansons chantées dans ma chambre à l’enregistrement – ​​il m’a initiée à tout ce processus. Nous avons tissé des liens grâce à cela, et Getting Late nous a encore plus rapprochés. Nous sommes tous les deux très enthousiastes à propos de ce projet, compte tenu de son succès jusqu’à présent. »[26]

L’engouement du public autour de Getting Late, ne laissera pas les majors indifférentes. Très vite repérée sur le réseau, la jeune femme va voir affluer les propositions de contrats très rapidement, quelques mois à peine après la sortie de son autoproduction. Elle confia plus tard avoir, l’espace de deux ou trois semaines, passé quasiment toutes ses soirées au téléphone, à négocier les termes d’un futur contrat avec differents labels. C’est finalement, le premier à l’avoir sollicitée qui décrochera la timbale, Tyla signant finalement un contrat d’enregistrement chez Sony, sur le label Epic Records et l’une de ses filiale, basée à Johannesbourg et New York, Fax Records[27]. Nous sommes alors en mai 2021.

Dans une interview accordée à Music Week, en février 2024, revenant sur cet accord trouvé avec Epic Records, Tyla déclarera :

« Après le succès de Getting Late, nous avions commencé à recevoir des propositions. Et je veux dire, j’étais tellement choquée à l’époque, je me disais : « Comment les Américains ont-ils pu voir cette vidéo ?! » »[28]

« Je me souviens juste que, pendant une semaine ou deux, j’avais des entretiens avec des maisons de disques tous les soirs – et Epic a été la première à laquelle nous avons parlé. » [29]

« Tout au long des négociations, Epic a vraiment cru en ce en quoi nous croyions : ils partageaient notre vision d’une artiste africaine et m’ont laissé une totale liberté créative. Rien n’était forcé, on sentait vraiment leur passion pour le projet, dans leur voix et leurs actions, et c’était surtout ce que je recherchais. Je me souviens, par exemple, d’être en Afrique du Sud et de recevoir une vidéo où l’on me disait : “Tyla, tu es sur un panneau d’affichage !” C’était une grande photo de moi avec le message : “Epic Records, on t’aime, Sylvia Rhone[30]”. Ça a été le déclic ! On était déjà sur cette idée, mais après ça, c’était clair ! »[31]

« La liberté créative était primordiale pour moi, car ma motivation est très précise.  Je veux être une star de la pop africaine ; je ne veux pas être une simple chanteuse. Je veux apporter ma propre musique, ma culture, développer une vision et j’ai besoin de liberté créative pour cela. Je suis impliquée à 100 % dans tout ce que je fais, que ce soit au niveau visuel ou musical. J’ai toujours voulu avoir cet espace, quoi qu’il arrive. C’est essentiel pour moi afin d’atteindre ce que je considère comme le succès. »[32]

Le contrat paraphé, Prise en charge par un management élargit et plus structuré, la jeune, talentueuse et très ambitieuse Sud-Africaine ouvre un nouveau chapitre avec pour objectif de devenir l’une, si ce n’est « la », plus grande popstar du continent noir et mondiale[33]. A ce moment, deux personnes remplissent le rôle précédemment dévolu à Garth von Glehn (ce dernier restant à la tête de Fax Records) : Brandon Hixon, cofondateur de FAX Records (New York), qui gérait déjà la carrière en devenir de Tyla depuis 2018, après l’avoir repérée sur Instagram et Colin Gayle, cofondateur d’Africa Creative Agency (Johannesburg), qui deviendra co-manager vers 2020 et qui l’accompagnera jusqu’à sa percée mondiale[34].

L’objectif est clair, clairement annoncé. Les auditeurs du monde entier ne pourraient échapper à la musique de Tyla et, en cela, Epic Records ne lésinerait sur les moyens, faisant du projet et du produit labélisé « Tyla » et du succès fulgurant qui sera le sien, quelque chose que Sylvia Rhone elle-même qualifiera un peu plus tard d’étude de cas classique, en matière de développement artistique et commercial[35].

2021-2023 : premiers singles, Succès avec Water, premier E.P.

Sa signature chez Epic Records sera aussi pour Tyla l’occasion de quitter son pays et de voyagé hors d’Afrique pour la première fois de sa vie, le label ayant disséminé les sessions d’écriture et d’enregistrement de ses premiers titres à paraitre un peu partout à travers le monde et sur une période de deux ans et demi. Epic Records voit les choses en grand, prend paradoxalement son temps, le pari et les enjeux étant réels. Première étape du périple : Dubaï et les Emirats Arabes Unis viendront ensuite l’Afrique du Sud, le Ghana, la Tanzanie, le Jamaïque, le Nigeria, les États-Unis, évidemment, et enfin le Royaume-Uni[36].

Des sessions qui lui permettront véritablement de commencer à s’aguerir musicalement et professionnellement. Comme le dit le célèbre adage : c’est en forgeant, que l’on devient forgeron. Durant cette période, elle se verra entourée de divers producteurs et auteurs-compositeurs, parmi lesquels Sammy Soso, Ari PenSmith , Believve ou Mocha Bands, qui, nous dit-on, ont contribué de manière significative à la production et à l’écriture des chansons de l’album encore en gestation. En effet, il faudra patienter encore quelque peu pour voir paraitre ledit opus.

Une attente qui dans le temps se verra comblée très progressivement dans le temps et qui débutera de manière effective le 21 octobre 2021, jour de la sortie du single Overdue, une chanson qui se verra finalement échouée sur la bande originale de la saison 2 de la série Netflix Blood and Water et sur laquelle se trouvent aussi Kooldrink et DJ Lag. Il faudra ensuite patienter près d’un an et le mois de novembre 2022 pour découvrir To Last, qui lui sera, dès la fin janvier 2023, suivi de Been Thinking. Entre temps, le 9 décembre 2022, c’est le chanteur, et vedette du Bango Flava, qui sur son album The Kid You Know, fera place à Tyla, l’accueillant auprès du DJ et producteur Ch’Cco pour la chanson Amawele[37].

Le mois suivant, le 25 février 2023, lors de l’after-party du défilé Dolce & Gabbana Automne/Hiver 2023, pendant la Milan Fashion Week La jeune femme se produira pour ce qui restera sa première scène, interprétant le fraichement sorti Been Thinking[38], qui venait tout juste de lui valoir son premier classement en carrière sur le Billboard Mainstream R&B/Hip-Hop Airplay.

En mars 2023, les amateurs ont aussi pu retrouver Tyla sur l’album Piano Republik de Major Lazer and Major League DJs. La jeune femme donnant de la voix sur le titre Ke Shy et participant au clip promotionnel, au demeurant des plus réussis. Ceci n’étant pas une première pour elle, qui, dès 2022 participait au titre Thata Ahh, en collaboration avec ShaunMusiq, Ftears, and DJ Maphorisa , Young Stunna, Madumane, paru sur un opus du nom de Thatha Ushaka en 2023, on l’entendait aussi sur la chanson Bana Ba, aux côtés de Daliwonga, ShaunMusiq, Ftears et TitoM qui s’est retrouvée gravée sur une galette du nom de Dali Dali.

Enfin, rappelons que c’est le 12 mai 2023 que sort The Girl Next Door, simple promotionnel proposant un duo avec la jeune chanteuse nigériane Arya Starr.

Sur ces différents simples envoyés en éclaireurs avant la sortie programmée du premier album, la Sud-africaine nous propose et nous habitue à son sympathique mélange de Pop/R’n’B aux relents 90’s/2000’s, intelligemment saupoudré de ce qu’il faut d’Amapiano et d’Afrobeat, voire de Disco/House, sur certains titres. On prend le poul des auditeux, on observe les réactions, on étrenne la recette nouvelle du Popiano jusqu’à ce que la mayonnaise prenne. Effectivement, elle prendra définitivement avec la parution de Water le single suivant. Mieux valait y être prêt…

Ainsi, comme le révélera plus tard Sylvia Rhone :

« Nous avons enregistré pendant la pandémie, en sortant trois singles avant Water : To Last, Overdue et sa collaboration avec Ayra Starr sur Girl Next Door », explique-t-elle. « Chacun de ces titres, à sa manière, a permis de créer une dynamique et de préparer le terrain pour la sortie de Water. Nous étions convaincus que cette chanson pouvait faire le lien entre les univers du streaming, de la radio et du buzz, et attirer un nouveau public désireux de découvrir la culture sud-africaine que Tyla représente. »[39]

L’actuel président d’Epic Records, Ezekiel Lewis, souligne à la suite de sa consœur :

« Lorsque nous avons signé Tyla, nous savions tous qu’il nous fallait une musique ancrée dans les sonorités africaines, mais influencée par d’autres genres populaires », explique-t-il. « Après d’énormes efforts, notamment de nombreuses sessions d’écriture aux quatre coins du monde, nous avons trouvé la perle rare avec Water et nous avons su que nous étions enfin prêts à nous lancer. »[40] 

Le hit que deviendrait rapidement Water est publié le 28 juillet 2023 et sera le premier simple à être exploité dans le cade de la promotion de Tyla, premier album éponyme, dont la sortie se fera plusieurs mois plus tard. Musicalement, ce morceau repose sur les éléments et ingrédients cités précédemment, mais en concentré.

Avant même sa sortie officielle, Water fut interprétée sur scène par Tyla, au moment où cette dernière assurait la première partie de la tournée Under The Influence Tour de Chris Brown, entre février et aout 2023, pour un total de 28 concerts, répartis entre Europe et Jamaïque[41]. Des dates aux cours desquelles certaines prestations seront remarquées, comme celles de Londres, à la O2 Arena.

 C’est quelques semaines avant la sortie de la chanson que le plan d’action et de communication est savamment élaboré et mis en place : Sur TikTok, là où se trouve la majorité des tygers, ses « fans », La chanteuse partage un extrait du titre dans le cadre d’un défi de danse. Imaginée par la danseuse sud-africaine Lee-ché « Litchi » Janecke et inspirée du style de danse Bacardi[42] , la chorégraphie proposée consiste à se déhancher tout en se versant de l’eau dans le dos, en rythme sur le refrain de la chanson. Bien qu’initialement conçue pour un autre titre dont le genre musical semblait convenir davantage à ce style de danse, la chorégraphie fut adaptée à Water à la demande de Tyla, qui finalement décidera d’y intégrer le fait de se verser de l’eau sur le corps, cela dans le but de favoriser la viralité du morceau[43].

Le pari se révélera gagnant, et sur toute la ligne : à l’aube de l’année 2024, soit à peine six mois après sa sortie, le titre cumulait prés de 338 millions d’écoutes sur Spotify, devenant le titre le plus streamé de Tyla, qui comptait environ 30 millions d’auditeurs mensuels à l’époque[44]. À l’international, dès janvier 2024, Water se voit certifié multi-platine en Afrique du Sud (3 fois) et au Brésil (2 fois), certifié disque de platine au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Irlande, et certifié disque d’or au Royaume-Uni, en France, au Portugal, en Norvège, au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, en Grèce, en Turquie et en Belgique[45]. Au pays de l’oncle Sam, Le titre se hissera à la 7e place du Billboard Hot 100 et atteindra la première place des classements US Afrobeats Songs (55 semaines), World Digital Song Sales (18 semaines), Dance/Mix Show Airplay (4 semaines) et Rhythmic Airplay[46]. Au rayon des breloques, Water a remporté le tout premier Grammy Award de la catégorie Best African Music Performance en 2024, ainsi que le Top Afrobeats Song aux Billboard Music Awards.  Signalons également que La chanson a également reçu un MTV Video Music Award de la meilleure vidéo Afrobeats[47].

Sur son passage l’eau emporte tout, c’est bien connu, et le succès est total. On aura entendu Water jusqu’à plus soif… Résultat : Avec Water , Tyla est devenue en octobre 2023 la première artiste solo sud-africaine à entrer au Billboard Hot 100 depuis Hugh Masekela et son titre instrumental Grazing in the Grass, qui avait atteint la première place du classement pendant deux semaines en 1968, plus d’un demi-siècle plus tôt[48]…  Avec son eau, Tyla efface même des tablettes Miriam Makeba et son bon vieux Plata Plata ![49] Tyla deviendra ensuite la deuxième artiste africaine de l’histoire à placer plusieurs titres solos au Billboard Hot 100, rejoignant cette même Miriam Makeba, grâce à l’entrée de Push 2 Start, un peu plus tard. Le Billboard Hot 100, où, à 21 ans, elle est devenue la plus jeune artiste sud-africaine jamais apparue[50]. Water et son succès, et ce indépendamment du matraquage commercial presque outrancier dont ils firent l’objet, revêtement une importance presque symbolique pour une jeune artiste se voulant le visage de son pays et son continent dans son domaine. En effet, et contrairement aux précédents artistes africains ayant franchi le cap du milliard de streams[51] (Wizkid, Rema, Tems), qui y sont parvenus via des collaborations à forte visibilité, le succès de Tyla avec Water lui appartient entièrement, chose que l’on peut mettre sans sourciller à son seul crédit[52]. Enfin, et pour conclure ici sur le phénoménal succès de ce morceau, signalons tout de même que dés le mois de novembre 2023, des remixes officiels du titre, avec Travis Scott et Marshmello, sont rendu disponibles, élargissant du même coup davantage la portée du morceau[53].

Le choix du single avant-coureur du disque s’étant révélé payant, l’album annoncé se devait d’être à la hauteur, à la hauteur du succès de Water, mais aussi des attentes déjà très fortes, sans quoi la chanson se révélerait montagne accouchant d’une souris. Epic Records ne prendrait en la matière aucun risque et repoussera même la date de sortie de l’album (le temps d’y inclure quelques collaboration supplémentaires).[54] Il faut bien assurer le coup. Le public et les « fans » auront en attendant un os à ronger. Un os, ou plutôt un cadeau, car c’est au soir du 24 décembre 2023 qu’est officiellement dévoilé la date de sortie de Tyla, le premier opus éponyme tant attendu. Ce même soir est proposé, au format digital, un ensemble de quatre titres. Parmi ces titres, un remix, œuvre de Travis Scott, du tube planétaire Water, accompagné de trois pistes encore inédites : Truth Or Dare, On And On et Butterflies. Deux semaines plus tôt, le 5 décembre 2023, et dans une publication faite sur le réseau social Instagram, la chanteuse annonce la tenue de sa première tournée, sombrement intitulé Tyla Tour. Un tour de chant qui doit originellement débuter le 21 mars suivant, soit la veille de la sortie de l’album, par un concert en Norvège, à Oslo et s’achever le 28 mai 2024, dans la ville du Kid, Minneapolis, aux Etats-Unis[55]. Une première tournée intercontinentale qui, comme le relèvera bien vite la presse Sud-africaine, fait savamment l’impasse sur le pays natal de la chanteuse, aucun concert africain ne semblant à l’ordre du jour. Un choix somme toute surprenant de la part du management d’une artiste se voulant presque l’étendard de son pays, de son continent[56]

En cette fin d’année 2023, Tyla est véritablement en pleine ascension, Water continue de séduire, son premier opus est dans les cartons, on remarque aussi sa participation avec d’autre chanteuses (Victoria Monet et Tink) aux remixes d’un titre de Summer Walker, sorti une première fois en 2019, Girls Need Love, sur un EP du nom de Girls Need Love (Girls Mix)[57].

Le succès déjà rencontré devrait logiquement se voir aisément confirmé sous peu. Les voyants semblent au vert, semblent seulement, car bientôt, sans crier gare, une ombre obscurcira bien vite le tableau, celle de la polémique…

Pour tenter de la comprendre, il nous faut légèrement remonter le temps, jusqu’en novembre 2023, Le 19 novembre, pour être plus précis, soit quelques semaines à peine avant la sortie de son premier Extended Play et alors qu’elle est en pleine ascension médiatique sur le marché américain…

Novembre 2023 : Polémique « métissée »

Le 19 novembre, une photo de Tyla aux cotés de Travis Scott, prise trois jour plus tôt, à l’occasion de l’after-party des GQ Men Of The Year Awards qui se déroulaient à Los Angeles, est publiée sur le web. Une publication qui mettra le feu aux poudres, déclenchant une polémique, assez longue et violente et dans laquelle se retrouvera engluée la chanteuse, sans pour autant en être directement responsable. C’est que la dite photo à suscitée bon nombre de commentaires, de la part des internautes afro-américains et sudafricains, sur la plateforme X, notamment.

Un premier utilisateur X commente le 18 novembre :

« C’est la première photo que je vois de Travis avec une femme noire. »[58]

Un autre utilisateur (@EscaflowneClown) répond le 19 novembre :

« Tyla est une femme COLOURED. Tyla ne s’identifie pas comme noire. »[59]

C’est cet échange qui a déclenché le débat opposant les internautes sud-africains et afro-américains, le hashtag Tyla devenant presque immédiatement tendance sur X et bien aidée aussi en cela par la publication d’un article de Jahaura Michelle, dans les colonnes de Blavity, le 21 novembre 2023.[60]  De quoi débat-on au juste à ce moment précis ? de la couleur de peau de Tyla, qui, aux yeux d’une majorité d’internautes afro-américains, aurait le tord d’affirmer être une Sud-Africaine « Coloured » et non « noire », « Black », au sens purement américain, Afro-américain du terme. Avant de poursuivre, rappelons que le succès rencontré par Tyla avec la chanson Water ne fut pas sans conséquences, celui-ci ayant malheureusement permis qu’une vidéo, originellement publiée en 2020 sur TikTok, soit prés de trois ans avant que la jeune fille ne connaisse une célébrité mondiale, ne reface surface.  Dans celle-ci, la gamine se qualifiait de « fière femme sud-africaine coloured » et affirmait que cette identité reflétait un multiculturalisme réel[61]. Plus précisément, la vidéo la montrait avec ses cheveux crépus coiffés en nattes bantoues, portant un collier de perles traditionnel, avec les mots « I am a coloured South African » affichés à l’écran comme un étendard[62].

C’est donc clair, Tyla est une Sud-Africaine « Coloured » est l’affirme, le revendique haut et fort certes, mais ne le fait en aucun cas au détriment de quiconque ou contre qui que ce soit. En 2020, une jeune fille encore inconnue du publique affirmait juste son africanité, sa singularité culturelle, en un mot ; son identité. Rien de plus.

 Qui que nous soyons, nous venons tous de « quelque-part », tout personne possédé une nationalité, un lieu de naissance désigné. Les plus chanceux d’entre nous sont même les héritiers de leurs parents. Ces mêmes parents qui nous ont élevé, éduqué, inculquer les valeurs et les codes d’un (ou plusieurs) milieu social. Tout ceci nous construit, nous singularise, nous influence, influence notre rapport à autrui et au monde qui nous entoure et dans lequel nous évoluons au jour le jour. Nous comprenons le monde avant tout de là où nous nous trouvons. Sous cet angle, tout individu sera forcément diffèrent de son voisin. Nous n’appliquerons pas la même signification à un même évènement vécu, par exemple. En somme, deux visions peuvent s’opposer, sans pour autant, bien sûr, qu’une hiérarchie quelconque de valeur doive opérer. Deux opposés peuvent donc, en contexte, se révéler pareillement valables. 

En didactique, on nomme cela, l’implicite culturel une notion qui désigne l’ensemble des sous-entendus, valeurs et références qu’une communauté linguistique partage sans jamais les expliciter, et qui échappent souvent à un apprenant étranger même lorsqu’il maîtrise parfaitement la langue sur le plan grammatical. C’est un « code secret » non écrit, connu de tous les natifs mais invisible pour qui n’a pas grandi dans cette culture[63].

Sud-Africaine, maitrisant parfaitement l’idiome shakespearien, Tyla n’en n’est pas pour autant américaine… Fait d’une désarmante simplicité, connu de tous, mais qui la placera durablement en porte à faux face au public américain dans son ensemble et plus spécifiquement afro-américain. Ceux-ci lui opposant souvent, et sans autre forme de procès, leur ethnocentrisme, aussi forcené qu’aveugle. Cette tendance à considérer sa propre culture comme la norme ou le centre de référence, et à juger les autres cultures à partir de ses propres valeurs[64].  Le sociologue américain William Graham Sumner, qui a forgé ce concept le définit comme cette vue selon laquelle notre propre groupe est le centre de toutes choses, tous les autres groupes étant mesurés et évalués par rapport à lui[65].

C’est bel et bien à une forme d’ethnocentrisme qui motive certains des échanges en ligne, certains utilisateurs américains ayant clairement affirmé refuser d’employer le terme « coloured » pour la désigner, tandis que des Sud-Africains reprochaient à ces même Américains d' »effacer l’identité » de Tyla en imposant leur propre grille de lecture raciale, un utilisateur allant jusqu’à affirmer que « l’histoire raciale de l’Amérique n’est pas la seule qui soit valable. »[66]

Il nous faut rappeler ici que le terme « Coloured » Le terme « coloured » renvoie à l’ère ségrégationniste de Jim Crow dans années 50 aux Etats-Unis et y est donc aujourd’hui considéré comme désuet et péjoratif, alors qu’en Afrique du Sud, il désigne aujourd’hui une catégorie officielle de la population métisse, population à laquelle Tyla est fière d’appartenir[67].

D’après l’universitaire Sybil Roberts, directrice des études afro-américaines à l’American University, le terme sud-africain « coloured » a créé un groupe désigné par une série de lois du National Party dans les années 1940, codifiées plus tard par le Population Registration Act de 1950. Il s’appliquait aux Sud-Africains qui n’étaient ni « natifs » (Noirs indigènes comme les Zoulous ou les Xhosas) ni blancs. Ethniquement, les « coloured » descendaient des Khoïsan, mais le terme en est venu à désigner plus largement les personnes métisses, ce qui reste controversé du fait des lois anti-métissage de l’époque[68].  Profitons-en pour rappeler que Tyla elle-même est d’origine indienne, zouloue, mauricienne et irlandaise.

Deux pays, deux Histoires, deux cultures et coutumes différentes, deux couleurs différentes, deux définitions pour un seul mot, mais, au bout du compte, un seul et unique malentendu…

Pour une approche et une analyse bien plus approfondie de cette polémique et de ses enjeux, aussi important qu’implicites, on consultera avec intérêt une série en plusieurs parties publiée sur le Blog of the APA (American Philosophical Association), écrite par Sarah Setlaelo, universitaire, qui mobilise l’appareil conceptuel de l’épistémologie sociale (notamment le concept d’« ignorance herméneutique volontaire » de Gaile Pohlhaus) pour analyser la polémique.

Sarah Setlaelo pose que Tyla se retrouve prise dans un débat peu charitable autour de son identité « Coloured », pourtant une classification raciale légitime dans son pays d’origine, et qu’elle subit depuis son installation professionnelle aux États-Unis une résistance hostile de la part de certains Afro-Américains qui rejettent ce terme comme une insulte raciale. Elle relève entre autres, et avec une certaine ironie que la NAACP elle-même utilise encore le mot « Colored » dans son nom sans que cela pose problème, alors que Tyla n’a pas droit à la même indulgence…[69] Elle y approfondit la dimension d’interdépendance entre les deux positions, expliquant que l’identité Coloured reste elle-même instable en Afrique du Sud : elle recoupe les catégories Black, African American et « personnes de couleur » aux États-Unis, mais recoupe aussi les identités Black, Indian et White en Afrique du Sud[70].

Autre ressource digne d’intérêt, un article écrit par Tshiamo Ramela, auteure Sud-Africaine, disponible en ligne sur le site Africa Is a Country (revue académique panafricaine) qui propose aux lecteurs un essai réflexif d’une autrice reliant explicitement la question au genre musical lui-même : tandis que des stars afro-américaines comme Beyoncé ou Kendrick Lamar puisent dans un récit culturel noir-américain, l’art de Tyla reflète le langage sonore et visuel de l’amapiano, un genre ancré dans la culture noire sud-africaine, ce qui rend sa présentation par une femme Coloured racialement ambiguë suspecte pour un public non familier du poids culturel de l’amapiano[71].

En un mot comme en cent, et pour le dire simplement : Tyla Seethal leur est purement étrangère. Ceci étant dit, reprenons maintenant le déroulé des évènements, les chose n’ayant fait que s’envenimer au fil du temps, au détriment de la chanteuse et, surtout, de son image publique. La polémique et le débat reprenant six mois plus tard, en juin 2024. Invitée sur l’émission américaine The Breakfast Club, l’animateur Charlamagne Tha God l’interroge sur le fait qu’elle soit Coloured et non Black. Elle esquive la question, laissant son attachée de presse couper court à l’échange, un moment jugé « gênant » pour beaucoup et qui remet de l’huile sur le feu. Un moment jugé gênant que l’animateur choisit de conserver au montage[72].

 Plus tard le même jour, elle publie une clarification sur X où elle affirme n’avoir jamais renié sa négritude, se disant métissée noire/zouloue, irlandaise, mauricienne/indienne et coloured, et précise qu’elle serait classée différemment selon les pays[73].

Elle publiera la réaction suivante :

« Je suis métissée noire/zouloue, irlandaise, mauricienne/indienne et coloured. En Afrique du Sud, je serais classée comme une femme coloured, et ailleurs je serais classée comme une femme noire. La race est classifiée différemment selon les endroits du monde. » [74]

Elle ajoutera ne pas s’attendre à être identifiée comme « Coloured » en dehors d’Afrique du Sud, consciente du poids du mot ailleurs, mais conclut qu’elle est « à la fois » Coloured et noire[75].

En février 2025, dans le cadre d’une interview accordée au magazine Revolt, elle confiera plus explicitement pourquoi elle et son équipe avaient, dès 2024, fait le choix de ne pas répondre de manière frontale aux attaques :

« Que je choisisse de ne rien dire, j’en suis contente. Je ne voulais pas expliquer ma culture, quelque chose qui compte vraiment pour moi, sur une plateforme qui allait délibérément la déformer. »[76]

Dans un autre entretien, originellement accordée à British Vogue, Tyla détaille son vécu personnel. Elle fut élève dans une école primaire à majorité blanche où elle « se détestait », puis se trouva davantage épanouie au lycée, à majorité noire, où elle dit avoir appris à s’aimer et à être fière de qui elle est. Elle pointe enfin le manque de contexte historique dans les critiques qu’elle reçoit : l’Afrique du Sud de l’apartheid classait en effet de force sa population en groupes raciaux, dont « coloured », un terme imposé par le gouvernement pour diviser[77].

La position est des plus claires. La jeune femme est fière et assume d’être qui elle est. Le public mainstream (et surtout nord-américain) l’a-t-il entendu ? Ne dit-on pas qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ? la question reste posée. L’avenir donnera vite un aperçu de la réponse américaine.

Revenons maintenant à l’essentiel : la musique !

2024 : Récompenses, premier album et tournée avortée.

Le 19 décembre 2023, les téléspectateurs américains voient Tyla chanter un medley de ses chansons Truth Or Dare et Water, le soir de la finale de la 24e saison de The Voice[78]. A à peine plus d’un mois de la sortie de son premier opus, le 4 fevrier 2024, Tyla, comme nous l’avons mentionné plus haut, remporte un premier Grammy Award, grâce à Water, dans une catégorie nouvellement créée et sœur du Best Global Music Performance, le Best African Music Performance Award, que la Recording Academy a instauré officiellement, en juin 2023, dans le but de récompenser des enregistrements musicaux mettant en valeur des expressions locales propres au continent africain, mélodiques, harmoniques et rythmiques[79].

Ce soir-là, Tyla Damne le pion à une brochette de chanteurs et chanteuse particulièrement relevée, incluant ASAKE & Olamide (« Amapiano »), Burna Boy (« City Boys »), Davido feat. Musa Keys (« UNAVAILABLE ») et Ayra Starr (« Rush »)[80] et devenant la toute première lauréate de sa catégorie et la plus jeune artiste originaire d’Afrique à remporter un Grammy. De quoi, en principe, s’assurer des lendemains etas-uniens et internationaux de plus propices. Les Grammys et autres trophées en tout genre, étant généralement d’excellent accélérateurs de carrière à l’international pour de jeunes interprètes. Ce soir-là, une carrière semble définitivement lancée.

Le 7 du mois suivant, à deux semaines à peine de son lancement, On fera savoir que le Tyla Tour se verra amputé de son leg nord-américain, les dates européennes étant elles reportées en fin d’année 2026 et ne débutera pas comme initialement prévu le 21 mars 2024. Raison invoquée : une blessure dont elle souffrait dira-t-elle depuis un bon moment. Dans une publication, elle révèle avoir souffert en silence un an durant d’une blessure qui s’est aggravée, la poursuite de la tournée pouvant sur le long terme mettre sa santé en danger. 19 concerts (17 aux Etats-Unis et 2 au Canada) se voient annulés ce jour-là[81]. Premier coup d’arrêt, pour une tournée qui, sous une forme très largement remaniée, débutera finalement, mais pas avant le début du mois de décembre 2024. D’ici là les auditeurs auront largement pu prendre le temps de découvrir et d’apprécier Tyla, le premier opus tant attendu, qui lui enfin nous arrive, et comme convenu après un premier report, le 22 mars 2024 et pas moins de deux ans et demi d’attente.

Ce 22 mars 2024, labélisée Fax/Epic Records, sort donc une galette affichant une durée de tout juste 38 minutes et 29 secondes. De quoi imaginé un travail de plus concis, réalisé par une ribambelle longue de dix producteurs différents : Soso, Believve, Rayan El-Hussein Goufar, Alex Lustig, Sir Nolan, P2J, Manana, Christer, LuuDadeejay et Kelvin Momo. De quoi craindre un manque de cohérence au premier abord, mais il n’en est rien, car la production proposée ici se veut des plus calibrée et mainstream possible. Un élément qui confère une grande homogénéité d’écoute à l’album et qui a très certainement contribué à son succès global. Le son proposé ici se révèle immédiatement familier à plusieurs millions d’oreilles à travers le monde et aussi, voir surtout, à travers l’occident qui ont depuis longtemps, et la fin des années 90/ début des années 2000, digéré les sonorités Pop et R’n’B. Des sonorités qui voisinent avec ce qu’il faut de référence Amapiano, Dancehall et Afrobeat. Tyla chante au fil des 13 titres de l’album l’émancipation ou l’amour, non sans une versatilité certaine, permettant d’apprécier sa signature vocale dans différents registres où elle parvient à se montrer convaincante. Disque de Popiano, Tyla propose des mélodies souvent pop, simples, mais aussi accrocheuses qu’efficaces, compte tenu de la brièveté de la plupart des pièces qui le composent. Une mélodie qui prêt de 40 minutes durant peut s’appuyer sur des gimmicks ou boucles de percussions synthétiques, les « Log Drums », tout à la fois froids, efficaces et entéttants. Un élément du mixage, très souvent mis au premier plan sur les productions vendues sous l’étiquette « Amapiano » et qui sur ce Tyla, occupe une place de choix. Si le « Log Drums » imprime le rythme général et sa pulsation, il supplée aussi très souvent et à propos la ligne mélodique et rythmique de basse, traditionnellement dévolue à la guitare-basse, quand il ne la suit pas. Toutefois, son utilisation, sur chaque titre ou presque, peut désarçonner le néophyte, ce dernier ayant vite l’impression que « tous les titres se ressemblent » où presque, et ce, bien qu’il soit véritablement le marqueur sonore essentiel caractérisant la musique dont il est question.

Tyla sait aussi attirer l’attention du chaland par sa liste d’invités de marque. En effet sur cet opus se cotoient : Kelvin Momo, Tems, Becky G, ainsi que Gunna, Travis Scott et Skillibeng. La liste complète des invités inclut Becky G, Gunna, Kelvin Momo, Travis Scott, Skillibeng et Tems[82]. Sa promotion se verra longue d’un peut moins d’un an, quatre singles étant exploités par la maison de disque entre juillet 2023 et mai 2024. Suivront, après le mois de juillet 2023 et le raz-de-marée Water, dans l’ordre :  Truth or Dare, sorti le 13 février 2024, un morceau amapiano teinté d’afrobeats et de R&B contemporain, écrit par Tyla, Ariowa Irosogie, Imani Lewis, Corey Marlon Lindsay-Keay, Samuel Awuku et Jamal Europe, avec Sammy SoSo derrière la console. Le 12 avril 2024, C’est Art , jolie composition amapiano/R&B produite par Sammy Soso qui suivra en tant que troisième simple, avant, le 14 mai 2024, la parution de Jump  (avec Gunna et Skillibeng), chanson proposant une fusion afrobeats/dancehall/hip-hop, envoyée aux radios américaines ce même jour puis sur les ondes italiennes le 7 juin suivant[83].

Un album éponyme plutôt réussi, bien produit et équilibré, un produit d’appel encore plus attrayant que ne l’était son simple phare de l’été 2023, rempli de jolies et versatiles compositions qui intéressent et séduisent sans en faire trop et qui compte son lot de titres méritant d’être découvert à l’écoute du disque. On pense ici en priorité à : Priorities, No 1 ou Breath Me, par exemple.

A sa sortie, Tyla sera assez logiquement apprécié et salué, tant par la critique, les institutions que par le public, sans toutefois faire l’unanimité. En effet, Sur l’agrégateur Metacritic, l’album a recueilli un score de 84 sur 100 (« acclaim universel »), sur la base de 11 critiques[84]. Celles-ci ont largement salué la polyvalence de Tyla et sa capacité à fusionner les genres : un critique a souligné que malgré sa courte durée d’environ 38 minutes, l’album présentait une Tyla à la fois polyvalente et dotée d’un style reconnaissable, aussi à l’aise dans le R&B que dans l’amapiano, alternant douceur et puissance[85]. Un autre a noté que l’album, bien que manquant de dynamisme émotionnel, restait entièrement pensé pour la piste de danse, chaque titre étant qualifié de « club-ready » et entêtant[86]. Plusieurs critiques ont aussi décrit le disque comme une brise contemporaine et fluide sur le pop-R&B, portée par le battement des « log drums » caractéristiques de l’amapiano[87]. Enfin, rappelons une réserve formulée quant à la relative uniformité de rythme sur la durée de l’écoute, jugée un peu monotone par certains auditeurs[88].

Commercialement, l’album peut être à ses débuts considéré comme un succès, faisant ses débuts à la 24e place du Billboard 200 américain, cumulant 24 000 unités équivalent-album lors de sa première semaine d’exploitation[89]. Il atteindra la première place des classements en Tunisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et s’est classé dans le top 20 au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et en Suisse[90]. En octobre 2024, il parviendra à franchir les 500 000 unités vendues aux États-Unis, obtenant la certification Or de la RIAA[91].

Selon les données du site spécialisé ChartMasters (à l’heure où nous écrivons ces lignes), l’album Tyla a franchi le seuil des 3,1 milliards d’écoutes cumulées sur Spotify le 2 juillet 2026. Sa progression fut rapide et continue depuis la sortie : le cap du milliard d’écoutes est lui atteint au 3 juin 2024, soit environ deux mois à peine après sa sortie, puis celui des 2 milliards, le 23 mars 2025, et enfin celui des 3 milliards, le 7 mars 2026. Le single Water cumule à lui seul plus de 1,45 milliard d’écoutes sur Spotify, ayant franchi le cap du milliard le 18 février 2025, puis celui des 1,4 milliard le 30 mai 2026[92]. Une assez jolie performance, tout de même et l’un des débuts les plus solides pour une artiste africaine ces dernières années.

Tyla aura su confirmer le succès phénoménal de Water, en rencontrant tout autant les succès critiques, commerciaux et institutionnels et ce certainement au-delà des attentes premières. Peut-il être dépassé par un projet futur ? peut-il seulement être réitéré ? En effet, si il a dépassé certaines attentes, son succès, lui, en a créer de nouvelles, tant auprès du grand public que de la critique. En somme, quoi qu’ils proposent à l’avenir, Tyla et ses équipes se savent attendus au tournant, et pas qu’un peu…

Nous n’en sommes toutefois pas encore là, en mars 2024, Tyla est dans les bacs et la chanteuse, sans tournée majeur pour soutenir et promouvoir son opus, peu continuer à récolter les fruits de son travail et les nominations et différents trophées qui vont avec, comme au soir du 27 avril 2026 (Jour de la Liberté / Freedom Day en Afrique du Sud), au Mbombela Stadium, dans la province du Mpumalanga, où, lors de la 18e édition des Metro FM Music Awards, pour laquelle elle totalise un record de six nominations[93]. Ce record ne se verra pas véritablement concrétisé, la jeune sud-africaine ne remportant aucun des six trophées auxquels elle prétendait (Chanson de l’année, Meilleure artiste féminine, Meilleur clip, Meilleur défi viral, Artiste de l’année, etc., toutes liées à Water ). Un trophée honorifique lui sera néanmoins remis dans la soirée, Le Global Icon Award[94]. La chanteuse étant de son côté aux abonnés absents, assurant sa promotion à l’étranger.

A peine deux mois plus tard, le 30 juin 2024, à Los Angeles au Peacock Theater, Tyla prend part aux Bet Awards, ces deux récompenses qui lui sont attribuées : Best New Artist et Best International Act. Des récompenses qui font d’elle la troisième artiste non américaine à recevoir la distinction du Best New Artist, après Sam Smith et Niki Minaj. Aux côtés de Gunna et Skilliben, elle interprète une première fois dans les conditions du direct son titre Jump[95].

Le 12 juillet 2024, sort le single One Call, produit par le DJ producteur nigérian Spinall, avec les voix d’Omah Lay et de Tyla. Cette composition se veut avant tout un morceau estival, présenté comme une fusion afrobeats/house, dont le texte aborde le thème de l’amour à distance[96].Tyrese King, pour le New Yave Magazine, qualifiera la voix de Tyla de « douce comme du miel », dans son style pop-R&B caractéristique, comme un complément à celle plus feutrée d’Omah Lay[97]. Une collaboration toute africaine, de celles sur lesquelles Tyla semble toujours s’en sortir au mieux et être des plus convaincantes. Intéressante découverte que ce sympathique morceau qui ne semble pas avoir fait grand bruit dans nos contrées lors de sa sortie. Un titre qui s’inscrit dans une série de collaborations extérieures à l’album Tyla menées par la chanteuse, dans la continuité du succès de son disque éponyme publié un peu plus tôt dans l’année.

MTV Video Music Awards 2024 : 1 trophée pour 2 polémiques

Le mercredi 11 septembre 2024, Tyla est à Elmont, dans l’état de New-York, à l’UBS Arena, où, à l’occasion de la cérémonie des MTV Video Music Awards, elle reçoit un énième prix pour Water, raflant la récompense au nez et à la barbe d’Usher, Arya Starr, Burna Boy, Chris Brown ou Tems. La soirée aurait normalement dû se dérouler sans accro aucun. Mais la jeune femme, ou plutôt les quelques mots qu’elle prononcera à son arrivée sur scène, pourtant non dépourvus d’humour et de dérision, déclencheront après coup une nouvelle polémique. Au moment de recevoir son Moon Person, le nom dévolu audit trophée, que devait lui remettre Halle Bailey et Lil Nas X., voulant plaisanter sur son poids, elle déclarera :

« Oh mon dieu. Vous me connaissez, avec les trophées. Non, je ne suis pas assez forte. S’il vous plaît, s’il vous plaît. »[98]

Une déclaration déclenchante presque immédiatement un moment de gène sur le plateau et qui poussera finalement Lil Nas X à reprendre temporairement le trophée en main pendant le petit discours qui à suivi, Halle Bailey, elle, ne réagissant quasiment pas. Il n’en fallait guère plus pour que les internautes réagissent au quart de tour. La plupart d’entre eux critiquant l’attitude de la jeune chanteuse à l’égard d’Halle Bailey, qu’ils qualifient, pour faire court, d’impolie ou d’hautaine. Un moment gênant, certes, mais bref et sans trop d’importance au fond, qui pourrait bien vite être oublié, si la chanteuse n’avait pas de passif avec toute une partie du public américain… Le discours qui suivra, pourtant assez révélateur de l’état d’esprit et de la démarche artistique de la chanteuse, sera, hélas, hélas, hélas, lui aussi bien mal reçu par le public et les internautes américains… Elle déclarera en effet :

« L’impact mondial de « Water » prouve que la musique africaine peut aussi être de la pop. C’est vraiment spécial, mais aussi doux-amer, parce que je sais qu’il y a une tendance à regrouper tous les artistes africains sous l’étiquette « Afrobeats ». C’est devenu systématique. Et même si l’Afrobeats a mené la danse et nous a ouvert tant de portes, la musique africaine est tellement diverse. C’est bien plus que de l’Afrobeats. Je viens d’Afrique du Sud. Je représente l’amapiano. Je représente ma culture. »[99]

Tyla, profitant de son discours, souligne (comme elle le fait pourtant à chaque interview ou presque), avec raison et une forme non dissimulée de revendication dans le propos et le ton, que sa musique n’est pas de l’Afrobeats à proprement parlé, mais de l’amapiano, un genre sud-africain qui en est bien distinct, ce qui a été perçu par une partie du public comme une pique adressée à MTV pour l’avoir mal catégorisée. De là naitra la seconde polémique de la soirée pour la Sud-africaine, bien distincte de la première avec Halle Bailey : certains internautes (dont le présentateur nigérian Do2dtun) lui ont très vite reproché de critiquer la catégorisation tout en acceptant le prix, argumentant qu’elle aurait dû refuser le prix ou la nomination si elle se sentait mal catégorisée[100]. Cela reviendrait à être purement et simplement hypocrite. Cette hypocrisie de façade ne passant pas outre-Atlantique, pas du tout…

Décidément, les Américains ne semblent que fort peu gouter à l’humour Sud-africain et vont bien finir par avoir une dent contre cette chère Tyla…

Le soir même, sur X, face au tollé suscité, elle réagira :

 « Vous, vous rendez vraiment tout suspect… Je ne demandais pas à ma copine Halle… On est juste entre filles, arrêtez, J’AI GAGNÉ UN VMAAAA. »[101]

Tyla quitte les lieux en ayant remporté un MTV Music Award, en ayant annoncé la sortie prochaine de son nouveau simple, Push 2 Start et avec une image publique semblant, cette fois, écornée pour de bon au pays de l’Oncle Sam… Quand ça veut pas…Ca veut tout simplement pas…

Le 11 octobre 2024, c’est Tyla+, la version Deluxe de l’album commercialisé en mars, qui est édité. Une réédition qui propose trois titres en complément des précédents : l’excellent Shake Ah, Push 2 Start et Back To You. De ces trois nouvelles pistes, c’est Push 2 Start qui servira à promouvoir cette version nouvelle, la chanson étant éditée en simple le 25 octobre 2024[102].

Les affres de la polémique ne l’empêchent pas de continuer à apparaitre et se produire lors des différentes cérémonies et évènements mondains dans les semaines qui suivent ces incidents. Ainsi, elle mêle ses titres Water et Push 2 Start pour le défilé Victoria ‘s Secret, qui se tient le 15 octobre 2024, dans la grosse pomme[103].  Le 10 novembre 2024, à Manchester, à la Co-op Live Arena, Elle réitère la performance des mêmes titres avant de repartir avec trois nouvelles statuettes sous le bras, ayant remporté les prix dans les catégories Best African Act, Best Afrobeats Artist et Best R&B Artist[104].

Le 20 novembre 2024, sort, hors album, le single Tears, ballade purement Pop-Folk, sur laquelle la voix cristalline de la chanteuse est magnifiquement mise en valeur et sobrement accompagnée, une fois, n’est pas coutume, par des accords de guitare acoustique. Un titre qui peut se ranger aux cotés de Back To You et autres Butterflies, par exemple et qui peut, sans problème séduire une oreille occidentale. Sur ce titre, sans sortir des sentiers battus, la chanteuse prouve, s’il le fallait, sa versatilité stylistique et vocale. Un fort agréable titre, qui se laisse écouter[105].

 Décembre 2024 – aout 2025 : Tyla Tour

A peine plus de trois semaines plus tard, C’est le Tyla Tour qui commence enfin, dans une forme remaniée. Le coup d’envoi de la tournée est donné « à la maison », avec deux concerts sur le sol sud-africain, à la Grand Arena du Cap et Pretoria, les 5 et 7 décembre. Se produisant à guichet fermés, et face à une forte demande[106], décision sera prise d’ajouter une troisième date, toujours à Pretoria et dans la même enceinte (la SunBet Arena), le 18 janvier 2025[107]. Ces deux concerts marquaient les débuts de sa toute première tournée dans son pays natal[108] depuis son ascension fulgurante vers la célébrité mondiale et furent le prélude africain à la version remaniée et écourtée du Tyla Tour, qui s’était vu empêché précédemment.

Entre temps, lors de la 31e édition des Billboard Music Awards, qui se déroule le 12 décembre 2024, en direct de la Counting House de Londres, Tyla interprète les morceaux Shake Ah et Push 2 Start, tout deux tirés de la réédition Tyla+ et décroche au passage 2 breloques supplémentaires, dans les catégories Top Afrobeats Artist et  Top Afrobeats Song[109].

Le Tyla Tour proposera finalement deux autres legs et affichera un total de dix dates : Le 11 et 18 avril 2025, dans le cadre du Coachella Valley Music And Arts Festival, à l’Empire Polo Club, à Indio en Californie, puis le 6 juin, au Flushing Meadows-Corona Park de New York, où elle se produit dans le cadre du Governors Ball Music Festival. Ces quelques dates constitueront le leg américain. Ensuite viendra l’Europe avec des prestations « festivalières » :  Le 3 juillet 2025, on la retrouve à l’Aéroport de Gdynia-Kosakowo, en Pologne, pour Open’er Festival[110]. Deux jours plus tard, cap sur le Danemark et son Roskilde Festival.  La semaine suivante, le 11 juillet 2025, direction Slottsfjell et la Norvège, où elle donne de la voix à l’occasion du Slottsfjellfestivalen. Une prestation à São Paulo, au Brésil, s’ajoute et  est donnée le 21 août 2025, durant laquelle elle a également réagi à la controverse autour de son identité en déclarant que « trop de gens mentent sur [son] nom »[111].  La tournée se clôt deux jours plus tard, le 23 août 2025, au Victoria Park de Londres, pour le All Points East Festival[112].

2025 : WWP , We Wanna Party Tour et expansion stratégique et commerciale globale

En début d’année 2025, Epic Records continue sa politique de placement de produit, Tyla se retrouvant dés le 14 fevrier 2025 aux cotés de Sean Paul pour une version nouvelle et remixée de sa chanson Push 2 Start. Deux semaines plus tard, à peine, elle est en duo avec la Thaïlandaise Lisa sur la chanson When I’m With You extraite de l’album Alter Ego de cette dernière, commercialisé le 28 février 2025[113]. Moins d’un mois après cette sortie, le 18 avril 2025, C’est un remix de la chanson Show Me love, de WizTheMc et Bees & Honey, sur lequel la Sud-Africaine pose sa voix, qui est commercialisé. Un remix qui se fera une place dans la setlist des concerts de la Sud-africaine, au même titre que Bliss et Is It, deux de ses singles à paraitre[114]. Bliss, premier single promotionnel de l’E.P. quatre titres WWP, sortant en avant-coureur le 9 mai 2025, propose un son profondément pop et enjôleur, mâtiné de ce qu’il faut influence Pop/R&B et amapiano, typique désormais des compositions proposées par la chanteuse depuis ses tout débuts. Elle y délivre en outre une performance vocale assez réussie, son timbre de voix se prêtant parfaitement à l’exercice[115]. Bliss est certainement de ses balades Popiano des plus réussies et agréables à l’écoute. Is It arrivant lui sur les ondes un peu plus tard, le 11 juillet 2025[116]. Tout juste une semaine plus tard, c’est le très rythmé, pop et accrocheur Everything Goes with Blue qui est dévoilé. Une chanson qui se retrouve sur la bande originale du film Les Schtroumpfs, réalisé par Chris Miller, écrit par Pam Brady et produit par Rihanna (qui dans la version originale double la Schtroumpfette et redonne un peu de la voix, pour la première fois depuis des années, sur la B.O.) qui sort dans les salles obscures américaines le 18 juillet[117]. Sur ce projet, Tyla voisine avec celle qu’elle s’est choisie pour modèle, bien que ce projet lié au monde du cinéma n’ait concrètement pas donné lieu à une collaboration directe et ferme entre les deux chanteuses. Pour l’anecdote, signalons que la jeune femme s’est, le temps d’une soirée, faite animatrice, se retrouvant, le 21 juin 2025, aux commandes de la 38e cérémonie des Nickelodeon Kids’ Choice Awards[118].

En ce premier semestre 2025, Tyla se fait très présente, enchaine de manière régulière collaborations, publications de singles et projets divers. La stratégie est connue depuis des lustres et bien rodée : Un nouveau projet discographique s’annonce à grands pas.

Un projet qui se matérialisera sous forme d’Exteded Play quatre titres WWP, acronyme pour We Wanna Party, second mini-album de la chanteuse, sortant le 25 juillet 2025 chez FAX et Epic Records et qui avait été annoncé ce même mois, au cours de deux soirées d’écoute, à Berlin, en Allemagne et Londres, au Royaume Uni. Des évènements promotionnels et prétextes à la découverte de deux chansons nouvelles : Dynamite et Chanel[119].

  D’une durée totale de 11 minutes et 23 secondes, le disque nous est présenté, comme son prédécesseur, comme renferment du Popiano, de l’Amapiano et diverses influences Pop et R&B et se veut être une transition logique vers un second Long Play[120].

WWP propose une production assurée par Dylan Wiggins, Nova Wav, P.Priime, ainsi que par plusieurs des collaborateurs habituels de Tyla. En effet, on retrouve au gré des titres :  Sammy Soso, Ari PenSmith, Believve, Mocha Bands et Sir Nolan, la plupart d’entre eux ayant précédemment œuvré sur Tyla. La production additionnelle est l’œuvre de Troy Taylor et Jo Caleb. Le mastering a été réalisé par Colin Leonard, et le mixage par Leandro « Dro »[121] sur un plan purement sonore et stylistique, l’auditeur ne peut être totalement décontenancé, ce qui est plutôt bon signe.

L’EP s’ouvre sur Dynamite, un duo avec le chanteur nigérian Wizkid, soti en simple le même jour que l’EP, mêlant guitare classique et percussions afrobeats[122], et se poursuit avec les singles déjà parus Is It et Bliss, ainsi qu’un quatrième titre, le réussi et très à propos Mr. Media, dans lequel Tyla aborde la pression médiatique liée à sa célébrité. Selon Tyla elle-même, interrogée par Variety en août 2025, le projet est pensé comme un pont vers l’album, une musique qui ressemble à qui elle est en ce moment[123] . Le contenu et le résultat sont musicalement à l’image de ce à quoi la chanteuse nous avez habitué plus tôt, efficace et bien produit. Un prélude de très bon augure quant à la réalisation future d’un second album, pour lequel cette dernière sera attendu au tournant.

WWP, sans être une totale prise de risque, parvient à consolider définitivement les bases de ce style que Tyla promeut depuis ses débuts. Sans surprendre, il parvient néanmoins à convaincre l’auditeur sensible à ce genre de musique et le fait plutôt bien. Sur ce point la critique semble d’accord, WWP recevant de sa part un accueil somme toute positif. Yinoluwa Olowofoyeku, pour Afrocritik, lui a attribué la note de 7,3/10, saluant un EP accrocheur, coloré, rythmiquement efficace[124]. Tami Makinde, pour NME, a accordé 4 étoiles sur 5 au projet, louant son ton joyeux et hédoniste et la polyvalence vocale de Tyla, tout en notant que la brièveté du format joue parfois en sa défaveur par rapport à l’album précédent[125]. Bryson « Boom » Paul, pour HotNewHipHop, a donné 3 étoiles sur 5, appréciant la collaboration avec Wizkid mais estimant que le projet fonctionne davantage comme une bande annonce de l’album à venir que comme une œuvre autonome[126]. Shazaib Husaib, pour Clash, a qualifié l’EP de projet transitionnel, prolongeant le son « prêt pour le club » du premier album[127].

Bien que réussi et bien accueilli, force est d’admettre que WPP ne fonctionnera pas commercialement à sa sortie. En effet, l’E.P. ne réussit finalement pas à faire son entrée dans le classement américain Billboard 200, totalisant 3 700 unités équivalent-album lors de sa première semaine d’exploitation aux États-Unis[128]. Il parvient en revanche à entrer à la 11ᵉ place du classement Billboard World Albums[129]. Des chiffres plus que modestes, voire totalement décevants, qui suffiront amplement à voir naitre un nouveau débat centré sur l’avenir artistique de la chanteuse. Beaucoup commençant à s’interroger : La carrière de Tyla serait-elle déjà engagée sur la pente descendante ? Questionné par City Press, Goodwin Nkuna, cadre commercial chez Gallo Records, explique que les écoutes YouTube ont une valeur moindre comparativement à celles de Spotify ou d’Apple Music dans le calcul dit unitaire[130]. À l’inverse, Tšeliso Monaheng, pour OkayAfrica, qualifie plutôt le narratif du « flop » comme étant à la fois injuste et dépassé, estimant qu’il repose sur une vision datée des ventes qui ignore la réalité de la consommation musicale actuelle, et que le succès de Tyla se mesure plutôt à ses millions d’écoutes et à sa pertinence culturelle internationale[131]. Le débat, passionnant au demeurant, reste donc encore aujourd’hui ouvert.

Cette question posée quant au relatif déclin de sa pourtant encore très jeune carrière, n’empêcheront pas Tyla d’assister à la cérémonie des MTV Video Music Awards 2025, qui à lieu le 7 septembre 2025  à l’UBS Arena d’Elmont, dans l’État de New York et d’y remporter le prix de la  Best Afrobeats Video pour  Push 2 Start, face à une sélection très concurrentielle incluant Asake (« Active », avec Travis Scott), Burna Boy feat. Travis Scott (« TaTaTa »), Rema (« Baby, Is It A Crime »), Tems feat. Asake (« Get It Right »), Wizkid feat. Brent Faiyaz (« Piece of My Heart ») et Moliy, Silent Addy, Skillibeng & Shenseea (« Shake It to the Max (Fly) [Remix] »)[132]. Une seconde victoire consécutive dans cette catégorie pour elle, après celle décrochée douze mois plus tôt pour Water. Une double victoire qui fait d’elle l’artiste la plus récompensée dans l’histoire de cette catégorie[133]. La chanson Push 2 Start était également nommée dans la catégorie Best Choreography, mais n’a pas remporté ce prix-là[134]. Bien plus anecdotique, mais des plus révélateurs et annonciateurs : Tyla se montre drapée dans une robe Chanel vintage des années 1990 sur le tapis rouge[135] et profite de sa prise de parole au cours de la soirée pour annoncer que, bientôt, son nouvel album arrivera en force[136]. Nous voilà prévenus…

Au cours de ce même mois de septembre 2025, le 11, la chanteuse se retrouve aux cotés de Nile Rodgers et de Damiano David (chanteur et leader des Italiens de Måneskin), sur une composition du nom de Talk To Me, tirée de la version deluxe de Funny Little Fears (Dreams)[137], premier effort en solo de David. Une joyeuseté Pop sans fiauriture ni surprise aucune. Un titre simple, sobre et efficace, tant sur la forme que sur le fond, mais aussi, et surtout, banal.

Une prestation qui l’est nettement moins est certainement celle qu’elle livre sur Am I A Drama, le second opus de Cardi B, qui sort le 19 septembre 2025 et sur lequel on l’entend au côté de la rapeuse new-yorkaise sur la chanson Nice Guy[138]. Un duo qui peut surprendre au premier abord, mais qui est une réussite.

Le 27 septembre 2025, soit presque deux mois jour pour jour après la sortie de WWP, on retrouve la demoiselle sur scène, cette fois dans le cadre du Global Citizen Festival à Central Park, New York, où elle profitera de son interprétation de la chanson Mr. Media  pour répondre publiquement à une polémique identitaire visant la chanteuse nigériane Tiwa Savage, qui crut bon de présenter des excuses au nom de Tyla alors qu’elle se trouvait plus tôt au micro de l’émission Breakfast Club, avec la formule : « Sorry, not sorry »[139]

La réponse est brève, de mots simples, comme pour tenter de couper court à cette polémique qui colle à la Sud-africaine comme un chewing-gum sous une chaussure et qui toujours entache son image…

Le 17 octobre 2025, c’est le single avec l’interprète ghanéenne Moliy (connue chez nous pour sa chanson Shake It To The Mask), Body Go qui sort hors album[140].

Le 24 octobre 2025, le clip de la composition Chanel[141] est mis en ligne. Cette chanson (sur laquelle nous reviendrons plus bas), marque le début effectif de la promotion du second album, étant le premier simple officiel à en être extrait.

En fin d’année 2025, Tyla entame officiellement son We Wanna Party Tour. Un tour de chant qui se déroule exclusivement en Asie et Moyen Orient entre le 11 novembre et le 14 décembre 2025, pour un total de huit dates. Cette première tournée en tête d’affiche[142], la voit se produire à guichets fermés à l’Ariake Arena de Tokyo, avec un show salué pour ses remixes sur des titres de Beyoncé et Rihanna[143], et un concert qui a suscité une forte fierté sud-africaine sur les réseaux sociaux[144]. Vient ensuite Bankok, le 14 novembre, Manille, au début du mois de décembre, Singapour, le 5 décembre, vient ensuite l’India, Sneaker Festival, en Inde. Cap est ensuite mis sur le Moyen-Orient et sa région avec des prestations à Ryad, les 11 et 13 décembre 2025 (pour le Soundstorm Festival), Dubaï et son Sole DBX festival et une date de clôture, le 25 décembre 2025, au Beyond Al Dana Amphitheatre, au sultanat de Barheîn. La setlist proposait des titres de son premier album (Water, Truth or Dare, Push 2 Start Getting Late …) et des titres de WWP (Dynamite, MrMedia, Bliss …), quelques-unes des ses principales collaboration et des reprises/remixes[145].

Avant même la conclusion de ce We Wanna Party Tour, effective au soir du 25 décembre 2025, c’est la future stratégie commerciale à l’international mise en place autour de Tyla sur laquelle le voile est levé. Le 16 décembre, est rendu publique un accord existant avec la société de divertissement (et maison mère du groupe coréen BTS) Hybe, ayant permis la création d’une coentreprise baptisée NFO LLC, à travers laquelle le groupe prend en charge le management international de Tyla[146]. Cette coentreprise a été fondée conjointement avec Brandon Hixon et Colin Gayle, co-managers de Tyla et présentés tous deux comme disposant de réseaux internationaux étendus[147]. Dans le cadre de cet accord, On annonce que Hybe assurera dorénavant un soutien intégré à l’échelle mondiale pour les tournées, le marketing, la promotion et la production multimédia de l’artiste[148]. Le partenariat prévoit également d’explorer des synergies dans l’enregistrement, l’édition musicale, les partenariats de marque et le merchandising[149]. Au-delà du cas individuel de Tyla, l’accord vise à établir un système de découverte et d’accompagnement de nouveaux talents africains émergents, contribuant ainsi à la croissance de l’écosystème musical local[150]. Le PDG de Hybe, Lee Jaesang, qualifie ce partenariat de tournant important dans la stratégie d’expansion mondiale du groupe[151], Hixon et Gayle affirmant eux qu’il se veut être un véritable tremplin ayant pour objectif de renforcer la présence de Hybe sur les marchés de la musique africaine et de l’afrobeats[152]. Cette initiative est présentée comme s’inscrivant également dans le prolongement de la stratégie « multi-maison, multi-genre » portée par le président de HYBE, Bang Sihyuk[153].

Voici qui est fort joliment dit et qui donne envie…Vous l’aurez aisément, compris, dans les mois et années qui suivront Tyla Seethal sera partout ou presque et tout le temps. Bientôt aussi d’autre vedettes africaines lui emboiteront les pas, seront le Tyla de demain. En attendant, ses équipes nous ont concocté une stratégie aux petits oignons pour nous abreuver, nous rassasier. Que vous le vouliez ou non, vous serez cordialement invités à bouffer au râtelier. Le monde ne pourra échapper au raz de marrée qu’on nous promet. Tygers et autres haters n’auront eux qu’a s’en donner à cœur joie. Les autres subiront sans mot dire. Un partenariat très certainement des plus juteux et qui pose question : Ambitionne-t-on de façonner la carrière mondiale encore en devenir de la demoiselle sur le modèle de celles des vedettes de la K Pop ? L’avenir le dira et au moment ou l’année 2025 est à son crépuscule et où 2026 s’annonce, il ne nous faudra pas attendre bien longtemps pour avoir un début de réponse.

2026 s’annonce et verra paraitre le second effort discographique tant attendu et déjà savamment annoncé par un E.P. et une tournée. L’essai se doit d’être définitivement transformé, les douze mois qui viennent seront donc des plus déterminants pour la carrière de la Sud-africaine et son devenir…

2026 : un premier semestre entre collaboration et promotion tous azimuts

L’une des premières apparitions publiques de la chanteuse en 2026 à lieu le 1er février. Ce soir-là, au Crypto.com Arena de Los Angeles, Tyla remporte, lors de la 68e cérémonie des Grammys Awards, le prix de la Meilleure performance de musique africaine (Best African Music Performance) pour son titre Push 2 Start[154], devenant du même coup la première artiste à remporter cette catégorie à deux reprises, après son premier sacre en 2024 pour Water lors de la 66e cérémonie[155]. Une seconde statuette emportée face à des nommés tels que Burna Boy, Davido (avec Omah Lay), Eddy Kenzo (avec Mehran Matin) et Ayra Starr (avec Wizkid)[156]. La chanteuse profite aussi de cette sortie pour dévoiler le nom de son nouvel opus à paraitre à la fin de l’été 2026. Celui-ci sera sobrement intitulé A*Pop[157]. C’est donc l’ère d’A*Pop qui s’ouvre pour Tyla et ses Tygers et avec elle s’ouvre (encore) un nouveau débat critique, et tout à fait légitime, sur la classification générique de sa musique, une partie des commentateurs et amateurs d’afrobeats estimant que les sonorités de Water et Push 2 Start relèvent davantage d’une identité pop/R&B hybride que du genre afrobeats à proprement parler[158].

Le débat continue et la promotion d’A*Pop aussi ! Après Chanel, c’est au titre du morceau She Did It Again d’être mis en avant et d’être publié le 17 avril suivant[159]. Une composition qui voit la présence de la chanteuse suédoise Zara Larsson. Cette même Zara Larsson qui retrouvera bien vite la Sud-africaine, un remix de sa chanson Hot & Sexy étant présent sur la tracklist du disque de remixes Midnight Sun : Girls Trip de la Suédoise, publié le 1 mai 2026.

Quelques jours à peine après la parution du simple She Did It Again, c’est une bande annonce de l’album, livrant la date de sortie définitive et invitant les Tygers à d’ores et déjà précommandé le disque, qui est mis en ligne, le 22 avril[160]. Cette bande annonce, jouant sur les contrastes du noir et blanc et des couleurs vives et phosphorescentes, semble annoncer un projet des plus colorés, joyeux et festifs. L’opus est en outre qualifié de « décomplexé », « amusant », « africain », « confiant », « pour toi », « pour moi » et « mondial »[161]. Un condensé de ce que nous propose Tyla depuis ses débuts et de ses ambitions assumées de vedette pop. Le ton, comme la couleur, sont donnés et la volonté de faire de cet opus un véritable succès commercial et mondial assumée. Les 29 secondes proposées pour cette bande annonce pouvaient légitimement donner envie aux plus impatients, intriguer peut-être aussi suffisamment les plus curieux. A voir cette bande annonce, A*Pop se présentait comme un album simple, efficace et peut-être même surtout « immédiat », pouvant presque instantanément plaire à tout auditeur, familier de l’œuvre de la chanteuse ou non, à l’image des grands classiques du genre. En cela, A*Pop, se présentant comme reprenant les « canons » de la musique Pop mainstream internationale (genre certes très, voire trop formaté pour beaucoup, mais si attrayant à écouter souvent, en deux mots : efficace et imparable), sans se départir de la touche résolument africaine, signature stylistique de son interprète, lui garantissant tout de même l’originalité et l’authenticité nécessaire pour séduire tout le monde ou presque certes, mais sans jamais décevoir les amateurs de musiques purement africaine.

La veille de la sortie de la bande annonce, le 21 avril 2026, Tyla devient la toute première égérie du iD Beauty Zine, une déclinaison au format papier, dédiée à la beauté, du magazine britannique iD[162]. L’artiste y apparaît sur deux couvertures, toutes deux œuvres de Ilya Lipkin, avec un maquillage dû à Marcelo Gutierrez, directeur artistique beauté international du magazine[163]. Le numéro comprend également un entretien mené par la journaliste Laetitia Lotthé, ainsi qu’un échange filmé diffusé sur la chaîne YouTube d’iD, au cours duquel Tyla revient sur la famille, les proches et les rituels qui ont façonné son rapport à la beauté[164]. Un choix de couverture perçu par certains médias comme une reconnaissance supplémentaire du statut de Tyla en tant qu’icône de mode et de beauté, au-delà de sa seule carrière musicale[165]

Le 12 juin, on retrouve Tyla aux cotés de Future, les duo interprétant Game Time, lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football[166], à Los Angeles. Un morceau qui échoue sur le disque officiel de l’événement. La veille, soit le jeudi 11 juin, elle était au Estadio Azteca, de Mexico City, entonnant, a l’occasion du match d’ouverture du groupe A, se jouant entre le Mexique et l’Afrique du Sud, son hymne national[167], ce qui fera de Tyla la seule vedette à s’être produite de jour de suite pour deux cérémonies officielles de cette coupe du monde, organisée conjointement entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

Le 19 juin, Is It Love, un troisième simple, est diffusé.

Début juillet, la Sud-africaine est sur la scéne de l’Afro Nation Festival, à Praia Da Rocha, au Portugal, où, en tant que tête d’affiche de cet evenement annuel dédié à la musique africaine actuelle (Afrobeats, Amapiano, RnB, Hip-hop, Dancehall, Gqom et autre Afroswing), elle assure la promotion de son opus en interprétant nombre de chansons y figurant et avec une scénographie au couleurs et thèmes propres à l’album A*Pop[168].

Le 8 juillet 2026, Elle se produit sur la scène du Montreux Jazz Festival[169], trois semaines tout juste avant la sortie officielle de A*Pop, le 24 juin 2026.

Le 15 juillet, c’est à grand renfort de peinture fluorescente et d’un espace plongé dans l’obscurité et de néons que la jeune chanteuse dévoile la liste complète des titres que l’on retrouvera sur A*Pop[170]. On aurons droit à une collection de quatorze chansons.

Le 23 juillet 2026, Tyla lance la série « Official Live Performance » de Vevo avec une interprétation de Is It Love[171]. Présentée comme un prolongement du clip officiel de la chanson, cette performance aux tons sépia se déroule dans un décor industriel épuré, où l’artiste évolue dans un vaste espace tandis que sa silhouette est projetée sur un rideau tendu entre des colonnes de béton[172]. Deux jours plus tard, c’est une autre interprétation live, celle de She Did It Again, qui sera publiée sur cette même chaine[173].

Le 24 juillet 2026, A*Pop est commercialisé et avec lui est rendu disponible le clip vidéo de la chanson That Girl, quatrième single en soutien de ce nouvel album

Ce même 24 juillet, elle est à New York, où elle donne un concert dans le cadre de la série Citi Summerstage du Today Show[174]. Le lendemain, c’est une autre prestation, cette fois dans le cadre du spectacle de la mi-temps du AT&T WNBA AllStar Game, disputé au United Center de Chicago et diffusé en direct sur ABC et Disney+, qui l’attend. Avec cette performance, Tyla est devenue la première artiste internationale à assurer la mi-temps du All-Star Game dans les 28 ans d’histoire de l’évènement[175].

A*Pop World Tour, appel au boycott et épilogue

Le 27 juillet sont mise en ventes les billets pour le A*Pop World Tour, la première tournée d’envergure mondiale pour Tyla, longue de trente-quatre dates et devant parcourir l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord[176]. La tournée s’ouvrira le 12 octobre prochain à Paris (Zénith), avant de traverser une bonne partie de l’Europe avec des étapes à Amsterdam, Londres, Glasgow, Manchester, Bruxelles, Düsseldorf, Francfort, Berlin, Stockholm, Oslo et Copenhague[177]. Le volet nord-américain démarrera, lui, le 12 novembre à Wheatland, en Californie, avec des passages notamment à Vancouver, Chicago, Boston, New York et Los Angeles[178]. La tournée devait initialement se conclure par un volet africain incluant Lagos, Le Cap et Johannesburg début 2027[179]. Cela, c’était le programme initialement prévu, avant. Avant la polémique s’entend…Une polémique, (encore) une ! Essayons donc une fois encore de comprendre se qui à bien pu se produire autour de Tyla, tout en gardant bien en tête que pour nombre d’entre nous, le continent noir et les pays qui le compose et le façonnent, peuvent au quotidien, à nous Européens, nous sembler fort lointains…

Cette première tournée officielle de Tyla sur le continent qui l’a vu naitre devait donc inclure une date à Lagos (Nigéria) le 22 décembre prochain, mais il n’en sera finalement rien. Voici, concernant cette énième polémique, les principaux faits et le déroulé :

C’est donc peu après l’annonce de la tournée, que la date prévue à Lagos, en pleine période très prisée du « Detty December »[180], a suscité une controverse grandissante[181]. Ladite controverse est originellement déclenchée par créateur de contenu nigérian Solomon Buchi, qui a appelé au boycott du concert dans une vidéo publiée sur Instagram, reprochant à Tyla de n’avoir jamais réagi publiquement aux violences xénophobes visant des ressortissants nigérians en Afrique du Sud, notamment la mort récente d’un citoyen nigérian[182]. Ce dernier précisant toutefois que sa démarche ne vise en rien l’artiste personnellement, mais entendait porter un message collectif bien plus large[183]. D’autres personnalités nigérianes se joindront ensuite à la controverse : l’animateur Do2dtun Interpellera de son côté les autorités d’immigration nigérianes pour qu’elles refusent l’entrée du territoire à Tyla et son équipe, tandis que l’activiste et ancien candidat à la présidentielle Omoyele Sowore a, à l’inverse, appelé à diriger la colère vers les responsables politiques plutôt que vers l’artiste[184]. Face à ce tollé général, La date de Lagos disparaitra purement et simplement de la billetterie officielle, ce, sans qu’aucune explication ne se voit fournie directement par Tyla ou son équipe[185]. L’itinéraire révisé de la tournée ne conserve plus, pour le volet africain, que les étapes du Cap (4 janvier2027) et de Johannesburg (9 janvier 2027)[186].

Enfin, notons que cette annulation a également déclenché une vive contre-réaction du côté sud-africain sur les réseaux sociaux, certains internautes appelant en retour à ce qu’aucun artiste nigérian ne se produise plus en Afrique du Sud, ravivant ainsi des tensions géopolitiques bilatérales déjà anciennes entre les deux pays[187].  Osons ici un parallèle en rappelant qu’en 2019, le chanteur nigérian Burna Boy avait dénoncé les attaques contre ses compatriotes en Afrique du Sud, avant d’être lui-même déprogrammé d’un concert caritatif contre la xénophobie au Cap et à Pretoria, après qu’un collectif d’artistes sud-africains eut appelé au boycott de l’événement[188]. A ce lourd passif entre Sud-Africain et Nigérians se greffent des éléments plus strictement diplomatiques : une rencontre tendue entre hauts responsables d’Abuja et de Pretoria au ministère nigérian des Affaires étrangères, ainsi qu’un bilan chiffré par l’AFP de plus de 160 000 personnes ayant quitté l’Afrique du Sud depuis fin mai, dans le cadre d’opérations de rapatriement organisées par plusieurs gouvernements africains[189]. Sur le plan économique, la presse nigériane soulignera à l’occasion qu’il s’agissait d’un manque à gagner important, un concert de ce calibre pouvant générer plusieurs centaines de millions de nairas de recettes billetterie durant cette période très lucrative pour le secteur du spectacle vivant local[190].

Dernier évènement notable, concernant la jeune Tyla Seethal, celui du 15 aout 2026, que l’on pourrait presque qualifier d’épilogue à la controverse que nous venons de résumer : la 32e édition des South African Music Awards (SAMA32), au Sun City Superbowl, où brillant comme à son habitude de mille feux, Tyla reçoit le AfriPure International Achievement Award, une distinction qu’elle avait déjà remportée en 2024, faisant d’elle la deuxième artiste, après Black Coffee, à obtenir ce prix à deux reprises[191]. Il s’agissait en outre de sa toute première présence physique à la cérémonie des SAMA, le trophée lui ayant été remis pour l’occasion par l’animatrice Bonang Matheba et le co-fondateur d’AfriPure, Grant Hughes[192]. Ceci n’aurait que peu d’intérêt à être mentionné, si nous n’évoquions pas le fait que, dans son discours de réception, Tyla est précisément revenue sur la difficulté d’incarner une trajectoire inédite dans l’industrie musicale sud-africaine, confiant qu’aucune artiste ne l’avait précédée sur ce chemin et qu’elle avançait pour ainsi dire, « sans feuille de route »[193].

 Le plus intéressant, important et symbolique se produisant quelques instants après le début de sa prise de parole. En effet plutôt que de garder la lumière sur elle-même, une fois n’est pas coutume, Tyla interrompt subtilement son discours pour mieux inviter sur scène plusieurs artistes sud-africains et africains présents dans la salle[194]. Parmi ceux-ci, citons : Makhadzi, Cassper Nyovest, Zee Nxumalo, Maglera Doe Boy, Langa Mavuso, Babalwa M, Lordkez et Xduppy[195]. Elle conclut enfin son intervention sur un message d’unité continentale, exprimant le souhait de voir un jour l’Afrique unifiée, et remerciant chaleureusement le public présent[196].

Ce moment à tout du symbole, car survient dans un contexte des plus particuliers et tendus. Tyla étant encore plus ou moins sous le feu des critiques après l’annulation en catimini de son concert nigérian et n’ayant pas encore jugé bon de prendre publiquement la parole pour faire entendre son propre son de cloche (ou celui du responsable de sa communication).

Les image de l’intervention[197] et le ton, cette fois, se faisant bien plus personnel, de la chanteuse de seulement vingt-quatre ans sont éloquents : pour la première fois, l’image savamment construite et affichée depuis le début laisse place à une certaine forme d’authenticité, d’honnêteté dans le propos. Le ton, lui, se fait plus grave et, pour la première fois, là aussi, affiche le courage, ce même de manière indirecte, d’évoquer la difficile actualité sud-africaine et continentale, de mettre en avant une forme de panafricanisme idéaliste et de le faire entouré de quelques-uns de ses pairs et compatriotes. Tyla n’a-t-elle pas dés le début de sa jeune carrière prétendu représenté à la fois sa patrie et son continent ? Elle a su, quelques minutes durant, donner à voir une image bien différente de son continent.

Les mots choisis, même s’ils sont certainement bien plus le résultat d’une communication de crise qu’autre chose, sont beaux, simples et, au même titre que les images, ont le mérite de faire leur petit effet. Un joli moment, non dépourvu d’émotion, un discours bien venu qui redore quelques peu le blason et l’image d’une artiste dont les moindre faits et gestes ne semble laisser indifférents une bonne partie du public. Tyla est une jeune femme fière et très ambitieuse, cela ne fait aucun doute, mais elle est aussi une personnalité dont sa patrie peut quelque part véritablement être fière.

Cette esquisse biographique achevée, intéressons-nous au tant attendu A*Pop.

A*Pop : manifeste identitaire et musical

Genèse : écriture, composition et enregistrement

Ce sont de premiers interviews donnés en juillet 2025, dans le cadre de la promotion de WWP, son second Extended Play sorti à l’été 2025, et d’autres sortis début 2026, qui permettront à Tyla de lever progressivement le voile sur le successeur de son premier effort discographique éponyme de 2024. En effet, un entretien donner au Magazine Rolling Stone, en février 2026, nous apprendra que la chanteuse s’est attelée à l’écriture et la composition de son second album, dés 2025, soit moins d’une année après la parution de Tyla, toutes les chansons proposées aujourd’hui sur A*Pop étant possiblement finalisées et prête à être exploitées commercialement dés cette période estivale de 2025. Un autre choix sera finalement fait. L’album, pourtant prêt, ne nous sera présenté que le 24 juillet 2026, soit plus de deux ans après la sortie de son prédécesseur. Ainsi avons-nous eu droit au prélude WWP. La chanteuse a pris son temps, manifestement ce qu’elle voulait, ce dont elle semblait avoir bien besoin. Aussi, dit-elle ne s’être jamais imposé où laisser imposer, de direction artistique préétablie avant les premières sessions de travail de l’album. La spontanéité de la création et l’authenticité artistique et musicale semblant, un temps, avoir pris le pas sur le perfectionnisme échevelé et l’ambition démesurée. Ainsi, revenant sur le processus d’élaboration de son nouveau disque elle déclare :

« [je] ne savait pas quel son [je] voulais obtenir, je savais simplement qu’au fur et à mesure que je vivais la création de l’album, tout finirait par se mettre en place, et c’est ce qui s’est passé. J’ai l’impression d’avoir créé quelque chose de vraiment original et tellement Tyla. »[198]

Toujours dans les colonnes de Rolling Stone, elle confie aussi que le processus de création de son second opus lui aura aussi permis d’expérimenter des éléments musicaux et stylistique nouveaux, en s’y « ouvrant », et en fin de compte, de gagner davantage en maturité sur le plan créatif. Ceci ayant été rendu possible par le temps dont la chanteuse, après que la vague Water a tout emporté sur son passage, a pu disposer. Ainsi, au fil des entretiens, elle révèle :

« J’ai l’impression que pour le premier album, c’était très mouvementé, une véritable course contre la montre. C’était comme une folie soudaine et débridée. Maintenant que je suis plus posée, je suis plus ouverte à ce qui se présente et je l’accepte tel quel. Car tout ce qui arrive est censé arriver à ce moment-là. »[199]

Aux Britanniques du magazine NME, elle raconte :

« Je l’ai terminé cette année [A*Pop]. Mais je l’avais commencé début de l’année dernière. Je n’aime pas me dire : « OK les gars, c’est l’heure de faire mon album », et me mettre à fond d’un coup, genre  » ttrrrr ! » Je ne voulais pas faire ça cette fois-ci. Je voulais vraiment vivre pleinement le processus de création. Au départ, c’était prévu pour l’année dernière. Mais j’ai senti que ça prenait cette tournure, que je devais me forcer à faire un album. Et je me suis dit : « Non, je ne veux pas faire ça. » »[200]

Dans les pages de Variety, elle renchérit :

« J’ai eu plus de temps pour travailler sur cet album que sur le premier, donc j’ai beaucoup de chansons », dit-elle. « Il sonne vraiment actuel ; cette fois, je vis ce que je chante, et il est beaucoup plus personnel », conclut-elle avec un sourire. « Beaucoup plus moi. »[201]

A la lumière de ces différentes déclarations, pouvons-nous donc nous attendre à ce que cet album soit bien diffèrent de son prédécesseur, très personnel donc, et peut-être sans compromis ni facilités, à l’image de son interprète, résolument africain. C’est en fait bien l’Afrique elle-même qui se trouve être le cœur de ce nouveau projet musical.

Des sessions d’enregistrement ayant donné ce que renferme A*Pop, différentes parutions nous apprennent que, si plusieurs d’entre-elles se sont déroulées entre l’Europe et l’Amérique, avec, notamment des étapes catalane et californiennes[202], c’est bel et bien originellement sur la terre natale de la chanteuse que ces chansons ont été écrites, ont éclosent. Tshedza Magugumela, journaliste, dans un papier de sa plume, paru dans Billboard Africa, rapporte l’anecdote selon laquelle les sessions d’écriture du disque se sont tenues en pleine nature sud-africaine, dans les environs de la mégalopole johannesbourgeoise, où des studios et ateliers mobiles avaient été montés. Les câbles serpentés entre les arbres, le matériel, lui, ne faisant qu’un avec la nature, ce qui, nous rapporte-t ’il, était tout à fait intentionnel[203]. La volonté de Tyla était de pleinement se connecter à nouveau à ses racines et cet environnement unique qui est le sien depuis son plus jeune âge et qui a donc, en quelque sorte, pleinement façonné la femme qu’elle est aujourd’hui. Un environnement, une expérience que ces différents collaborateurs devaient donc, eux aussi, vivre. Sur ce point, dans ce même article de Billboard Africa, elle nous dit :

« C’était un peu caché dans les buissons. Je voulais renouer avec mon âme d’enfant pendant sa création. Chaque matin, je me réveillais au milieu des singes… des insectes… de la nature, tout simplement. C’est ce qui a bouclé la boucle pour l’album. »

En toute logique, revenant sur l’écriture d’A*Pop, elle confie à la radio française NRJ :

« Je pense que je choisis très consciemment les lieux où je travaille. Quand j’ai enregistré l’album, j’ai tenu à le faire en Afrique du Sud, au cœur de la nature. J’ai l’impression que le cadre influence la façon dont tu écris. Ça t’inspire pour trouver de nouvelles idées »[204].

A*Pop se veut donc, nous l’aurons compris, un opus résolument africain et, surtout intrinsèquement sud-africain. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil à la liste des titre gravés sur cette galette. On constate que des quatre duo proposés, trois le sont avec des pairs compatriotes de la jeune Tyla. Celle-ci faisant aux grés des compositions diverses place à Liquideep, MaWhoo et Babalwa M. Invitée à revenir sur cet aspect spécifique de son second effort discographique, elle dévoile :

« Vous savez, ce n’était pas intentionnel. Il n’y a pas de raison particulière. Honnêtement… j’ai terminé l’album en Afrique du Sud parce que j’en avais vraiment envie. (…). Vraiment. Alors, j’ai insisté pour le faire dans un endroit qui me rappellerait les lieux où j’allais quand j’étais plus jeune, ceux où mes parents nous emmenaient. C’était comme nos vacances. (…). Nos vacances, c’était au milieu des insectes, des mouches, dans les arbres, à jouer et à rencontrer des gens. Je voulais retrouver cette ambiance en le terminant. (…) Je les ai simplement invités au camp, car j’avais déjà travaillé avec Babalwa M. Elle, MaWhoo, Liquideep. »

« Je les ai juste invités et on a fait de la musique tous ensemble. On faisait juste de la musique ! Et je suis tombée amoureuse de ce que Babalwa a fait. Elle l’a fait sur un rythme différent, mais je me suis dit : « Non, il me faut ça ici. » Et la façon dont on l’a fait était tellement belle et ça collait parfaitement. MaWhoo aussi, on a fait cette chanson juste en faisant la fête dans une pièce, et pendant que la fête battait son plein, on essayait d’enregistrer. (…). On essayait d’enregistrer des passages, et ce souvenir, c’est pour ça que je voulais cette chanson. (…). Cette chanson me rappelle un souvenir que je veux garder précieusement, alors je la voulais sur l’album. Et avec Liquideep, c’est la chanson avec laquelle j’ai grandi, et j’ai toujours voulu la reprendre (…)[205].

Son africanité revendiquée, cet album et son interprète l’affichent d’emblée, en lettres capitales. De ces caractères bâtons, l’Afrique est le premier. Ensuite, et seulement ensuite vient la caractéristique Pop. Le message est clair : A*Pop affiche la couleur et se revendique un disque d’African Pop. A*Pop est aussi vu comme le pendent noir de la musique générique Pop coréenne, la fameuse K-Pop, qui est arrivée chez nous ces dernières années et est aujourd’hui très « populaire », au sens propre, auprés d’un jeune public. Tyla ayant conclu un partenariat avec le mastodonte Hybe, les mauvaises langues peuvent s’en donner à cœur joie. Cela nous semblant malgré tout quelque peu réducteur…

Concernant cette revendication pleinement assumée, dans un article de Billboard Africa, elle affirme clairement :

« J’ai toujours rêvé d’être une pop star. Mais je détestais avoir l’impression de devoir m’adapter à la pop. Je voulais plutôt que ce soit la pop qui s’adapte à moi. J’apporte le « A » à la pop.  C’est de la pop africaine. La musique africaine est de la musique pop. »[206]

Lors d’une intervention au micro du podcast BigBoyTV, reprise dans les colonnes du titre TimesLive, elle nous dit :

« J’ai le sentiment qu’il est difficile de classer ma musique dans un genre précis, car j’y intègre une multitude d’éléments différents », a-t-elle déclaré. « En grandissant, j’ai été influencée non seulement par l’Afrique, mais aussi par le reste du monde, et j’ai toujours eu à cœur d’intégrer toutes ces facettes à ma démarche artistique. Pour moi, l’A-pop représente une nouvelle façon d’envisager la musique africaine.

 La musique africaine évolue, et elle ne sonnera pas toujours comme *Le Roi Lion* », a-t-elle fait remarquer. « Les gens s’attendent à ce que vous ayez un certain son ou que vous soyez une « artiste africaine », mais qu’est-ce que cela signifie vraiment pour cette génération ? J’apporte la touche « A » à la pop, quel que soit le genre de musique que je crée. »[207]

Tyla Seethal est africaine, sa musique, elle, l’est aussi. C’est ainsi.  Cette affirmation identitaire et culturelle est aussi, à bien des égards, une réponse franche et directe adressée directement à ceux pour qui la jeune femme ne semble pas assez noire pour n’être autre chose que suspecte à leurs yeux[208]. Le débat, en apparence, est clos. Un débat qui, deux ans durant, semble bien avoir affecté la jeune femme plus qu’elle ne semble le laisser paraitre en public encore aujourd’hui[209].

A*Pop nous propose le travail de pas moins de quatorze producteurs différents. Quatorze ! Au casting, on retrouve donc Believve, DameDame, the Elements, Jonathan Hamilton, Akeel Henry, Ian Kirkpatrick, Loof, Mocha Bands, Cole Ostrin, P2J, Ari PenSmith, Thabo « Ryzor » Shokgolo, Sammy Soso et, pour finir Sucuki. Belle brochette ! La production exécutive du projet revenant à Brandon Hixon, Colin Gayle, Ezekiel Lewis et Tyla Seethal. Le mixage de l’album est l’œuvre de Leandro Hidalgo et de son assistant Javier Ruben de Vries et Aidan Duncan. Quant au mastering final, réalisé à Atlanta, en Géorgie, c’est Colin Leonard[210] qui s’en est occupé, au Sing Mastering Studio. Collin Leonard, qui est notamment connu pour avoir breveté la technologie du même nom, Sing, qu’il utilise aujourd’hui sur nombre de productions dont il a la charge. Une technologie qui, comme le mentionnent les crédits de l’album a été utilisée à l’étape du mastering, la dernière étape de « retouche » sonore, avant le pressage sur support, pour l’album A*Pop. Son objectif est notamment de permettre, lors de la dernière étape du traitement audio, d’obtenir un master très fort, très clair et très détaillé, tout en essayant de préserver la dynamique et la qualité du son. Sur un opus accueillant le travail de tant de producteurs différents et des styles et genres variés, la recherche finale d’harmonie, d’homogénéité et de cohérence sonore est donc tout bonnement essentielle. Sur A*Pop le titre Popiano suit la chanson aux influences R&B et peut tout aussi bien précéder un titre résolument Dancehall ou Afrobeat. De cohérence et d’harmonie A*Pop ne manque nullement et, aux vues de la pléthore de producteurs associée à la conception de l’album, cela est avoue-on le plutôt bon signe.

Il nous faut nous plonger dans les crédits de l’album pour tenter d’y voir un peu plus clair. A leur lecture, on peut déduire que Tyla et son équipe ont fait justement appel à différente équipes. Ainsi, du tout se dégagent différents ensembles : Sammy Soso, Ari PenSmith[211], Believve[212] et Mocha Bands[213], tout d’abord, les « historiques », pourrait-on dire, l’équipe créative sur laquelle elle a jusqu’à maintenant toujours pu et su s’appuyer. Ceux qui, présents aux côtés de Tyla Seethal depuis ses tout débuts professionnels, ont en quelques sortes édifié ce fameux Popiano grâce auquel la chanteuse sud-africaine se démarquera. Sammy Soso est de très loin le cas le plus emblématique. Il a coproduit Water, avec Corey Marlon Lindsay-Keay, et a travaillé sur environ une dizaine des treize titres du premier album, Tyla. Encore très présent sur A*Pop, Il s’est notamment penché cette fois sur les chansons Is It, Mr. Nonchalant, She Did It Again et Hot Tubs. Ari PenSmith, Mocha Bands et Believve, eux, faisaient déjà partie de l’équipe de production de Tyla en 2024 et ont ensuite travaillé ensemble sur l’E.P. WWP, sorti à l’été 2025[214]. Un titre comme Is It, Présent sur A*Pop, mais connu depuis plus d’un an, car présent sur WWP, au même titre que la chanson Mr Media, nous donne un intéressant aperçu du rendu du travail qu’ils abattent en trio.

Ensuite, notables sont les apports à A*Pop de trois autres producteurs : P2J[215], Cole Ostrin, et Ian Kirkpatrick[216]. Ces trois hommes assurent au son de l’album son côté très meanstream, global, international et grand public. Ils font tout trois le nécessaire pour que l’oreille occidentale ne soit ni désarçonnée ni perdue et le font plutôt fort bien. P2J, pilier et fondateur de la fusion Afrobeats-R&B et qui a notamment travaillé avec Wizkid, Beyoncé, Burna Boy, Tems, Doja Cat, Stormzy, ou FKA twigs produit les chansons suivantes : Is It Love, Double Blind, Feel Something, Right Now et Crazy Of Me. Aux vues de ses différentes collaboration, P2J assure une cohérence au sein du disque entre différents genres comme Afrobeats, R&B, Pop occidentale et musique africaine. Avec Ian Kirkpatrick, qui lui, a collaboré avec Dua Lipa, Justin Bieber, Britney Spears, Selena Gomez, Katy Perry, Shakira, Jason Derulo, Sabrina Carpenter, Nick Jonas et The Chainsmokers, entre autres, il assure la coproduction des compositions Chanel et Kiss. Ian Kirkpatrick apporte sa « caution internationale » à l’album et ses accents résolument Pop, presque sophistiqués et « moderne », mais, par l’entremise unique de la coproduction, sur deux chansons uniquement. Intéressant à relever le concernant, l’homme se décrit lui-même comme « toqué », maniaque dans son travail de production, recherchant les sons les plus impactants avec le moins d’éléments superflus possible[217]. Nous sommes donc prévenus.  Ainsi, il semble évident qu’A*Pop se veut point de rencontre. Principalement, entre Popiano, Amapiano, R&B, Pop et Afrobeat dans une structure pop internationale très efficace. Depuis le début de l’exploitations de titres nouvellement présents sur A*Pop, soit depuis la publication de Chanel, ceux sont ces deux-là qui semble avoir le plus influés sur la direction musicale et artistique, finalement prises lors de la conception du disque, Cole Ostrin, nouveau venu dans cet ersatz d’auberge espagnole, partage les crédits avec P2J sur Is It Love et signe seul le rendu sonore de That Girl.

 En outre, aux cours de différents entretiens promotionnels, Tyla a aussi révélé avoir travaillé avec d’autres producteurs américains lors des sessions organisées en Afrique du Sud. Ce qu’une certaine presse relayera, en mars 2026, notamment[218]. Plus précisément, on rapporte les noms de Dre Harris (qui a travaillé avec Michael Jackson, The Notorious B.I.G., Usher et Mary J. Blige, entre autres), crédité comme coproducteur sur le morceau Better Than This, Poo Bear (Justin Bieber), ici déclaré co-auteur du titre Right Now et Troy Taylor (proche de Trey Songz), qui s’est chargé de la production vocale sur le disque et la majorité des pistes qui le composent.

Enfin, sont présent sur cet opus les différents producteurs ou productrices compatriotes et/ou nouveaux venus sur un projet musical labellisé « Tyla » : Jonathan Hamilton, The Elements, DameDame, Sucuki, Loof, Thabo “Ryzor” Shokgolo et Akeel Henry. Ils permettent de conserver une identité intrinsèquement africaine, tout en renouvelant les textures et sonorités présentes aux origines dans la musique de Tyla. Pour un opus affichant l’ambition de prouver que la musique africaine est aussi de la Pop et que celle-ci à droit de citer au niveau mondial, la présence de producteurs sud-africain était à la fois cohérente et résolument indispensable. Tyla doit, avec son second album, pouvoir, en chanson, défendre, ce qu’elle clame à force d’entretiens de toutes sortes. Aussi, sur A*Pop, son équipe et elle, ont-ils eu la bonne idée de ne pas abandonner l’équipe qui avait façonné le son du premier album au profit d’une équipe nouvelle venue du continent nord-américain et presque exclusivement tournée vers des productions aux sonorités Pop et R&B, par exemple. Ici, Tyla conserve son noyau originel de producteurs africains ou non, tout en faisant appel à quelques pointures internationales.

Et la jeune femme semble pour le moins fort enthousiaste à l’évocation de ses différents professionnels avec lesquels elle a eu la chance de travailler, s’aguerrir et se lier véritablement. En effet, pour NME, elle rapporte :

« Je les adore. Believe aussi. Je le connais depuis ma toute première séance d’écriture, peu importe comment on l’appelle. Et lui non plus n’avait pas fait grand-chose avant de me rencontrer. Du coup, on a l’impression d’être comme Finneas et Billie. (…) Musicalement, on a énormément évolué ensemble, et on a vraiment commencé ensemble, cette idée de mélanger mes racines et les horizons que je pouvais explorer. »

« Et après, on a fait Water puis j’ai rencontré Sammy SoSo, Ari et Mocha [Bands]. (…) On est comme une famille maintenant. Du coup, c’est toujours un plaisir de se retrouver et de faire de la musique, parce qu’ils me connaissent tellement bien que c’est très naturel, on improvise. »

« Et puis, j’ai aussi rencontré une super amie, Bibi Bourelly. (…) Elle est tellement talentueuse, tellement géniale. Dougie, Ian Kirkpatrick, Andre, Poo Bear… J’ai fait une session avec Poo Bear[219] et on a écrit « Right Now » ensemble. C’est là que j’ai vraiment commencé à être plus ouverte à parler de ces choses-là. C’est là que tout a commencé, l’année dernière. Je savais vraiment avec qui je voulais travailler. Même DameDame. (…). »

« J’ai travaillé avec tellement de talents, j’ai tissé de véritables liens avec eux – j’ai beaucoup appris d’eux. Je me suis lancée dans toutes les aventures, consciente de ne pas tout savoir, et puis quoi encore ? Je suis novice, ce n’est que mon deuxième album. »[220].

Sur le plan sonore, nous ne sommes point surpris à la première écoute du disque. En effet A*Pop, à l’image de bon nombre de productions mainstreem actuelles, et surtout celles se voulant orfèvreries Pop et R&B destinées à séduire toutes les oreilles ou presque, donne à entendre un rendu sans aspérités aucune. Chaque élément se voit parfaitement à sa place, parfaitement calibré et poli. Rien ne fut laissé au hasard lors du mixage en studio et cela peut être aisément perceptible. Même les rythmiques, gimmicks et beats de l’amapiano sont ici déployés dans un périmètre clairement reconnu. Sur A*Pop, nulle place n’est offerte à une quelconque forme d’improvisation ou d’expressivité captées sur le vif par les micros. Ce n’est ici point l’objet. A*Pop a d’autres buts et doit permettre à la Pop venue d’Afrique de se faire une place dans les différentes listes d’écoute de ses potentiels millions d’auditeurs à travers le monde. Peut-être même bien, les listes d’écoute nord-américaines et européennes en priorité. Aucun risque n’est prix et les chances maximisées. Le résultat semble tout à fait conforme aux attentes. Le résultat est si léché qualitativement qu’il est presque abusif d’y trouver très concrètement quelque chose à redire. Très appréciable aussi est le travail réalisé par Troy Taylor, l’ingénieur vocal, dans son traitement de la voix de Tyla. Celle-ci étant toujours mise en valeur avec justesse. Un constat que l’on peut, bien-sûr, faire concernant celles des autre chanteuses et chanteur présents sur cet opus.

A l’image de ce que Tyla nous a déjà livré, A*Pop propose une collection de chansons fort bien produites et très homogènes, tant sur le plan de la production et la qualité intrinsèque du son que sur le plan purement structurel des différentes compositions qu’il renferme. Depuis ses débuts, la jeune sud-africaine nous y a habitué (elle est d’ailleurs très loin d’être la seule) ; elle nous gratifie une nouvelles fois de chansons dotées d’une structure classique pour l’époque et que nous pourrions nous risquer à qualifier si ce n’est de simple, au moins d’évident dans le classique déroulé couplet/refrain/point. C’est qu’aujourd’hui, le temps de la musique dite « complexe », aux différentes phases proposées sur plusieurs minutes, et bel et bien révolu. Nous sommes depuis longtemps dans l’ère de la chanson courte, excédant très rarement les quatre minutes. Sur ce point Tyla et son armada restent fidèles à eux-mêmes et aux codes du Popiano qu’ils ont contribué à populariser ces dernières années, depuis la parution du premier titre de la chanteuse.  Là-dessus aussi, A*Pop s’inscrit pleinement dans la continuité sonore et structurelle des Tyla et autre WWP. Son homogénéité globale et sa brièveté ne rendant son écoute que plus aisée et agréable. Une homogénéité sonore, structurelle et une brièveté des compositions qui, bien que demeurant très efficaces et accrocheuses, peuvent parfois laisser un arrière-gout de redondance, sans que cela ne se révèle véritablement préjudiciable, même après plusieurs écoutes.

Comme son prédécesseur, A*Pop ne s’éternise pas, pas du tout. Là où Tyla, dans sa version standard, affichait une durée totale de quelques trente-huit minutes et vingt-neuf secondes, se second opus se développe, lui, sur à peine quarante-trois minutes et cinquante-neuf minutes. Le titre le plus long du disque, Crazy Of Me, affiche quatre minutes et douze secondes au compteur, Mr Nonchalant, le plus bref, deux minutes et dix-sept secondes. Une exception, dans la discographie personnelle de la demoiselle est Shake Ah, gravé sur la réédition du premier album, qui s’étale sur près de cinq minutes et quarante-neuf secondes. Au rayon des brèves, se trouve en première place l’Intro de ce même disque, même s’il peut sembler difficile de donner à ces quelques dizaines de seconde le qualificatif de morceau ou chanson au sens strict. En un mot comme en cent, et pour filer la métaphore hydrique, A*Pop ne passe pas, il coule, très simplement, très naturellement et, surtout, très vite. Cela, par beaucoup, sera considéré comme un atout.

A*Pop rassemble quatorze titres, quinze, si l’on considère Selfish, chanson présente sur l’édition physique japonaise du disque compacte, ainsi que Better Than This, qui lui se retrouve sur l’édition vinyle de l’album vendue chez Target. Quinze chansons sur lesquelles nous allons maintenant nous pencher.

A*Pop : essai transformé ou échec et mat ?

C’est sur le titre Is It Love ? que s’ouvre A*Pop. Une plage titulaire qui d’emblée dans le ton du programme proposé à l’auditeur sur l’ensemble de l’opus ou presque, ses caractéristiques fondamentales se trouvant communes à l’ensemble des pièces musicales gravées sur ce disque. Ce morceau Popiano, qui propose une ambiance comparable à celles proposées sur bon nombre d’albums de R&B du milieu des années quatre-vingt-dix ou du début des années deux-mille, donne à entendre dès son entame un son de clavier reproduisant un motif de six cordes simples mais accrocheur. Le chant se fait entendre ensuite. Dés cette entrée en matière, on apprécie la mise en valeur de la partie vocale qui, tout au long du morceau, imprime un gimmick reconnaissable à force de répétitions de syllabes en rimes finale, notamment. Le chant semble ici tout à fait au service de la rythmique de la composition. A cela s’ajoute l’utilisation à propos de l’effet d’écho qui en accentue joliment l’accroche. Les vingt-cinq premières secondes passées, c’est au tour du Log Drum d’intervenir pour imprimer à cette chanson mid-tempo un motif de percussion se substituant, par effet de répétition en boucle simple, totalement à la guitare basse, tout en étant discrètement soutenu par un clavier. A la frontière des deux minutes, Le chant offre quelques très discrètes variation sur un même ton, accompagnées par de jolies harmonies vocales, en arrière-plan. La fin, plutôt abrupte, de ce morceau est égaillée par le motif de synthétiseur évoquant la guitare à l’entame, qui ici se voit repris quasiment à l’identique. Un titre simple, très efficace et qui remplit correctement son rôle. La vidéo, réalisée par Aerin Moreno, montre Tyla dansant dans un appartement qui se dégrade progressivement, tombe en ruine pendant qu’un intérêt amoureux l’observe depuis une fenêtre, restant physiquement proche mais émotionnellement distant[221]. Ces images font echo aux paroles et à la question que celles-ci posent : une relation amoureuse doit-elle, pour être prétendue authentique et réellement vécue, faire obligatoirement faire souffrir l’un aux dépends de l’autre, ou vice versa : « Is it love? Is it love if you don’t cry, cry, cry? / It doesn’t mean shit if I don’t see tears in those eyes/ Is it love? /Is it love if you don’t cry, cry, cry? »

C’est ensuite pour à peine moins de trois minutes que nous arrive That Girl. Une chanson qui, comme la précédente, fait la part belle aux influences et sonorités R&B sur une ligne synthétique de basse déroulée tout au long des deux minutes cinquante-sept du morceau. Un morceau introduit au rythme modéré sur lequel la voix de Tyla se voit encore agréablement mixe en avant dans le mixage du titre. Les couplets chantés donnent à entendre des répétions de syllabes et de sons accrocheurs, pour le plaisir des oreilles. Un gimmick vocal, et une technique, également répétés sur le pont de la chanson. Un titre bref, efficace, s’inscrivant tout à fait dans la lignée du précédent. Ce simple, sorti au même moment que l’album qui nous occupe, sera épaulé pour sa promotion par une vidéo réalisée par Mila Rowyszn et Oliwia Drożdż, et mêle prises de vues réelles et animation en 2D, dans un univers fantastique rappelant l’esthétique visuelle de l’album. On y voit Tyla interagir avec un tigre animé et son propre reflet en dessin animé, dans une ambiance tamisée au néon, caractéristique et leitmotiv de la promotion de A*Pop[222]. Si ce clip est celui qui de tous s’inscrit le plus dans la thématique globale de l’album et sa charte graphique, il est aussi, indéniablement, hélas, celui dont la parution placera, pour la énième fois, Tyla au cœur même d’une polémique… Une de plus ! Juste une (« pour la route », comme on dit chez nous)… La controverse éclate finalement fin juillet 2026. Des internautes accusent la vidéo d’avoir été générée ou fortement assistée par intelligence artificielle, en raison de son style d’animation jugé inégal. Les soupçons s’intensifient au moment où des critiques découvrent que Biuro, la société d’animation ayant travaillé sur le clip, avait déjà utilisé l’intelligence artificielle dans ses précédents projets, sans que cela ne prouve de fait que ce clip précis en soit le résultat[223]. Certains internautes évoquant même une inspiration visible du personnage d’Holli Would du film Cool World (réalisé par Ralph Bakshi et sorti 1992), estimant que le concept était bon mais mal exécuté par les animateurs[224]. D’autres avançant plutôt l’hypothèse d’un coup marketing volontaire pour générer de grandes retombées médiatiques.  Enfin de compte, Tyla fini par réagir publiquement pour se défendre face à ces accusations, sans que celles-ci n’aient été formellement confirmées[225]. Qui se défend s’accuse dit-on. En termes de sabotage promotionnel, difficile de faire mieux ou pire, c’est selon… Le texte de la chanson, écrit évidemment sous l’angle féminin, narre les déboires d’une jeune femme cruellement en manque d’attention de la part de son compagnon : « Toss da dollar, send it in/ Comma, comma, dividends/ Blow some more I’m giving in, giving in, giving, giving in/ Toss da dollar, send it in/ Comma, comma, dividends/ Blow some more I’m giving in, giving in, giving, giving in. »    

Nous sommes ensuite comme invités à investir la piste de dance avec Kiss. Une chanson se démarquant aisément des deux précédentes par ses sonorités faussement Disco et Dancehall. Dès l’entame du titre, c’est le clavier qui donne le rythme, toujours par l’entremise d’accords simples et accrocheurs et en boucle, bien sûr. La voix vient très vite s’y plaquer et son couplet se fait vivace, bien aidé en cela par le matraquage de la rime. Du pont, se dégage un peu plus de douceur dans le ton et l’harmonie, alors que le rythme décélère légèrement et que le ton dégage plus de sensualité. Le refrain que l’on nous donne à entendre se voit faire bien soutenu, voir comme « amplifié » par les percussions du Logdrum, qu’il supplée efficacement dans l’accroche de notre oreille, notamment par la présence et l’utilisation d’une onomatopée répétée, qui n’est pas sans évoquer ladite sensualité se dégageant par moment du chant ou le plaisir, le désir. Un constat que l’on peut aussi dresser à la lumière des mots, grâce auxquels Tyla évoque un amour obsessionnel pour un ancien amant, entre impression de déjà-vu et nostalgie : “ Kiss, kiss/ Every time you kiss my lips, I get/ Déjà vu, I’m reminded/ Missed when it felt like this right here/ Kiss/ Know what’s on ya mind like I’m psychic/ The look in your eyes, so enticing/ Love when it get like this right here.”     

Après la piste, le terrain, connu cette fois, celui de Is It. Cette composition, précédemment sortie, se trouvant originellement sur l’Extended Play WWP, dévoilé l’an dernier. Les truchements du studio l’affadissant légèrement moins à l’entame, au contraire de sa version « clear », téléchargeable sur les différentes plateformes. Un titre aux sonorités et du calibre de ceux auxquels la demoiselle nous a habitués jusqu’à maintenant. Les amateurs ne seront ni surpris, ni déçu d’entendre une chanson, d’à peine deux minutes et quarante secondes faisant place immédiate à une boucle de percussion se déployant pareillement jusqu’à la fin de la plage au rythme modéré. Si le rythme est modéré, la prestation vocale, elle, se déploie avec un peu plus de maestria, surtout sur le refrain et se part à certains moments d’accents quelque peu lascifs, pour un bel effet. Le clip qui promeut le morceau est l’œuvre d’Aerin Moreno et met en scène la chorégraphie dite « Bacardi »[226], désormais associée à l’esthétique scénique de Tyla, jusqu’à déclencher une véritable scène de fête collective à l’écran[227] . C’est l’incertitude, le doute, voire la crainte qui se mêlent dans les paroles de cette chanson évoquant le début hésitant de toute relation amoureuse, ou presque : “ I can’t leave/ I can’t leave/ Leave you alone with your eyes on me, no/ I can’t leave/ I can’t leave/ Dancing alone don’t look right on me, yeah/ I can’t leave/I can’t leave/ Leave you alone with your eyes on me, no/ I can’t leave/ I can’t leave/ Dancing alone don’t look right on me.”     

Les sons aux influences plus directement nord-américaines s’effacent ensuite au profit d’un retour au pays natal, le temps d’entendre, d’découvrir ou redécouvrir une reprise, celle de Fairytale, de et avec Liquideep, Jonathan Hamilton , et Thabo Shokgolo, à qui nous devons cette ballade Pop, étant tous deux présents aux côtés de Tyla pour l’occasion, arrive ensuite. C’est une boucle de synthétiseur assez chatoyante qui ouvre cette chanson, dont l’original avait originellement paru en l’an 2009, que l’on retrouvait ensuite sur l’album Oscillation, sorti l’année suivante, avant de se poursuivre sur un tempo lent et inchangé jusqu’à se clore définitivement au bout de trois minutes et trente secondes exactement. Un instant qui, décidément, passe bien vite. De ce beat instrumental, paraissant aussi simple qu’efficace, se dégage une douceur intrinsèque, un profond sentiment de nostalgie, subtilement nuancés par l’efficacité des mots simples chantés, parant cette ballade des plus beaux atouts seyants à une orfèvrerie Pop de qualité. Ce, sans ne jamais tomber dans l’excès. De nuances et de douceur, son très efficace refrain ne manque point non plus. Les voix de Tyla et d’Hamilton tantôt y sont à l’unisson, tantôt s’y répondent magnifiquement, le morceau s’achevant finalement comme il avait commencé : tout en douceur, sur une nappe de clavier et une boucle de Logdrum. Cette reprise ne dépare en rien l’original, ce qui est plaisant à souligner, et saura évoquer bon nombre de souvenirs à celles et ceux ayant eu la chance de découvrir cette composition en 2009. Pour les autres, entendre et découvrir Fairytale en juillet 2026, n’impliquera pas de l’entendre chantée et reprise par la seule Tyla, mais par Tyla et Liquideep. Ainsi, par la présence du duo et interprètes d’origine, cette reprise braque t’elle, sans mots dire, les projecteurs sur l’œuvre primaire d’Hamilton et Shokgolo, c’est en soit une autre réussite, car ce morceau, tout en se faisant pleinement respectueux du matériau originel, constitue l’un des moments les plus agréable et réussi de tout l’album, se démarquant aisément de plusieurs autres titre par le genre dans lequel il s’inscrit pleinement (Point de Popiano à proprement parler ici, mais bien plutôt de la Pop/Neo Soul). Un morceau de transition au sein d’A*Pop et une fort belle conclusion à son premier tiers. Si le doute est au centre du texte précédent, nous avons ici droit à son antithèse parfaite. En effet, le titre nous éclairant, nous découvrons sur ce cinquième titre la narration de l’amour dans toute son idéalisation. Véritable chimére fantasmée et, au final, simple conte de fée : « Can I be your fairytale?/ Promise I will love you well/ Be your fairytale/ Promise I will love you well/ Can I be your fairytale?/ Promise I will love you well/ Be your fairytale/ Promise I will love you well.»       

Vient ensuite Double Blind, une chanson d’ont le tempo est immédiatement imprimé par une boucle de Logdrum à la tonalité modérée et qui, à l’exception de quelques très légères oscillations, à l’entame du refrain ou du point, demeure identique est se déploie uniformément jusqu’au terme des deux minutes et vingt-neuf seconde de ce morceau. Le chant, sur cette composition, se fait plus langoureux que précédemment, se parant joliment et efficacement de jolis accents, manifestement empruntés à la Soul ou au R&B. Ceci peut être plus particulièrement perçu avant la minute ou sur le pont de la chanson. Sur la seconde moitié, le rythme s’accélère faussement. L’ensemble se conclu presque avec un motif rythmique rappelant une guitare qui se voit mêlé aux autres éléments sonores, notamment l’écho placé sur la voix, pour un final assez sympathique. L’amour rend aveugle, c’est bien connu. Tyla se chargeant élégamment de le rappeler à celles et ceux qui, peut-être l’auraient oublié. Dans ces couplets la narratrice semble elle-même se décrire comme voulant uniquement suivre et assouvir les désirs d’autrui, en s’oubliant totalement, en s’y soumettant : « Double blind/ Recognizing/ You anchor me/ Even though we go wild/ What it is, baby?/ I don’t wanna fall, but tell me, would you jump from here?/ I’m ready to dive/ Following your orders/ Show me what you want from me.»

C’est une ambiance quelque peu différente que nous permet de découvrir Feel Something, la pièce centrale de l’opus. Le motif mélodique joué au clavier en introduction confère presque immédiatement à ce titre son ambiance presque intimiste et propice à la confidence. Une impression que viennent vite contrebalancer la boite à rythme et la pulsation rapide qu’elle imprime. Si l’ambiance créée est intimiste, l’atmosphère feutrée, la boucle rythmique y introduit savamment un sentiment d’urgence, ceci se vérifiant surtout à l’exécution des couplets. L’effet produit se révèle plutôt efficace. La ligne vocale est ici aussi belle que celle du titre précédent, il s’en dégage comme une sensualité assumée. Passé les deux minutes le chant semble comme s’appuyer sur des influences aux intonation presque Soul. Le propos des paroles se laisse aisément deviner : une femme souhaite, et demande, à éprouver un sentiment, mais véritable uniquement : « Make me feel something, oh/ I wanna feel it, yeah/ Make me feel something, oh/ I wanna feel it, yeah. »

C’est Right Now qui vient ensuite. Un titre qui dés le départ, à l’image de nombre d’autres titres, s’articule sur une ligne de basse profonde et une boucle de percussion assez saillante. On remarquera que sur cette ligne de basse se plaque en introduction une voix passée au vocodeur, effet qui n’est utilisé de la sorte nulle part ailleurs sur ce disque. La ligne de chant entendue ici emprunte, comme de coutume ou presque, aux influences étrangères de la chanteuse, celles du R&B avant tout. On y découvre aussi d’intéressants changements de registres en voix de tête ou non. Aux aigus bien exécutés succèdent les notes plus graves et basses pour un rendu assez sympathique et somme toute, assez réussi. La chanson vaut aussi pour son excellente utilisation du gimmick de répétition qui donne comme corps et profondeur à la rythmique du morceau. La seconde moitié de cette composition, notamment grâce aux variation proposées sur la ligne de chant, offre un intéressant contraste avec la première. Enfin, notons que cette chanson se referme plus ou moins comme elle avait commencé : Par la reprise du gimmick vocal et « vocodé » présent dans son introduction. Un titre avec une touche plus ou moins expérimentale. C’est l’ambiguïté et le double jeu qui se trouvent au centre des préoccupation de la narratrice. Les paroles évoquant l’initiative nécessaire à la seconde chance et la conscience du potentiel danger que cela représente, quitte à ne pas accepter d’en tenir compte : “ Say now, say now/ I know that you miss me, but you play it down/ I know that you miss me, but you play it down/ All this back and forth, what we playing?”         

Mr Nonchalant, le plus bref titre de l’opus, affichant tout juste deux minutes et dix-neuf secondes au compteur, prend la suite. Comme son prédécesseur, ce titre d’emblée se distingue par la présence d’une ligne de basse assez massive et produite au clavier, accompagnée par l’habituelle boucle de percussion, elle aussi synthétique évidement. Cette chanson semble comme faire l’éloge de la vitesse, de la brièveté, de la simplicité et, surtout de l’efficacité. Une composition de plus spontanée, écrite comme toute entière pour sa rythmique. Le chant semble lui du même acabit, paraissant assez énergique et étant, comme souvent là aussi prétexte à l’accroche par l’entremise de la syllabe inlassablement répétée. Si ce titre aux forts relents d’années 2000 s’impose comme l’un des plus efficaces de l’album, il donne aussi clairement l’impression de souffrir des défauts de ses qualités et aurait clairement mérité de gagner, si ce n’est en profondeur, une conclusion bien moins abrupte. L’impression d’inachevé eut été moins grande. Une composition dont les paroles évoque directement la désillusion amoureuse et affective d’une femme n’ayant en face d’elle qu’un mur, construit par un partenaire des plus distants: “I get mine, I don’t get shy/ No, it’s not what it looks like/ Real bad but it sit nice/ Fine shit, gotta look twice/ No special occasion/ But you could wear me like a neck tie/ From what I heard through the grapevine/ It’s only right that we make wine.”

  Nous avons ensuite droit aux réminiscences des années 2000, et surtout à celles, directes et assumées, de sa Pop et de son R&B mainstreem, avec She Did It Again, le titre suivant. Une chanson dont le titre n’est pas sans directement évoquer l’un des plus grands succès de la carrière de mademoiselle B et qui nous propose de retrouver en duo avec Tyla la chanteuse Zara Larsson, ce qui n’est pas une première. Un titre qui lui aussi nous propose une piste instrumentale simple et calibrée, bâtie sur de menues percussions et quelques accords joués au synthétiseur, qui se déploie sur un rythme étonnamment modéré. Un écrin faisant la part belle à la simplicité et à la brièveté et sur lequel les deux voix féminines viennent ensuite se plaquer pour insuffler à la chanson son envergure. Celle-ci reposant en partie, et en contrepoint avec l’instrumental, sur la vitesse d’élocution et, évidemment, sur une accroche sonore imparable, faite ici grâce à la répétition d’onomatopées juste avant les refrains, ou encore le passage de la voix à travers le filtre d’un effet, ce en début et fin de titre. De quoi donné l’impression de linéarité et de continuité à cette composition. Les deux voix, de plus, se complètes plutôt bien et même efficacement, la voix au timbre faussement cristallin de Zara Larsson sonnant sur ses parties comme l’antithèse idéale à celle de Tyla, œuvrant, elle, dans une tonalité parfois légèrement plus grave. Un titre somme tout assez efficace et qui, pour l’auditeur occidental, sera entendu et compris comme un single évident à exploiter pour la promotion d’A*Pop. Certainement même est-ce là sa principale raison d’être, Zara Larsson, suédoise, étant la seule occidentale à pousser la chansonnette sur la galette. Aussi, revenant, dans les colonnes de Vanity Fair, sur la genèse de cette chanson, les deux jeunes femmes avancent :

« Elle (Zara Larsson) m’a contacté, on est allés dîner puis au studio. On s’est retrouvés à jouer nos morceaux respectifs en studio, et elle m’a proposé de participer. J’étais tout rouge ! [Cette chanson] où j’en suis musicalement en ce moment, et j’ai l’impression que collaborer avec Zara pousse la chanson encore plus loin dans le territoire pop sans perdre ce que je voulais qu’elle ait comme ambiance »[228].

La vidéo promotionnelle, des plus plaisantes, comme beaucoup l’on déjà fort justement souligné depuis sa sortie, nous rappelle l’esthétique et Beautiful Liar de, le duo entre Beyoncé et Shakira, sorti, lui, il y a déjà vingt ans[229]. Celles et ceux qui, justement il y a vingt ans étaient encore adolescents ou jeunes adultes se rappellerons donc, certainement avec joie et amertume, leurs heures passées devant MCM ou MTV… Quelle époque, quand même ! Un clip réussi, mais dont l’identité de réalisateur reste, de manière officielle, un mystère, aucune de nos recherches n’ayant permis de l’identifier avec certitude. On peut se plaire à imaginer Aerin Moreno derrière la caméra. Rien ne dit, toutefois que cela soit bel est bien le cas. Les paroles évoquent sans détour la volonté d’affirmation de soi et celle de la séduction féminine. Un thème bien connu et absolument idéal pour ce titre aux vues des références qui l’inspirent : “Uh-oh, uh-oh/ Uh-oh, uh-oh, « She did it again »/ Even when you feel like you can/ You can’t get me out of your head, I got you like/ Uh-oh, uh-oh/ Uh-oh, uh-oh, « She did it again »/ Even when you feel like you can/ You can’t get me out of your head”.     

Chanel arrive ensuite, bien servi qu’il est à l’entame par un son synthétique de caisse claire et une ligne de basse aussi ronde qu’efficace. Son accroche, si elle demeure des plus simple, est instantanée. Un motif qui se trouve en continu sur les quelques trois minutes et dix secondes que dure cette chanson. Le rythme conférait par ces percussions et la boucle de Logdrum est rapide et en lui-même nous livre l’essence même du titre : l’efficacité intrinsèque du motif répété, car sur A*Pop, il en est le parfait exemple. Le texte est déclamé de la même manière, son refrain reposant sur la répétition de deux phrases simples et phoniquement très proches, reposant sur assonances et allitérations, ce, même de manière indirecte. Seuls moments dérogeant plus ou moins à cette règle de styles les plus efficaces : Le pont et le couplet. Nous avons là l’un des titres les moins « aventureux », lais à contrario, l’un des plus immédiats de cet opus. Sortie en simple, cette chanson se voit mise en images par un clip de la réalisatrice et monteuse Aerin Moreno et « sténographié » par Ron Hartleben. Portant des pièces d’époque de la maison de haute couture, Tyla y rend un hommage à la mannequin Helena Christensen. Ainsi, nous la voyons porter plusieurs des pièces directement associer au look de cette mannequin danoise et ancienne miss Danemark de l’année 1986. (Coupe de cheveux courte, bustier rose porté en robe courte, notamment)[230]. La chanson, aussi efficace et sympathique soit-elle ne sera pas, avant même sa sortie, exempt de polémique et autres accusations de plagiat en effet, dès la mi-octobre 2025, la rappeuse Yung Miami (membre du groupe City Girls) accuse Tyla d’avoir « récupéré » le concept de « Chanel » à partir d’un titre inédit de sa création et intitulé Take Me to Chanel[231]. D’après les dires de Yung Miami, elle aurait fait écouter sa composition à Tyla lors d’une soirée où une vingtaine de titres furent diffusés, et se serait retrouvée quelques mois plus tard face à la sortie du titre de Tyla, construit autour d’un refrain très proche (« Put me in Chanel »). La polémique se ravive de plus belle à la sortie du vidéo clip, le 24 octobre 2025, Tyla continuant sa promotion sans avoir le courage de réagir publiquement dans un premier temps[232], Yung Miami maintenant résolument sa version des faits et annonçant vouloir sortir son propre titre pour laisser les auditeurs seuls juges[233]. Il faut attendre plusieurs mois pour que Tyla finisse enfin par s’expliquer publiquement, notamment lors d’une apparition dans l’émission Feeding Starving Celebrities de Quen Blackwell : elle y nie tout vol, explique que le concept de sa version lui fut apporté indépendamment par l’autrice-compositrice Bibi Bourelly, mais plusieurs mois après la soirée en question, tout en reconnaissant comprendre le trouble de Yung Miami face à la coïncidence[234]. De quoi, s’il en était besoin, écorner un peu plus une image publique qui, le temps passant, s’abime irrémédiablement. Dans les paroles, la femme est comme magnifiée par son amant et devient à la fois objet de luxe et digne de ce luxe :
« (Mm-mm) Put her in Chanel/(Mm-mm) Put her in Chanel/ How you say you love me? You ain’t put me in Chanel/ How you say you love me? You ain’t put me in Chanel/ How you say you love me? You ain’t put me in Chanel/ How you say you love me? You ain’t put me in Chanel/ How you say you love me? You ain’t put me in Chanel/ Say you love me, put me in Chanel.»

Le retour en Afrique du Sud se fait au son de la balade Crazy Of Me. Un duo sur lequel Tyla est accompagnée de la chanteuse Thandeka Nontobeko Ngema, dite MaWhoo, qui d’emblée se signale agréablement à nos oreilles par son introduction chantée en langue zoulou, langue maternelle ou seconde partagée par près de quatorze millions de Sud-Africain et idiome officielle du pays, aux côtés des onze autres[235], qui se voit soutenue par quelques accords de guitare. Des accords bienvenus, accompagné du désormais habituel gimmick de percussion et dont la simplicité suffi à conféré à cette chanson déployée sur un tempo modéré, une ambiance, une couleur particulière. Il se dégage de ces choix comme une impression de sérénité retrouvée, tranchant d’un plis bel effet avec les compositions précédentes. Le même constat peut être fait pour la prestation vocales des deux jeunes femmes sur le morceau dans son ensemble. La voix suave de Tyla retrouvant ici son flot cristallin, agrémenté de quelques jolies aigues, aisément reconnaissable et agréable. L’accroche faite avec la langue zouloue se révèle, elle aussi, efficace et fait son petit effet. Vers une minute et quarante-six secondes, le rythme semble s’accélérer légèrement, les voix se répondent, se mêlent ensuite pour, au final, apporter un peu plus de profondeur à une très belle prestation. Dans le dernier tiers de la chanson, c’est une nappe de synthétiseur qui lui assure un final empli de douceur. Cette chanson, en plus d’être la plus longue contenue sur l’album (quatre minutes et treize secondes tout de même !), en est certainement l’une des plus abouties et réussies. Les vers de la chanson transcrivent un sentiment de perte, la nostalgie consécutive au fait d’avoir laissé mourir une relation pour ne pas l’avoir assez investie et négligée. Etonnamment, la narratrice n’hésite pas ici à évoquer et reconnaitre ses propres torts : « Go, go, go, go (Get low, get low, get low, get low?)/ Go, go, go, go (Get low, get low, get low, get low?)/ Go, go, go, go (Get low, get low, get low, get low?)/ Go, go, go, go/ Somnini, somnini manda/ Wena ophethe izolo/ Sengi yakho lakue/ Wena ongangibezolo/ Yo, ooh, oh/ Oh, yeah, yeah/ Yeah, yeah, yeah, yo. »

Inutile de quitter le berceau de l’humanité pour entendre et découvrir ensuite I Don’t Care. Ce duo, sur lequel on retrouve la chanteuse Babalwa Mavuso, s’ouvre sur une introduction, chantée par cette dernière, en langue xhosa, une langue bantoue, commune à huit millions de locuteurs dans la nation arc-en-ciel, soit la seconde langue la plus parlée du pays, après le zoulou[236], dont la chanson précédente nous à offert un petit aperçu. Une introduction qui, si cela était nécessaire, nous rappelle définitivement que oui, ceux sont bel est bien l’Afrique du Sud et le continent noir qui constituent le fondement et le cœur battant de ce projet. La chanson s’articule sur toute sa durée sur un motif rapide de percussion et de clavier, dans le même registre et avec même simplicité et efficacité. Le motif de la répétition syllabique dans le phrasé se retrouve aussi particulièrement bien exploité lors de l’exécution du refrain, ce dernier étant l’une des accroches vocaliques et rythmiques des plus réussies. La dernière séquence vocale du titre se voit particulièrement « relevée » par la très belle prestation de Mavuso qui apporte sa caution purement sud-africaine avec justesse. Le résultat est assez plaisant. Un titre s’articulant bien avec le précédent et cohérent avec celui-ci. L’un des titres les plus réussis. Le thème du texte est ici l’exacte inverse du précèdent : La narratrice assume son indifférence totale face aux tentatives inutiles de reconquête par un compagnon d’entant : “Funny you thought I’d still care/ No, I don’t/ You know I/ No, I don’t/ You know I/ No, I don’t/ You thought I’d still care/ No, I don’t/ You know I/ No, I don’t/ You know I/ No, I don’t/ You thought I’d still care/ I don’t care/ You thought I’d still care/ I don’t care.”        

Dans sa version standard, c’est sur la composition du nom de Hot Tubs que ce referme A*Pop. Titre plutôt expérimental, pour du Popiano signé Tyla, il à le mérite de nous plonger dans une atmosphère seyante parfaitement à une fin d’album ou à une écoute nocturne. Sur un rythme lent, reposant majoritairement sur le clavier et la frappe retenue, le chant sensuel, posé et maitrisé fait son retour et, à nouveau se part des atout Pop et R&B d’il y a plus de vingt ans. C’est une nouvelle fois le refrain qui se dégage de l’ensemble et, à force de motifs répétés complète indirectement l’instrumental. Une fin de course intéressante, s’il en est. Les vers nous laissent découvrir une femme assument les erreurs commises par elle dans le passé, mais, ce, sans dramatiser : « All I want is/ Hot tubs/ Drunk love/ Funds/ Huzz/ Ones/ All I want is/ Hot tubs/ Drunk love/ Funds/ Huzz/ Ones/ All I want is hot tubs. »

Le marché asiatique, lui, à, comme souvent, droit à Selfish, chanson commercialisée sur l’édition nippone de cet album et qui se voit agrémentée de la présence du producteur et DJ Hamid Bashir, dit Stryv[237]. Un titre bref et plutôt efficace, qui véritablement semble vouloir s’inscrire dans ce que Tyla nous propose depuis ses débuts. En effet certaines de ses effluves ne sont pas sans agréablement nous évoquer un lointain Getting Late. Nous nous retrouvons avec, dans les oreilles, un titre dans la lignée des autres titres aux influences R&B contenus sur A*Pop. Un tempo relativement modéré, prétexte à l’exécution d’un refrain qui accroche puis finit par emporter l’auditeur, le tout, bien sûr, à grand renfort de motif rythmique chanté répété et d’onomatopée. La recette, ses ingrédients sont connus et son exécution parfaitement maitrisée et exécutée, sans prise de risque aucune. Les paroles de cette chanson décrivent un désir amoureux exclusif, possessif voir maladif : la narratrice veut avoir son homme pour elle seule, sans partage, exprimant ouvertement ce besoin d’amour et de contact. C’est une déclaration d’attachement fusionnel, purement et simplement égoïste, bien sûr, mais assumée comme telle: “I want you to myself/ We don’t need nobody else/ I want you to myself/ We don’t need nobody else.”

Ne nous reste plus ici qu’à évoquer la chanson présente sur l’édition vinyle vendue outre-Atlantique par l’enseigne discount Target : Better Than This. Nous avons droit à une chanson qui en rien ne dépare l’ensemble de l’opus sur lequel il aurait tout à fait pu trouver place, ce sans rougir. Il se voit pourvu d’une sobre pièce instrumentale mid-tempo, là encore, mais à laquelle claviers et Logdrum semblent vouloir apporter ce que nous nous risquerions à qualifier de sonorités faussement Jazz, cette impression valant surtout par l’atmosphère créée et qui découle de l’exécution du morceau, la frappe perçue pouvant donner l’impression d’être exécutée aux ballets, par exemple. Point de cela ici, évidemment, l’environnement instrumental de l’opus se voulant presque exclusivement numérique. Le chant lui se love dans ce registre Pop auquel la voix de Tyla se prête si bien. Sans se forcer ou chercher à en faire trop, sa prestation se veut au moins égale à la majorité de celles gravées sur le disque. Un titre Popiano de facture tout à fait « classique » ou habituel et sans esbrouffe. Ces vers décrivent comme une extase, celui de l’amour grandissant au fil du temps dans une relation amoureuse entamée. Ici toutefois, l’euphorie décrite n’élude pas la question: Ceux qui, à nos yeux, semble parfait, peut-il seulement s’améliorer ? : “Does it get, does it get any better than this? / Does it get, does it get any better than this? / And when I touch the ceiling, you multiply the feeling/ Can it get any better than this? Does it get any better than this?”           

Evoquons également la pochette et la charte graphique donnant son esthétique, son identité visuelle à A*Pop. Celles-ci sont le résultat d’un travail œuvre de John Patrikas, photographe et designer new-yorkais, présenté par certaines sources comme la référence en matière de visuels Pop contemporains et décrits comme inoubliables et qui affiche à son tableau de chasse les noms de plusieurs artistes ayant eu la volonté de présenter des rendus des plus audacieux et marquants. Patrikas à, en plus de Tyla, notamment travaillé avec : Addison Rae, Sabrina Carpenter, Tyla et Steve Lacy[238]. D’après les dires, son approche primitive consiste à mettre en images et en couleur ce que chaque artiste posant devant sans objectif ressent au fond de lui, sans qu’il n’ait pour autant besoin de le formuler pleinement et directement par l’entremise des mots. C’est ainsi la photographie qui se fait révélatrice de l’indicible et de l’intime de l’individu photographié[239].

A l’entame d’un nouveau projet, on prétend que le photographe trouve son inspiration primitive dans son atelier décrépit du quartier de Chinatown. L’anecdote, si elle est vraie (comme semble en attester une photo), est plaisante. Pour A*Pop, l’histoire veut que John Patrikas ait découpé les lettres donnant le titre du disque au cutter dans du cellophane ou une autre matière plastique pour ensuite finir par photographier chaque lettre un grand nombre de fois avec pour but de faire rouler les coins pour que ceux-ci finissent par donner l’impression de se détacher de la page[240].

Ainsi, l’objectif aurait été de donner à la pochette une impression de vie, de profondeur et de nostalgie, cela sans tomber dans une nostalgie purement de façade, dans cette esthétique dénuée de charme réel et, à grand renfort de plan marketing savamment élaboré, présente partout au quotidien aujourd’hui.

Pour A*Pop, le parti pris de John Patrikas fut de reléguer l’image d’une Tyla souvent jugée trop perfectionniste au second plan, pour ne pas dire nous la faire oublier, au moins le temps que nos yeux se pose sur la jaquette et les photos qui embellissent les pages intérieures du livret aux cotés des textes des chansons imprimés dans une police toujours de couleurs vives[241]. La jeune femme nous apparait en noir et blanc, débout, tournée de trois-quarts, bras croisés, visage dissimulé par ses longs cheveux noirs au vent. Selon nous, cet élément est visuellement le plus marquant et évocateur concernant la chanteuse et l’état d’esprit qui semble donc bien avoir été le sien lors de la conception de son second album. Ses cheveux non noués et non très savamment peignés et coiffés traduisant certainement, comme elle le confiait elle-même en promotion, son besoin de lâcher prise. Le titre, lui, s’affiche en lettres capitales de couleur rose fuschia, barrant toute la photo dans sa largeur et en diagonale. On pourrait se risquer à y voir une très discrète et très indirecte référence au Pop Art et à sa figure de proue, ou même au mouvement graffiti (la police choisie pour le titre rappelant de très loin un tag).

Une esthétique se dupliquant aux grés des photos et des pages. Les photos intérieures montrent une Tyla très détendue en apparence, souriante aussi, mais que l’on devine toujours aux combien professionnelle. La dichotomie apparente entre le clair-obscur des photos et les couleurs très vives proposées en police, principalement le rose et le jaune, rempli parfaitement son rôle : les couleurs accrochent l’œil. L’effet produit peut cependant être à double tranchant, en effet, c’est que ces couleurs, qu’on les aime ou non, crées chez l’observateur des émotions et, pareillement, chez l’auditeur, des attentes quant à la proposition musicale qu’elles parent. A*Pop s’affiche en gros caractères éclatants que l’œil ne peut louper, c’est donc que sa musique doit l’être certainement, éclatante, imparable, immédiate et efficace ! Au moment de la découverte de la seule jaquette, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, la question d’emblée se pose. La musique est-elle en adéquation avec l’aspect purement visuel ? Est-elle à la hauteur ? A cette question, seule une écoute personnelle peut véritablement répondre.

« J’apporte la touche « A » à la pop,

Quel que soit le genre de musique que je crée. »

*****

A*Pop se veut donc, comme en attestent directement titre et esthétique, intrinsèquement et frontalement Pop, en respectant les canon modernes, en cochant consciencieusement toutes les cases : chansons brèves, structures internes simples, textes et motifs répétitifs aisément mémorisables pour une oreille occidentale, production sobre et calibrée. Gageons que sur chacun de ces points, A*Pop ne nous dépayse pas, pas du tout même. L’album ayant était finalisé et réalisé dans des studios nord-américains, « usines » dont les produits inondent, pour un temps encore, une large part du marché mondial de l’industrie musicale, il est sur le plan sonore très proche de ce que les producteurs rompus à l’exercice et au genre peuvent nous livrer de meilleur, ce qui, aux vues des moyens mis en œuvre, n’est guère surprenant. A*Pop a pour objectif de séduire un public des plus larges avant toute chose. La qualité du son qu’il propose est donc l’un de ses principaux atouts, ce, au-delà de toute autres considérations, l’intérêt de ce disque résidant, très concrètement ailleurs. Si A*Pop propose une production et un son pouvant être qualifiés de quasiment irréprochables techniquement, il n’est évidemment pas l’album parfait, loin de là. La perfection n’existant pas, l’attendre équivaudrait à un veux pieu. Une première écoute naïve de ce second album permet de mettre en évidence un simple fait : il a tout simplement les défauts de ses qualités et guère plus. Ceux-ci variants souvent considérablement, drastiquement, selon l’auditeur. Comme on dit : « les gouts et les couleurs… »

A*Pop est résolument mainstream, nous est, à nous occidentaux, très facile d’accès, bref et fait le pari constant de l’efficacité, voire même de l’immédiateté. Le résultat, lui, peut toutefois être légitimement nuancé. En effet, si nombre d’auditeurs seront immédiatement conquis à la première écoute, d’autres seront certainement quelque peu décontenancés, voire tout simplement déçus, ne cherchant pas à accorder à ce disque l’obole d’une seconde écoute, ce qui se révèlerait bien dommageable, mais ce qui est, malheureusement, aujourd’hui, monnaie courante.

Si l’album renferme une collection de chansons globalement qualitative et extrêmement efficace à titre individuel, chacune d’elle donne l’impression comme de se parer, plus ou moins, des mêmes bâts, blessant tout au long de l’écoute du disque sur les mêmes points.

Premier d’entre eux : La structure. A*Pop ne se fait point des plus aventureux ou audacieux concernant cet aspect, le même schéma (couplet-refrain-pont) se voyant savamment dupliqué titre par titre et titre après titre. Rien de très étonnant ici pour une œuvre de musique Pop en respectant sagement les codes imposés et une musique directement inspirée de genres relativement variés et obéissant, eux aussi, à une grille normative des plus strictes. Bien que très court dans son ensemble, cet album peut donc légitimement dégager une réelle impression de redondance à la première écoute. Une impression renforcée également par le simple fait que Tyla nous propose ici sa signature sonore et stylistique : celle du Popiano, que l’on sait sous-genre de l’Amapiano sud-africain et qui, de ce dernier, sur le plan strictement instrumental, ne conserve jamais que le fondement, celui de la primauté du rythme : Rythmique simple et répétitive, imprimée par le Logdrum, au service d’un motif mélodique toujours sobre et très accrocheur, que l’on ne retient que plus facilement. La musique Pop proposée ici, bien que s’inscrivant pleinement dans la globalisation de la Pop mainstream, n’est pas exempt de ses influences et identités premières et n’y s’sacrifie pas totalement. Tel semble être le parti pris de cet album. A l’auditeur, après coup, d’en prendre ou non son parti.

La brièveté des titres, si elle résulte bel est bien d’une contrainte stylistique et de genre peut aussi singulièrement être vue comme une véritable faille. Cette impression entre en résonnance directe avec le schéma structurel choisi tout au long du disque. En effet, certaines chansons connaissent un final plus qu’abrupte et c’est précisément cet aspect que renforce et met en exergue ladite brièveté. Une chanson s’arrête d’un coup d’un seul, sans crier gare, immédiatement la rythmique de la chanson suivante s’amorce. A la première écoute, cela peut donner l’impression que, rythme et mélodie mis à part, les compositions semblent comme manquer singulièrement de profondeur, sonnent comme inabouties et surtout comme véritablement inachevées. L’auditeur le plus perplexe aura peut-être cette impression d’écouter une chanson « in progress », presque encore au stade de la démo. Un parti pris certainement, là encore, qui s’inscrit dans la droite ligne des précédentes productions signées par la demoiselle.

Les textes, eux aussi, ceux veulent presque instruments à part entière, tout entiers dédiés qu’ils semblent être à la mélodie et au rythme. Ils les servent, les impriment et y répondent à grand renfort de répétitions de sons, syllabes, phrases et onomatopées. Point de littérarité quelconque ou d’envolée lyrique ici, juste l’essentiel. Un seul et unique thème est abordé au long des seize chansons : Celui de l’amour, évidemment, nous sommes en présence du second album de Tyla, une chanteuse qui semble avoir fait de l’évocation de ce thème l’une des pierres angulaires de sa discographie. Le thème est unique et inchangé, seul varie l’angle sous lequel il est abordé, la focale légèrement se déplace, l’objectif, lui, non. Ainsi, cette exploration constante du thème amoureux uniquement, sur les quelques quarante-quatre minutes que dure l’album, peut, elle aussi, créer une forte impression de redondance, et donc desservir A*Pop à la première écoute.

Ces quelques faiblesses apparentes peuvent, c’est certain, rebuter nombre d’auditeurs à accorder plus d’une écoute à ce disque, mais il nous faut nous rappeler que ces dites faiblesses peuvent aussi être entendues et écoutées comme tant d’élément pouvant sous-tendre et assurer la cohérence interne de tout le projet. Les différents éléments que nous venons d’énumérer répondant à une volonté délibérée et assumée de la part de l’interprète et des producteurs de nous proposer cette musique précisément par l’entremise de ce type de compositions des plus concises et efficaces. En cela, A*Pop s’inscrit dans notre époque, celle où très rares sont les albums à être encore écoutés d’un seul tenant et où règne l’écoute ciblée. Paradoxalement, cette brièveté, ces simplicité structurelle et grande redondance musicale et thématique, finissent, au fil des écoutes, par conférer à cet opus cohérence et homogénéité. Plus le temps passe, plus A*Pop passe vite, se laissant écouter chaque fois davantage. Un gage de réelle qualité intrinsèque malgré tout pour cette œuvre qui mérite de se voir écoutée et surtout réécoutée.

De même, ce disque révèle très progressivement une véritable cohérence quant au choix opéré d’agencement des titres qui le compose. Assez peu flagrant à la première écoute, celui-ci, dans le temps ce fait jour. On découvre, dans un premier temps des titres aux sonorités occidentales (Pop et R&B) pour nous accrocher (nos oreilles surtout), puis viennent ensuite, et à intervalles réguliers, des titres aux couleurs plus expérimentales, enfin, les chansons aux teintes ouvertement « africaines ». Un aspect qui fait de ce disque un projet bien plus riche et varié qu’il n’y parait.

Evoquons plus directement l’Afrique du Sud et l’Afrique. Toutes deux se trouvent bel et bien au cœur de l’album, et en nombre. En effet, comme nous l’avons souligné plus haut, trois des quatre morceaux proposant des featuring, voient participer des interprètes africains, qui pour la plupart donnent à être entendus dans leur langue natale. Que les langues xhosa et zouloue se donnent à entendre par leur musicalité, constitue l’un des aspects les plus agréables de l’album et presque un symbole. On pourrait regretter que la richesse culturelle de l’Afrique du Sud ne transparaisse pas plus ouvertement sur davantage de titres, il est vrai, cela au-delà du Popiano et de l’influence directe de l’Amapiano, qui eux, demeurent bien présents sur chaque composition. Des chansons comme Crazy Of Me et I Don’t Care sont incontestablement parmi les plus abouties et réussies de l’opus, Tyla s’y montrant particulièrement convaincante. Elle ne le semble d’ailleurs jamais autant que lorsque qu’elle affirme toute son africanité et toute son identité, son début de carrière et quelques-uns de ses meilleurs duos nous l’ayant allégrement prouvé. Peut-être aussi aurait-elle du faire un pari supplémentaire : celui de sa langue maternelle. En effet, la jeune femme, si elle chante bien de sa langue, comme l’on montré ses précédentes parutions, ne l’a-t-elle encore jamais fait sur l’intégralité d’un morceau destiné plus spécifiquement au marché occidental. Sur un disque du nom d’A*Pop et se voulant la preuve même que la Pop est africaine et la musique africaine Pop, très certainement le jeu en aurait-il valu la chandelle et de quoi donner encore plus de raisonnante et de valeur au A majuscule de son titre. La musique africaine est, en occident, plus présente que jamais auparavant. Le catalogue musical auquel nous avons aujourd’hui accès est mondialisé grâce aux services web et à la force de frappe de l’industrie musicale américaine (la majeure partie des artiste africains des plus populaires et écoutés au monde actuellement étant signée sur des labels américains ou d’origines américaine. Leur succès ou futur succès dépend donc directement de la tenue de l’industrie du disque occidentale. En cela, Tyla est un parfait exemple.), celui-ci restant encore incroyablement segmenté et presque parfaitement banalisé, un accès n’étant en rien synonyme d’écoute assurée de la part du consommateur, A*Pop a surtout pour objectif de rencontré un succès massif, de plaire aux occidentaux, qui eux doivent impérativement s’y retrouver, tout en faisant le pari de l’affirmation identitaire. Une gageure à première vue. Le double objectif affiché ne semble pas des plus aisé à atteindre et pour cela mieux vaut assurer au maximum, limiter audace et prise de risque et jouer son vatout. C’est ce que fait cet opus et, au final, plutôt bien.

Il est indéniable que ce disque, bien que se voulant intentionnellement facile d’accès, n’est pas, à la première écoute, le plus éclatant et immédiat qui soit et ce, à défaut de ce que les couleurs de sa jaquette veulent bien prétendre. On s’attend à de la lumière, des artifices ou autres, il n’en est rien. En cela A*Pop peut décevoir, certes. Toutefois, c’est au cours du temps et des écoutes que sa finesse, sa profondeur et ses qualités intrinsèques se révèlent à nos oreilles. Aussi est-il résolument sud-africain, son africanité lui conférant, sa beauté et toute son originalité. En regrettera, d’ailleurs que les passages chantés en xhosa et zoulou ne soit point imprimés ou transcrit dans les pages du livret. Cette lecture aurait pu constituer un attrait supplémentaire, idéal pour les plus curieux ou ceux s’intéressant plus spécifiquement à l’étude des langues tonale, par exemple, un menu détail qui aurait mis l’Afrique du Sud et l’Afrique plus en avant encore. Le diable se niche dans les détails dit-on. La déception sur ce point étant, il est vrai, bien moindre.

A*Pop, lors de sa sortie en juillet dernier, semble avoir souffert de deux handicaps majeurs, qui ne semble ne pas dépendre ou découler directement du produit commercialisé. Nous l’avons écrit plus haut, cet album ne dépare en rien ou presque la discographie de Tyla, du moins jusqu’à aujourd’hui. Le (ou les) problème(s) est ailleurs et, selon nous, dans la communication globale l’entourant et sa promotion. Cet album, malheureusement, semble nous avoir été bien mal vendu. Nous utiliserons ici la métaphore et dirons que nous avons ressenti comme un décalage entre le son et l’image… Comme si tous les éléments ne se trouvaient pas tout à fait correctement imbriqués les uns aux autres. A*Pop, album vendu comme un manifeste ou presque, aurait pu être prétexte à un narratif des plus riches, savamment pensé, écrit, délivré pour donner un véritable et, au minimum, quelque peu sincère coup de projecteur sur certains aspects des différences culturelles et sociétales pouvant exister et coexister en Afrique et particulièrement en Afrique du Sud à travers sa richesse et sa pluralité musicale (même si cela signifiait renoncer de fait à l’adhésion d’une partie du public, des auditeurs). Il n’en fut malheureusement rien. Avec plusieurs semaines de recul, peut-être peut-on le regretter. A*Pop n’avait pas à remplir cet objectif.

Admettons-le également, Tyla, qui désormais semble devoir être constamment sujet à polémiques et débats, sans toutefois que cela soit purement volontaire ou directement de son fait, bien sûr, souffre également dans déficit d’image auprès d’un certain public et ne semble, pour habilement rectifier le tir, pas aider au mieux, loin de là, sur ce point.

Une communication et une promotion mal maitrisées ont très certainement conduit à parer le disque et son contenu d’une image faussée de bout en bout ou presque, générant des attentes souvent totalement démesurées de la part du public. A*Pop plaçait d’emblée la barre très haut, trop haut pour certains. A cela s’ajoute une « mise sur orbite » à vitesse grand V, notamment aux Etats-Unis, qui semble loin d’être couronnée de réussite, à en juger par l’animosité que la chanteuse provoque chez certains.

Il faut aussi rappeler que Tyla, à l’image de nombreuses jeunes autres vedettes de sa génération, à rencontrer un important succès entre 2019 et 2021 avec ce qui était officiellement son tout premier et seul titre, sans bagage supplémentaire aucun. Le récit de sa signature chez Epic et la finalisation dans l’urgence de son premier album éponyme, consécutive à l’engouement, à bien des égards démesurés, lui aussi, de son titre Water, tend à le prouver. Ainsi, n’a-t-elle pas eu concrètement le temps de grandir, mûrir et de véritablement s’aguerrir en tant qu’artiste (ce qu’elle-même confie en interview. Gageons aussi que sa première tournée mondiale et en tête d’affiche l’aidera un peu). C’est en tout cas ce que l’on peut lui souhaiter. La demoiselle est jeune, fort belle, chante et bouge très bien et semble avoir les compétences, les qualités et l’once de talent nécessaires pour y parvenir. Il ne lui reste plus qu’à s’entourer intelligemment et prendre la direction et les décisions dont résultera la production d’un album futur lui permettant, cette fois définitivement, de franchir un palier, car si en 2026, l’on peut dire que Tyla Seethal est arrivée sur la scène Pop internationale, il lui faut encore réussir pour de bon à s’y installer. Attendons donc la suite.

Si A*Pop n’est pas l’album que beaucoup espéraient, il n’en possède pas moins de réelles qualités et est, à bien des égards, et pour peu que l’on adhère un minimum à la démarche qu’il sous-tend, un disque réussi, très réussi même, pour ce qu’il est. Tout juste doit-on veiller à garder à l’esprit de ne jamais juger un livre à sa couverture (ou un disque à sa jaquette). En guise de conclusion, nous nous contenterons de rappeler, en paraphrasant la chanteuse elle-même, que celle-ci est novice, ce n’est que son deuxième album !

Liste des titres :

  • Is It Love
  • That Girl
  • Kiss
  • Is It
  • Fairytale (avec liquideep)
  • Double Blind
  • Feel Something
  • Right Now
  • Nonchalant
  • She Did It Again (avec Zara Larsson)
  • Chanel
  • Crazy Of Me (avec MaWhoo)
  • I Don’t Care (avec Babalwa M)
  • Hot Tubs
  • Selfish (avec Stryv, piste bonus pour le japon)
  • Better Than This (Piste bonus edition Target Corp)

 

Tyla, A*Pop, Stax/Epic Records, 2026.

 

Xavier Fluet@GazetteDeParis

 

[1] Emmanuel Tjiya, « Tyla: The girl next door ». The Sowetan, 09/06/2023, (page consultée le 07/08/2026). Lien : https://web-archive-org.translate.goog/web/20240328135442/https://www.sowetanlive.co.za/s-mag/fashion-beauty/2023-06-09-tyla-the-girl-next-door/?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

[2] «Tyla: J’ai toujours voulu être une popstar », 20 Minutes.com. 9 juillet 2026. Page consultée le 07/06/2026. Lien : https://www.20min.ch/fr/story/montreux-jazz-tyla-j-ai-envie-de-rester-en-suisse-103599554 

[3] Chanté Ho Hip, « Why Tyla’s global success means South Africa has to explain being coloured again ». 947.  24 November 2023. Page consultée le 07/08/2026. Lien : https://web-archive-org.translate.goog/web/20231124124508/https://947.co.za/articles/2023/11/21/why-tyla-s-global-success-means-south-africa-has-to-explain-being-coloured-again?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

[4] Violaine Schütz, « Tyla : interview de la chanteuse qui sort l’album A*POP », Numéro, 9 mai 2025 (mis à jour le 21 juillet 2026). Page consultée le 07/08/2026. Lien : https://numero.com/culture/musique/tyla-portrait-interview/

[5]  Mark Savaje « BBC Sound of 2024: South Africa’s Tyla says ‘people are not ready’ for debut album » BBC News, 2 janvier 2024. Page consultée le 07/08/2026. Lien : https://feeds.bbci.co.uk/news/entertainment-arts-67747565

[6] Cf. Note 4

[7] Cf. Note 3.

[8] Ibid.

[9] « Interview with Tyla », The Positive Community, 21 avril 2025. Page consultée le 07/08/2026. Lien : https://thepositivecommunity.com/2025/04/21/interview-with-tyla/

[10] “Tyla: Rising star redefining pop and music”, Thegrio.com, 24 avril 2025, in: Yahoo.com. Page consultée le 07/08/2026. Lien: https://www.yahoo.com/entertainment/articles/tyla-rising-star-redefining-pop-140113543.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly93d3cuZ29vZ2xlLmNvbS8&guce_referrer_sig=AQAAACqx8NmER706cwJUp9gChjY227CuikztEvLgyB9Or93Gm2Y5q3gscchXal7Dm2kB4rSZ3QFAXqPCSn4gpv5F1Cwn7HxaKlEQF2QzqVLp-_FNmwsqcmW1roKGToYpBIPpkcjC6zqANd0uqeEeFqxKwWpNPSO1Ay9uYMcxRYXUD8AD

[11] Cf. Note 5.

[12] Ibid.

[13] Id.

[14]« Tyla : No Gravity » . headlinermagazine.net. Page consultée le 08/08/2026. Lien : https://headlinerhub.com/tyla-no-gravity.html

[15] “New age house music: The rise of amapiano”, Heraldonline, 07/06/2019. Page consultée le 08/08/2026. Lien : https://www.heraldonline.co.zw/new-age-house-music-the-rise-of-amapiano/

[16] Cf. Note 4.

[17] Ibid.

[18] Cf. Note 5

[19] Starr Bowenbank, « Tyla dévoile A*POP : tout sur son nouvel univers musical », Elle (CH), 23 avril 2026. Page consultée le 08/08/2026. Lien : https://elle.ch/154320/culture/tyla-devoile-son-deuxieme-album-apop-tout-ce-quil-faut-savoir-de-son-nouvel-univers

[20]  Cf. Note 5.

[21]   « Tyla Getting Late… The Yano goes mainstream », Drumsradio, 26 mai 2021. Page consultée le 08/08/2026. Lien: https://www-drumsradio-com./tylay-epic/?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

[22] Cf. Note 14.

[23] Ibid.

[24] Id.

[25] Id.

[26] Id.

[27] Charlotte Gunn,”The way of water: Inside the rise of Sony Music’s Grammy-winning new superstar Tyla”, Music Week, 20 Fevrier 2024.. Page consultée le 10/08/2026. Lien: https://www.musicweek.com/interviews/read/the-way-of-water-inside-the-rise-of-sony-music-s-grammy-winning-new-superstar-tyla/089269

[28] Ibid.

[29] Id.

[30] Sylia Rhone était présidente d’Epic Records et fut PDG du label jusqu’en 2025.

[31] Id.

[32] Id.

[33] Cf. Note 5.

[34] Cf. Note 27.

[35] Ibid.

[36] Heran Mamo, « After ‘Water,’ Tyla Reveals Her Global Takeover Strategy: ‘You’re Going to See Me Everywhere’, Billboard.com, 28 mars 2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien: https://www-billboard-com./music/rb-hip-hop/tyla-water-song-hit-global-billboard-cover-1235642263/?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

[37] Amawele – Song by Marioo, TYLA & Ch’cco », Apple Music, 09/12/2022. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://music.apple.com/us/song/amawele/1817925386

[38] « SA songstress TYLA steals the show at Dolce & Gabbana SS23 Fashion Show in Milan », Texx and the City, 02/03/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://texxandthecity.com/2023/03/sa-songstress-tyla-steals-the-show-at-dolce-gabbana-ss23-fashion-show-in-milan/

[39] Cf. Note 27.

[40]Ibid.

[41] Lolly, « Tyla to support Chris Brown on massive UK & Europe tour», Hype, 14/02/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien: https://hypemagazine.co.za/2023/02/14/tyla-to-support-chris-brown-on-massive-uk-europe-tour/

[42] Heran Mamo, “From a ‘Normal Girl in South Africa’ to a Rising ‘Popiano’ Star, Tyla is Making Major Waves with ‘Water’, Billboard, 31/10/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien: https://www.billboard.com/music/music-news/tyla-water-rb-hip-hop-rookie-of-the-month-october-1235449715/

[43] Robert Bruce, Shayna Marie, « Tyla reacts to ‘Water’ going viral, dance challenges & the biggest celebs in her DMs », Capital XTRA (Youtube channel) , 24/12/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien: https://www.youtube.com/watch?v=M1OBPEpnnK0&t=320s (5’20’’).

[44] « Tyla Lands First RIAA Certification With ‘Water’ », RatedRnB, 04/02/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://ratedrnb.com/2024/01/tyla-lands-first-riaa-certification-with-water/

[45] « Tyla goes RIAA platinum with ‘Water’ », The Music Universe, 16/01/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://themusicuniverse.com/tyla-goes-riaa-platinum-with-water/

[46] Kyle Denis, « Tyla Becomes First African Solo Artist to Hit 1 Billion Spotify Streams With ‘Water’ », Billboard, 19/02/2025. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.billboard.com/music/music-news/tyla-first-african-solo-artist-1-billion-spotify-streams-water-1235905466/

[47] Ibid.

[48] « Tyla becomes youngest South African to make Billboard Hot 100, first since 1968 Hugh Masekela hit », News24, 11/10/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.news24.com/life/arts-and-entertainment/music/tyla-becomes-youngest-south-african-to-make-billboard-hot-100-first-since-1968-hugh-masekela-hit-20231011

[49] « Tyla Becomes the Second Female African Artist Ever to Have Two Songs on the Billboard Hot 100 », OkayAfrica, 08/04/2025. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.okayafrica.com/tyla-billboard-hits/

[50] Cf. Note 45.

[51] D’après un récent article en date de juin 2026, Water a d’ores et déjà franchi La barre symbolique du milliard et avoisinait le chiffre de 1,2 milliard d’écoutes sur Spotify en février 2026. On consultera : « Tyla Net Worth 2026 and How She Built It », GreyJournal, 08/06/2026. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://greyjournal.net/play/tyla-net-worth-2026/

[52] Cf. Note 46.

[53] Cf. Not 43.

[54] Sydney Madden, « Tyla is the new face of African pop. She’s aiming to take over the whole world », NPR, 28/03/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.npr.org/2024/03/28/1241343666/tyla-interview-water

[55] Tomás Mier, « Tyla Is Ready to Make Everyone Lose Their Breath on Her First World Tour », Rolling Stone, 05/12/2023. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-announces-2024-world-tour-1234911242/

[56] Leeroy Mukotekwa, « ‘What about your own country’ – Tyla snubs SA announces tour dates for Europe and North America », The South African, 07/12/2023. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.thesouthafrican.com/lifestyle/celeb-news/international-celebs/tyla-snubs-sa-announces-tour-dates-for-europe-and-north-america-breaking-7-december-2023/

[57] Starr Bowenbank, « Summer Walker Enlists Victoria Monet, Tyla & Tink for ‘Girls Need Love (Girls Mix)’ EP », Billboard, 16/10/2023. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://www.billboard.com/music/music-news/summer-walker-girls-need-love-girls-mix-ep-victoria-monet-tyla-tink-1235443645/

[58] « ‘Water’ Singer Tyla’s Ethnicity Divides the Diaspora as Fans Debate the Racial Undertones of Coloured versus Colored », Atlanta Black Star, 20/11/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://atlantablackstar.com/2023/11/20/tyla-fans-racial-undertones-coloured-vs-colored/

[59] « South African and American netizens debate over Tyla’s race », Bona Magazine, 20/11/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.bona.co.za/entertainment/south-african-and-american-netizens-debate-over-tylas-race/

[60] Jahaura Michelle, « Tyla’s Ethnicity Sparks Discourse On Race And Identity In The Diaspora, ‘Coloured’ Versus ‘Colored’ », Blavity, 21/11/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://blavity.com/tyla-ethnicity

[61] Danai Nesta Kupemba, « Tyla’s racial identity: South African singer sparks culture war », BBC News, 08/12/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.bbc.com/news/world-africa-67505674

[62] « Tyla’s identity turns on a U », Mail & Guardian, 16/02/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.pressreader.com/south-africa/mail-guardian/20240216/281981792506875

[63]Vassiliki Kouza, « L’implicite culturel et sa mise en valeur dans l’enseignement du FLE : une étude des représentations des enseignants du FLE de collèges publics en Grèce », thèse de doctorat, Université Lumière Lyon 2 / Université d’Athènes, 2019. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://theses.fr/2019LEMA3011

Edward Sapir, cité par Théodora Nikou, « L’implicite culturel et son utilisation dans un cours à visée interculturelle », thenikou’s blog, 03/03/2018. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://blogs.sch.gr/thenikou/2018/03/03/limplicite-culturel-et-son-utilisation-dans-un-cours-a-visee-interculturelle/

[64] William Graham Sumner, cité dans « Ethnocentrisme », Wikipédia, dernière consultation le 13/08/2026. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnocentrisme

William Graham Sumner, Folkways: A Study of the Sociological Importance of Usages, Manners, Customs, Mores, and Morals, Boston, Ginn and Co., 1906, p. 13.

« Ethnocentrisme », Encyclopédie Universalis. Page consultée le 13/08/2026. Lien: https://www.universalis.fr/encyclopedie/ethnocentrisme/

[65]Ibid.

[66] Cf. Note 55.

[67] « What is Tyla’s ethnicity? Singer releases statement addressing « Colored » Vs. « Black » controversy », Sportskeeda, 14/06/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.sportskeeda.com/us/music/news-what-tyla-s-ethnicity-singer-releases-statement-addressing-colored-vs-black-controversy

[68] « How Tyla’s rise sparked a debate around racial identity », The Hill, 13/12/2023. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://thehill.com/homenews/race-politics/4358721-tyla-racial-identity-black-colored-coloured/

[69] Sarah Setlaelo, « Tyla, Coloureds, Color, and Culture: Part I », Blog of the APA, 12/11/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://blog.apaonline.org/2024/11/12/tyla-coloureds-color-and-culture-part-i/

[70] Sarah Setlaelo, « Tyla, Coloureds, Color, and Culture – Part II », Blog of the APA, 27/12/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://blog.apaonline.org/2024/12/27/tyla-coloureds-color-and-culture-part-ii/

[71] Tshimo Ramela, «Tyla and the politics of ambiguity », Africa Is a Country, 16/12/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://africasacountry.com/2024/12/tyla-and-the-politics-of-ambiguity

[72] Mankaprr Conteh, « Tyla Knows She’s Black, Guys. She Doesn’t Know Why People Say Otherwise », Rolling Stone, 14/06/2024. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-ethnicity-the-breakfast-club-interview-1235039923/

[73] Ibid.

[74] Jessica Bennett, « Tyla Explains ‘Black Vs. Coloured’ After Awkward ‘Breakfast Club’ Q&A », Vibe, 13/06/2024. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.vibe.com/news/entertainment/tyla-black-vs-coloured-awkward-breakfast-club-interview-1234886451/

[75] Ibid.

[76] Jon Powell, « From schoolyard racism to social media backlash: Tyla on being too Black and not Black enough », Revolt, 18/02/2025. Page consultée le 11/08/2026. Lien : https://www.revolt.tv/article/tyla-reveals-that-she-endured-racist-abuse

[77] Brittany Miller, « Tyla finally breaks silence on backlash to identifying as ‘colored’ », AOL (The Independent US), non daté [publié vers le 18/02/2025]. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://www.aol.com/tyla-finally-breaks-silence-backlash-221940136.html

[78] Josh Weiss, « Who Is Tyla? What to Know About the Singer Performing on The Voice Season 24 Finale », NBC, 18/12/2023. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.nbc.com/nbc-insider/the-voice-season-24-finale-tyla-explained

[79] « Grammy Award for Best African Music Performance », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Grammy_Award_for_Best_African_Music_Performance

[80] « Tyla Becomes First Artist to Win New African Music Performance Category », BET, 05/02/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.bet.com/article/ud0aq3/tyla-becomes-first-artist-to-win-new-african-music-performance-category

 

[81] Steven J. Horowitz, « Tyla Cancels North American Tour Due to « Injury That Has Tragically Worsened » », Variety, 07/03/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://variety.com/2024/music/news/tyla-tour-north-america-canceled-1235933669/

Oluthando Keteyi, « Tyla left heartbroken as injury forces her to cancel US tour and Coachella gig », IOL (Independent Online), 09/03/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.iol.co.za/entertainment/music/international/tyla-left-heartbroken-as-injury-forces-her-to-cancel-us-tour-and-coachella-gig-72829270-9da9-4440-9e6d-0304e93feff9

[82] « Tyla (album) », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Tyla_(album)

[83] « Truth or Dare (Tyla song) », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Truth_or_Dare_(Tyla_song)

« Art (song) », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Art_(song)

« Jump (Tyla, Gunna, and Skillibeng song) », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien: https://en.wikipedia.org/wiki/Jump_(Tyla,_Gunna,_and_Skillibeng_song)

[84]  Cf. Note 81.

[85] « Critic Reviews for TYLA », Metacritic. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.metacritic.com/music/tyla/tyla/critic-reviews

[86]Ibid.

[87] « TYLA Details, Tracks, and Credits », Metacritic. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.metacritic.com/music/tyla/tyla/details

[88] « Tyla – TYLA – Reviews », Album of The Year. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.albumoftheyear.org/album/817446-tyla-tyla.php

[89] « Tyla Makes Her U.S. Billboard 200 Chart Debut As « Tyla » Sold 24,000 Units To Land At No. 24 », World Music Views, 02/04/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://worldmusicviews.com/tyla-makes-her-u-s-billboard-200-chart-debut-as-tyla-sold-24000-units-to-land-at-no-24/

[90] Cf. Note 81.

[91] « Tyla’s debut album goes gold in the U.S. », Woman and Home Magazine, 16/10/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.womanandhomemagazine.co.za/entertainment/celebrity/tylas-debut-album-goes-gold-in-the-u-s/

[92] « Tyla – Album Sales, Streaming & Chart Stats », ChartMasters. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://chartmasters.org/artist/tyla/

[93] Rorisang Modiba, « Tyla scores big at Metro FM Awards », Scrolla.Africa, 01/04/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://scrolla.africa/tyla-scores-big-at-metro-fm-awards/

[94] Limpho Nonkonyane, « Tyla wins Global Icon Award at Metro FM awards », Bona Magazine, 29/04/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.bona.co.za/entertainment/tyla-wins-global-icon-award-at-metro-fm-awards/

[95]Shalom Esene « Tyla Stays Winning at 2024 BET Awards », OkayAfrica, 09/07/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.okayafrica.com/tyla-bet-awards-2024/

[96] « One Call – Single by SPINALL, Omah Lay & Tyla », Apple Music, 12/07/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://music.apple.com/us/album/one-call-single/1755455161

[97] Tyrese King, « Spinall, Tyla & Omah Lay Are Only ‘One Call’ On Latest Love Song », New Wave Magazine, 26/07/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.newwavemagazine.com/single-post/spinall-tyler-omah-lay-are-only-one-call-on-latest-love-song

[98]Tyla and Halle Bailey Address AWKWARD Onstage Moment | 2024 VMAS | E! News, Youtube Video , 12/09/2024. Lien: https://www.youtube.com/watch?v=EfFis3yHJzM

[99] Tyla accepts the VMA for Best Afrobeats , Youtube Video lien: https://www.youtube.com/shorts/IUkjUrBnScI

[100] Yenande Fasan, « Do2dtun slams Tyla’s VMA acceptance speech », The Nation, 12/09/2024. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://thenationonlineng.net/do2dtun-slams-tylas-vma-acceptance-speech/

[101] Kate Nelson, « No, Tyla Was Not Asking Halle Bailey to Hold Her VMA: ‘Y’all Make Everything Weird’ », Rolling Stone, 12/09/2024. Page consultée le 13/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-halle-bailey-vmas-weird-moment-1235100814/

[102] « Push 2 Start », Wikipédia. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Push_2_Start

[103] Chelsey Sanchez, « Cher, Lisa, and Tyla Dominated the Victoria’s Secret Fashion Show Runway With Knockout Performances », Harper’s Bazaar, 15/10/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.harpersbazaar.com/culture/art-books-music/a62611991/victorias-secret-fashion-show-lisa-cher-tyla-performance-video-2024/

[104] Kristine Anonuevo, « Award-Winning Global Superstar, Tyla Stuns With Her Debut MTV EMA’s Performance! », Verge Magazine, 12/11/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://vergemagazine.co.uk/award-winning-global-superstar-tyla-stuns-with-her-debut-mtv-emas-performance/

[105] Jon Pareles, « Jack Harlow Expands His Romantic Options, and 7 More New Songs », The New York Times, 22/11/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.nytimes.com/2024/11/22/arts/music/playlist-jack-harlow-tyla-omar-apollo.html

Heran Mamo, « Tyla Drops Acoustic-Guitar Driven Ballad ‘Tears’: Listen to the New Single », Billboard, 20/11/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.billboard.com/music/music-news/tyla-new-single-tears-1235834285/

[106]« Tyla’s Showmax concert to reach millions more on DStv », Showmax, 21/01/2025. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://stories.showmax.com/za/tylas-showmax-concert-to-reach-millions-more-on-dstv

[107] Tomás Mier, « Tyla Is Ready to Make Everyone Lose Their Breath on Her First World Tour », Rolling Stone, 05/12/2023. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-announces-2024-world-tour-1234911242

[108] « Tyla Returns To Pretoria For Another Show In January 2025 », Slikouronlife.co.za. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://slikouronlife.co.za/blog/27649/tyla-returns-to-pretoria-for-another-show-in-january-2025

[109] Heran Mamo, « Tyla Tears the Club Up with ‘Push 2 Start’ & ‘Shake Ah’ at the 2024 Billboard Music Awards », Billboard, 13/12/2024. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://www.billboard.com/music/awards/tyla-push-2-start-shake-ah-2024-billboard-music-awards-1235853355/

[110] Megan Graye Swann, « Open’er Festival adds more new names to the bill, including Antony Szmierek and Gigi Perez », DIY, 20/05/2025. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://diymag.com/news/opener-festival-adds-more-new-acts

[111] Nomathamsanqa Sithathu, « ‘Too Many People Lying on My Name’: Tyla Claps Back at Haters During Her São Paulo Performance », Independent Online (IOL), 21/08/2025. Page consultée le 23/08/2025. Lien : https://iol.co.za/entertainment/celebrity-news/2025-08-21-too-many-people-lying-on-my-name-tyla-claps-back-at-haters-during-her-so-paulo-performance/

[112] « Charli XCX, Tyla and Africa Express join Roskilde Festival 2025 line-up », whynow, 01/04/2025. Page consultée le 16/08/2026. Lien : https://whynow.co.uk/read/charli-xcx-tyla-and-africa-express-join-roskilde-festival-2025-line-up

« RAYE to headline All Points East 2025, joined by Tyla, Doechii, and Jade in Summer’s biggest female-led bill », Music-News.com. Page consultée le 16/08/2026. Lien : http://www.music-news.com/news/UK/182383/RAYE-to-headline-All-Points-East-2025-joined-by-Tyla-Doechii-and-Jade-in-Summer-s-biggest-female-led-bill

[113] Jon Blistein, « Lisa and Tyla Beat the Heat in New ‘When I’m With You’ Video », Rolling Stone, 16/05/2025. Page consultée le 16/05/2025. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/lisa-tyla-when-im-with-you-music-video-1235341059/

[114] Althea Legaspi, « Tyla brings the « Bliss » with a new song tease at Coachella », Rolling Stone, 19/04/2025. Page consultée le 22/07/2025. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-new-song-coachella-2025-1235321440/

[115] Tom Breihan, « Tyla – « Bliss » », Stereogum, 09/05/2025. Page consultée le 12/05/2025. Lien : https://www.stereogum.com/2307372/tyla-bliss/music/

[116] Chris Malone Méndez, « Tyla Releases New Single ‘Is It’ », Forbes, 11/07/2025. Page consultée le 22/07/2025. Lien : https://www.forbes.com/sites/cmalone/2025/07/11/tyla-releases-new-single-is-it/

[117] Aaron Williams, « Tyla Shares ‘Everything Goes with Blue’ for the ‘Smurfs’ Soundtrack », uproxx, 13/06/2025. Page consultée le 11/07/2025. Lien : https://uproxx.com/music/tyla-everything-goes-with-blue-smurfs

[118] Kimberly Nordyke, « First Look at the Kids Choice Awards 2025 Set Design: « We’re Throwing the Biggest Party in a Slime Warehouse » », The Hollywood Reporter, 18/06/2025. Page consultée le 22/07/2025. Lien : https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-news/kids-choice-awards-2025-set-stage-slime-host-tyla-1236293849/

[119] Nomathamsanqa Sithathu, « Tyla Makes Waves in Berlin: Unveils Two New Tracks From We Wanna Party Mixtape », Independent Online (IOL), 15/07/2025. Page consultée le 19/07/2025. Lien : https://iol.co.za/entertainment/celebrity-news/2025-07-15-tyla-makes-waves-in-berlin-unveils-two-new-tracks-from-we-wanna-party-mixtape/

[120] « WWP (EP) », Tidal — crédits, 25/07/2025. Page consultée le 25/07/2025. Lien : https://tidal.com/album/449867049/credits

[121] Ibid.

[122]  Shazaib Husaib, « Tyla Unveils WWP EP », Clash, 28/07/2025. Page consultée le 16/08/2025. Lien : https://www.clashmusic.com/news/tyla-unveils-wwp-ep/

[123]  Thania Garcia, « Tyla Takes Charge: Music’s Global Star on Rejecting the Pop Machine and Why Her Second Album is a ‘Totally Different Vibe’ », Variety, 06/08/2025. Page consultée le 06/08/2025. Lien : https://variety.com/2025/music/features/tyla-new-album-rejecting-pop-music-1236478590/

[124] Yinoluwa Olowofoyeku, « WWP Review: Tyla Returns to Form on New EP », Afrocritik, 31/07/2025. Page consultée le 09/08/2025. Lien : https://afrocritik.com/tyla-wwp-review/

[125] Tami Makinde, « Tyla – WWP Review: The Amapiano Star Flips Fame and Fortune Into a Danceable Project », NME, 25/07/2025. Page consultée le 28/10/2025. Lien : https://www.nme.com/reviews/album/tyla-wwp-review-3880745

[126]Bryson « Boom » Paul, « Tyla Turns The Heat Up with Dance-Driven EP, We Wanna Party », HotNewHipHop, 26/07/2025. Page consultée le 02/08/2025. Lien : https://www.hotnewhiphop.com/932715-tyla-turns-heat-dance-driven-wanna-party-rnb-news

[127] Cf. Note 119.

[128] Mbeli Mbatha, « Tyla’s Numbers Game: Why Streams Matter More Than EP Sales », News24 / City Press, 12/08/2025. Page consultée le 16/08/2025. Lien : https://www.news24.com/citypress/trending/tylas-numbers-game-why-streams-matter-more-than-ep-sales-20250812-0968

[129] « Tyla Chart History (World Albums) », Billboard. Page consultée le 05/08/2025. Lien : https://www.billboard.com/artist/Tyla/chart-history/WLP

[130] Cf. Note 125.

[131] Tšeliso Monaheng, « Did Tyla Flop? The Misunderstanding Behind WWP Streaming Numbers », OkayAfrica, 14/08/2025. Page consultée le 15/08/2025. Lien : https://www.okayafrica.com/did-tyla-flop-the-misunderstanding-behind-wwp-streaming-numbers/799773

[132] « Tyla Wins Best Afrobeats for Push 2 Start at the MTV VMAs | See Full Winners List », BellaNaija, 08/09/2025. Page consultée le 18/08/2026. Lien : https://www.bellanaija.com/2025/09/tyla-best-afrobeats-2025-vmas/

[133] « MTV Video Music Award for Best Afrobeats Video », Wikipédia. Page consultée le 18/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/MTV_Video_Music_Award_for_Best_Afrobeats_Video

[134] Cf. Note 131.

[135] José Criales-Unzueta, « Put Her in Chanel! How Tyla’s Stylist Found the Iconic Archival Chanel Pieces in Her New Music Video », Vogue, 24/10/2025. Page consultée le 24/10/2025. Lien : https://www.vogue.com/article/put-her-in-chanel-how-tylas-stylist-found-the-iconic-archival-chanel-pieces-in-her-new-music-video

[136] Leandra Engelbrecht, « ‘It’s a blessing’: Tyla wins second MTV VMA award », News24, 08/09/2025. Page consultée le 18/08/2026. Lien : https://www.news24.com/life/arts-and-entertainment/music/its-a-blessing-tyla-wins-second-mtv-vma-award-20250908-0563

[137] Precious Simpasa, « Tyla joins Damiano David for international release ‘Talk to Me’ », The South African, 14/09/2025. Page consultée le 11/12/2025. Lien : https://www.thesouthafrican.com/lifestyle/celeb-news/international-celebs/tyla-joins-damiano-david-for-international-release-talk-to-me/

[138] « Cardi B Thanks Kehlani and Tyla For Surprise ‘Little Miss Drama’ Appearances », Geo News, 18/02/2026. Page consultée le 04/05/2026. Lien : https://www.geo.tv/latest/651607-cardi-b-thanks-kehlani-and-tyla-for-surprise-little-miss-drama-appearances

[139]   Modiegi Mashamaite, « Tyla Sendoff a Sassy But Savage ‘Sorry, Not Sorry’ Snub at Tiwa? », TimesLIVE, 30/09/2025. Page consultée le 08/10/2025. Lien : https://www.timeslive.co.za/lifestyle/2025-09-30-tyla-sendoff-a-sassy-but-savage-sorry-not-sorry-snub-at-tiwa/

[140] Alyssia Birjalal, « Tyla reveals release date for ‘Chanel’ and ‘Body Go’ collaboration with Moliy », IOL, 16/10/2025. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://iol.co.za/entertainment/music/2025-10-16-tyla-reveals-release-date-for-chanel-and-body-go-collaboration-with-moliy/

[141] Heran Mamo, « Tyla Says She’s ‘Here to Spoil the Girls’ During L.A. Brunch Celebrating ‘Chanel’ Single: Stream It Now », Billboard, 24/10/2025. Page consultée le 24/10/2025. Lien : https://www.billboard.com/music/music-news/tyla-chanel-single-brunch-recap-1236096191/

[142]  Tyla [@Tyllaaaaaaa], « Party w me in ASIAAA!!! », X (Twitter), 04/08/2025. Page consultée le 04/08/2025. Lien : https://x.com/Tyllaaaaaaa/status/1952159841721422082

[143] Kyle Denis, « Tyla Kicks Off ‘We Wanna Party’ Tour in Tokyo With Sexy Beyoncé & Rihanna Remixes: Watch », Billboard, 12/11/2025. Page consultée le 27/11/2025. Lien : https://www.billboard.com/music/pop/tyla-remix-beyonce-rihanna-we-wanna-party-tour-1236111480/

[144] Katleho Mositoane, « Tyla’s Tokyo Triumph: Sold-out Show Sparks SA Pride and Social Media Frenzy », Briefly.co.za, 12/11/2025. Page consultée le 27/11/2025. Lien : https://briefly.co.za/entertainment/music/228633-tylas-tokyo-triumph-sold-show-sparks-sa-pride-social-media-frenzy/

[145]« Tyla’s We Wanna Party Tour Set List », Apple Music. Page consultée le 22/11/2025. Lien : https://music.apple.com/za/playlist/tylas-we-wanna-party-tour-set-list/pl.5405a1d6391a442bb15f087199315d04

[146] « HYBE recrute Tyla ! », K-GEN, 17/12/2025. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://k-gen.fr/hybe-recrute-tyla/

[147] « Hybe partners with Grammy-winning pop star Tyla in global management push », The Korea Herald, 16/12/2025. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.koreaherald.com/article/10637605

[148] « Schauwn, HYBE : La société lance une nouvelle collaboration de management », KSTATION TV, 16/12/2025. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://kstationtv.com/2025/12/16/hybe-la-societe-lance-une-nouvelle-collaboration-de-management/

[149] Jeff Benjamin, « K-Pop Giant HYBE Announces Tyla Management Partnership, Platform For African Music », Forbes, 15/12/2025. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.forbes.com/sites/jeffbenjamin/2025/12/15/k-pop-giant-hybe-announces-tyla-management-partnership-platform-for-african-music/

[150] Diya Mukherjee, « African Music Gains Global Stage as HYBE and Tyla Collaborate », Outlook Respawn, 18/12/2025. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://respawn.outlookindia.com/pop-culture/pop-culture-news/hybe-partners-with-tyla-to-expand-into-african-music

[151]  Cf. Note 145.

[152] Ibid.

[153] Id.

[154] Joel Otong, « Tyla’s Push 2 Start wins Grammy for Best African Music Performance », News24, 02/02/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.news24.com/life/arts-and-entertainment/music/tylas-push-2-start-wins-grammy-for-best-african-music-performance-20260202-0274

[155]Erizia Rubyjeana, « Tyla Claims Second Grammy As Push 2 Start Wins Best African Music Performance », Arise News, 02/02/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.arise.tv/tyla-claims-second-grammy-as-push-2-start-wins-best-african-music-performance/

[156] Ano Shumba, « Grammys 2026: Tyla wins Best African Music Performance », Music In Africa, 02/02/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://musicinafrica.net/magazine/grammys-2026-tyla-wins-best-african-music-performance/

[157] Cf. Note 133.

[158]Ime Ekpo, « Is Tyla Afrobeats? Grammy Win Sparks Debate », Forbes, 03/02/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.forbes.com/sites/imeekpo/2026/02/02/is-tyla-afrobeats-grammy-win-sparks-debate/

[159]Charisma Madarang, « Tyla and Zara Larsson Channel Britney Spears in New Song ‘She Did It Again’ », Rolling Stone, 17/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-zara-larsson-britney-she-did-it-again-song-video-1235548735/

[160] « Tyla – A*POP (Album Trailer) », YouTube, 22/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=IhEsCiCs7io

[161] Charisma Madarang, « Tyla Reveals Sophomore Album ‘A*POP’ », Rolling Stone Australia, 23/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://au.rollingstone.com/music/music-news/tyla-announces-new-album-apop-94030/

[162]   Rachael Griffiths, « i-D Launches Dedicated Beauty Vertical and Zine », The Business of Fashion, 21/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.businessoffashion.com/news/beauty/i-d-magazine-beauty-vertical-zine-tyla/

[163] Eden Stuart, « Tyla’s Colorful Eyelashes Are Such A Spring Beauty Vibe », The Zoe Report, 22/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.thezoereport.com/culture/tyla-i-d-magazine-beauty-zine

[164] Ibid.

[165] Lethabo Keakestwe, « Tyla Shines on i-D Beauty Zine Cover », The Yanos Magazine, 21/04/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://theyanos.co.za/2026/04/tyla-shines-on-i-d-beauty-zine-cover-marking-global-fashion-milestone/

[166]Nadine Yousif, Sareen Habeshian et Nardine Saad, « World Cup kicks off in the US with performances from Katy Perry, Future and Tyla », BBC News, 13/06/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.bbc.com/news/articles/c4g9g9xy9y7o

[167] Phumi Ramalepe, « ‘So blessed’: Tyla lights up FIFA World Cup with anthem and vuvuzela-inspired SA flag dress », News24, 12/06/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.news24.com/life/lifestyle-trends/beauty-and-fashion/so-blessed-tyla-lights-up-fifa-world-cup-with-anthem-and-vuvuzela-inspired-sa-flag-dress-20260612-0647

[168] Oluthando Keteyi, « Tyla stuns at Afro Nation Portugal with electrifying A*Pop inspired performance », The Mercury, 05/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://themercury.co.za/entertainment/2026-07-05-tyla-stuns-at-afro-nation-portugal-with-electrifying-apop-inspired-performance/

[169]Marija Kostić, « Tyla Drops ‘A*POP’: Pop Meets Amapiano on 14 Tracks », Srpske Novine, 24/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://srpske.rs/en/news/estrada/2026/07/24/tyla-releases-a-pop-album-pop-meets-amapiano

[170] Michael Saponara, « Watch Tyla Reveal Her A*Pop Tracklist Using Fluorescent Spray Paint », Billboard, 15/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.billboard.com/music/rb-hip-hop/tyla-a-pop-album-tracklist-video-1236294643/

[171] « Tyla Debuts First Vevo Official Live Performance Of ‘IS IT LOVE’ », antiMusic.com, 23/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien: https://www.antimusic.com/p/26/p0723tyla_debuts_first_vevo_official_live_performance_of_is_it_love.shtml n

[172] Zangba Thomson, « Tyla Is It Love Vevo Live Performance Review », Bong Mines Entertainment. Page consultée le 19/08/2026. Lien: https://bongminesentertainment.com/tyla-is-it-love-vevo-official-live-performance/

[173]Cf. Note 168.

[174] Joshua Wright, « Multi-platinum 2x Grammy-winning Global Superstar Tyla Makes Her Grand Return Sophomore Studio Album ‘A*pop’ », Broadway World, 24/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.broadwayworld.com/bwwmusic/article/Multi-platinum-2x-Grammy-winning-Global-Superstar-Tyla-Makes-Her-Grand-Return-Sophomore-Studio-Album-Apop-20260724

[175] Ibid.

[176] « Tyla Officially Announces A*POP World Tour: Full Dates, Presale & Ticket Details », In Music Blog, 27/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://inmusicblog.com/tours/tyla-apop-world-tour-2026-dates-tickets/

[177]Tobias Hess, « Tyla’s THE A*POP WORLD TOUR: Dates, venues, and how to buy tickets », The FADER, 27/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.thefader.com/2026/07/27/tyla-the-apop-world-tour-dates-venues-how-to-buy-tickets

[178] Cf. note 174.

[179]« Tyla drops Lagos stop from A*POP World Tour over xenophobia », The Lagos Review, 01/08/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien: https://thelagosreview.ng/tyla-drops-lagos-stop-from-apop-world-tour-over-xenophobia

[180] « Detty December » est une expression désignant la période festive de fin d’année au Nigeria (et plus largement en Afrique de l’Ouest), s’étalant approximativement de la mi-décembre au début janvier [1]. Le terme « Detty », issu du pidgin nigérian, est une déformation ludique du mot anglais « dirty » (« sale ») et évoque l’idée de festivités et de célébrations sans retenue. On consultera sur ce sujet : « Detty December (Nigeria) », Wikipédia. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Detty_December_(Nigeria)

[181] Anthony Udugba, « Tyla cancels Lagos concert amid boycott campaign, leaves questions over Nigeria return », Businessday NG, 01/08/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://businessday.ng/life-arts/article/tyla-cancels-lagos-concert-amid-boycott-campaign-leaves-questions-over-nigeria-return/

[182] Bernelee Vollmer, « Tyla cancels Lagos concert amid South Africa-Nigeria tensions over immigration », IOL/Cape Argus, 02/08/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://iol.co.za/capeargus/entertainment/2026-08-02-tyla-cancels-lagos-concert-amid-south-africa-nigeria-tensions-over-immigration/

[183] Ibid.

[184] Josephine Amuzu, « Tyla drops Lagos concert from 2026 world tour after xenophobia backlash », Pulse Ghana, 31/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien: https://www.pulse.com.gh/story/tyla-drops-lagos-concert-from-2026-world-tour-after-xenophobia-backlash-2026073114520603423

[185] Cf. Note 178.

Jean-Baptiste Bancaud, « Tyla annule son concert à Lagos sur fond de tensions entre le Nigeria et l’Afrique du Sud », Africa Radio (AFP), 31/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.africaradio.com/actualite-115712-tyla-annule-son-concert-a-lagos-sur-fond-de-tensions-entre-le-nigeria-et-l-afrique-du-sud

[186] Cf. Note 177.

[187] Ibid.

[188] « Nigeria : le concert de Tyla annulé à Lagos sur fond de tensions liées aux violences xénophobes en Afrique du Sud », RFI, 31/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://fr.news.yahoo.com/nigeria-concert-tyla-annul%C3%A9-%C3%A0-030355412.html

[189] « Le show de l’artiste Tyla à Lagos rattrapé par la récente xénophobie anti-Noirs en Afrique du Sud », Afriquinfos, 31/07/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://afriquinfos.com/le-show-de-lartiste-tyla-a-lagos-rattrape-par-les-recentes-violences-xenophobes-anti-noirs-en-afrique-du-sud/

[190] Cf. Note 178.

[191] « »I Pray to See a Unified Africa »: Tyla Says as She Wins SAMA32 International Achievement Award », BellaNaija, 17/08/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.bellanaija.com/2026/08/tyla-sama32-international-achievement-award-african-unity/

[192] Ibid.

[193] Id.

[194] Angelica Rhoda, « Watch: Tyla celebrates African artists in heartfelt SAMA32 moment », Cape Town Etc, 17/08/2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.capetownetc.com/entertainment/tyla-celebrates-artists-heartfelt-sama32-moment/

[195] Rutendo Masasi, « Tyla invites fellow South African artists on stage after SAMA win in video », Briefly.co.za. Page consultée le 19/08/2026. Lien: https://briefly.co.za/people/250121-tyla-invites-african-artists-stage-sama-win-emotional-moment/

[196]Ibid.

[197] « Tyla’s SAMA32 Acceptance Speech », YouTube, 2026. Page consultée le 19/08/2026. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=qQ3gHN4bfZg

 

[198]Jon Blistein, « Tyla Reflects on First Grammy Win, Details New Album ‘A-Pop’ Ahead of Music’s Biggest Night », Rolling Stone, 02/02/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-2026-grammys-new-album-a-pop-interview-1235509957/

[199] Ibid., cité in : Starr Bowenbank, « Tyla dévoile A*POP : tout sur son nouvel univers musical », Elle (CH), 22/04/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://elle.ch/154320/culture/tyla-devoile-son-deuxieme-album-apop-tout-ce-quil-faut-savoir-de-son-nouvel-univers

[200]  Nicolas-Tyrell Jones, « Tyla is a new-age African popstar: « We are all limitless » » (série « In Conversation »), NME, 08/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://www.nme.com/features/music-interviews/tyla-interview-a-pop-zara-larsson-3959166

[201] . Thania Garcia, « Tyla Takes Charge: Music’s Global Star on Rejecting the Pop Machine and Why Her Second Album is a ‘Totally Different Vibe’ », Variety, 06/08/2025. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://variety.com/2025/music/features/tyla-new-album-rejecting-pop-music-1236478590/

[202] Mark Lim, « Tyla’s Next Chapter: Inside A*POP, the Album Set to Cement Her Global Reign », Beat (Vocal Media), 05/05/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://vocal.media/beat/tyla-s-next-chapter-inside-a-pop-the-album-set-to-cement-her-global-reign

[203] Tshedza Magugumela, « Inside Tyla’s ‘A*POP’ Era: How an Intimate Afternoon in Portugal Revealed an African Pop Star Defining Her Own Rules », Billboard Africa, 07/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://africa.billboard.com/features/tyla-apop-afronation/

[204] « Tyla impose son style avec son second album « A*POP » », NRJ.fr, 07/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://www.nrj.fr/artistes/tyla/actus/tyla-impose-son-style-avec-son-second-album-a-pop-71366874

[205] Cf. Note 198.

[206] Cf. Note 201.

[207]Innocentia Nkadimeng, « ‘I bring the A in pop’: Tyla drops new album », TimesLIVE, 24/07/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://www.timeslive.co.za/lifestyle/2026-07-24-i-bring-the-a-in-pop-tyla-drops-new-album/

[208] Marie Chaney, « Album Review: Tyla – A*Pop », Beats Per Minute, 07/2026. Page consultée le 22/08/2026. Lien : https://beatsperminute.com/album-review-tyla-apop/

[209] Cf Note 205.

[210]  Site Web du Sing Mastering Studio. On consultera avec intérêt la page web suivante : https://www.singmastering.com/about/

[211]« Ari PenSmith », Wikipédia. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Ari_PenSmith

[212]« Believve | Composer », IMDb. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://www.imdb.com/name/nm15179646/

[213] « Mocha Bands | Composer », IMDb. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://www.imdb.com/name/nm15190597/

 

[214]« WWP (EP) », Wikipedia, consulté le 15 août 2026. https://en.wikipedia.org/wiki/WWP_(EP)

[215]« P2J », Wikipédia. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/P2J

[216]  « Ian Kirkpatrick (music producer) », Wikipédia. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/Ian_Kirkpatrick_(music_producer)

[217]  « A Conversation With Ian Kirkpatrick », BMI.com, 18/11/2015. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://www.bmi.com/news/entry/a_conversation_with_ian_kirkpatrick

[218] Moraba Moroeng, « Tyla links up with legendary American producers ahead of new album ‘A-POP’ », Briefly News, 06/03/2026. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://briefly.co.za/entertainment/celebrities/236984-tyla-links-legendary-american-producers-album-a-pop/

[219]  « Tyla links up with legendary American producers ahead of new album ‘A-POP’ », Briefly News, 06/03/2026. Page consultée le 25/08/2026. Lien : https://briefly.co.za/entertainment/celebrities/236984-tyla-links-legendary-american-producers-album-a-pop/

[220] Cf Note 198.

 

[221] « Tyla Releases « Is It Love » », Sony Music Canada, 18/06/2026. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://www.sonymusic.ca/press_release/tyla-releases-is-it-love

[222]Joshua Wright, « TYLA Releases Official Music Video for « THAT GIRL » from A*POP », BroadwayWorld, 29/07/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.broadwayworld.com/bwwmusic/article/TYLA-Releases-Official-Music-Video-for-THAT-GIRL-from-APOP-20260729

[223] Natalie Fear, « Why Tyla’s That Girl music video is being accused of AI slop »,Creative Bloq / Future, 30/07/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.yahoo.com/entertainment/music/articles/why-tyla-girl-music-video-150000050.html

[224]Natalie Fear, « Tyla hit with heated AI allegations over new animated music video », Creative Bloq, 30/07/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.creativebloq.com/ai/tyla-hit-with-heated-ai-allegations-over-new-animated-music-video

[225] « Tyla Defends AI Music Video Against Criticism », YouTube, 30/07/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.youtube.com/shorts/cqFqZVtZvYI

[226] La danse Bacardi est un style de danse urbaine originaire des townships d’Afrique du Sud, étroitement lié au genre musical du même nom (proche de la  House et de l’Amapiano) et popularisé mondialement sur les réseaux sociaux. Elle se Caractérisé par un jeu de jambes rapide, des genoux souples et des rebonds rythmés. L’accent est mis sur le bas du dos et le bassin avec un mouvement de rebond et de descente coordonné. On consultera : « Amapiano », Wikipedia.org, Page consultée le 31/08/2026. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Amapiano

[227]Maya Georgi, « Tyla Unveils Steamy Video, New Song ‘Is It’ : Watch », Rolling Stone, 11/07/2025. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://www.rollingstone.com/music/music-news/tyla-new-single-is-it-video-1235383018/

[228] José Criales-Unzueta, « Tyla and Zara Larsson on Making « Herstory » with « She Did It Again » », Vanity Fair, 17/04/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.vanityfair.com/style/story/tyla-zara-larsson-she-did-it-again

[229]« She Did It Again », Wikipédia. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://en.wikipedia.org/wiki/She_Did_It_Again

[230] « Chanel by Tyla », Songfacts. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://www.songfacts.com/facts/tyla/chanel

[231] « Yung Miami Accuses Tyla of Stealing Song After Playing It for Her », TMZ, 16/10/2025. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://www.tmz.com/2025/10/16/yung-miami-accuse-tyla-steal-song/

[232]David Kesiena, « Tyla dances in new Chanel video amid controversy », Rolling Out, 24/10/2025. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://rollingout.com/2025/10/24/tyla-chanel-music-video-yung-miami/

[233] Amina Ali, « Yung Miami Keeps The Pressure On Tyla After « Chanel » Video Drops », Hot 97, 25/10/2025. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://www.hot97.com/news/yung-miami-keeps-the-pressure-on-tyla-after-chanel-video-drops/

[234] Arirela Anis, « Tyla Sets Record Straight On Claims She Stole Yung Miami’s Song ‘Take Me To Chanel,’ Recalls Caresha Playing Her Version And Months Later A Writer Sent Tyla ‘Chanel’ », Hollywood Unlocked, 2026. Page consultée le 27/08/2026. Lien : https://hollywoodunlocked.com/tyla-sets-record-straight-on-claims-she-stole-yung-miamis-song-take-me-to-chanel-recalls-caresha-playing-her-version-and-months-later-a-writer-sent-tyla-chanel/

[235] « Langues d’Afrique du Sud », Wikipédia.org. Page consultée le 30/08/2026. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_en_Afrique_du_Sud 

[236] Id.

[237] « Stryv », Deezer.com. Page consultée le 30/08/2026. Lien : https://www.deezer.com/fr/artist/12620657

[238] India Roby, « The designer behind the album covers for Steve Lacy, Tyla, and Addison Rae », The FADER, 23/07/2026. Page consultée le 02/09/2026. Lien : https://www.thefader.com/2026/07/23/addison-rae-steve-lacy-tyla-album-cover-john-patrikas

[239] Ibid.

[240] Id.

[241] Id.

Articles en lien